Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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mardi 25 mai 2010

Bilan de 92 jours au Moyen-Orient.

Yazd, Iran, mai 2010.

Bilan par pays ici.

92 jours dans sept pays qui ont chacun leurs caractéristiques. Des grandeurs de Dubaï en passant par les merveilles de l’Égypte, Pétra en Jordanie, la chaleur humaine de la Syrie et de l’Iran et l’ambiance européenne d’Istanbul.

L’Iran et la Syrie sont deux pays à ne pas manquer.

Itinéraire final.

L’itinéraire fut influencé par un seul facteur : l’Iran (et indirectement, le Pakistan). Pour se rendre de l’Inde à l’Iran (si le Pakistan est « dangereux » à ce moment et que votre copine ne veut pas y aller!), vous pouvez voler avec Air Arabia (lowcost) jusqu’à Shiraz (sud de l’Iran) via Sharjah aux Emirats Arabes Unis, ce qui vous évite d’atterrir à Tehran si cette ville ne vous intéresse pas.

Dans notre cas, au moment où nous étions prêts à aller en Iran, le pays était aux prises avec de grandes manifestations. Nous avons donc bifurqué vers l’Égypte. Le plan initial, que je conseille davantage, est de voler de l’Inde à Shiraz, puis par la route atteindre Istanbul, longer la côte sud de la Turquie jusqu’en Syrie, puis Liban, Syrie, Jordanie, Égypte et, du Caire, il est facile et pas très cher de voler un peu partout en Europe et dans le monde. Par contre, vous terminerez avec le pire. Ou encore, de l’Égypte, si vous n’êtes pas fatigués du sable, traversez la Libye (vérifiez pour le visa, peut être compliqué) jusqu’en Tunisie et prendre un ferry pour l’Italie.

Voici notre itinéraire final. Notez que le vol Shiraz – Istanbul est selon moi, de trop.


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Un facteur très important dans cette région du monde est l’obtention des visas et les coûts qui y sont reliés. Dans notre cas (les Canadiens payent souvent plus cher), la somme reliée au visa est de 359 CAD par personne.

Dépense quotidienne incluant tout:


Budget vie quotidienne :



Et voici le tableau des « grandes » dépenses :

jeudi 13 mai 2010

Une nuit à Istanbul

Nous passerons certainement plus qu'une nuit à Istanbul. Imaginez une ville vibrante entre deux continents, climatisée par un canal entre deux mers, agréable entre deux verres. Istanbul est non seulement un point de rencontre géographique et culturel, mais également une plaque tournante de voyageurs provenant de l'Europe, de l'Asie et du Moyen-Orient.

Voici dix photo prises du côté européen de la ville.

1. La Mosquée bleue, ou Sultanahmet Camii, est un des monuments historiques d'Istanbul. Tous les soirs, des oiseaux (à l'identité inconnue) la survolent.



2. Voici la même mosquée, d'un autre angle.


3.Visiter Istanbul est plaisant. L'architecture est jolie. Il y a de la vie.


4. Même si ce n'est pas bien représenté par cette photo d'un trottoir vide, dans une ville de plus de 18 millions d'habitants. Ça fait du monde à transporter.


5. Heureusement que le système de transports en commun est bien développé. On n'est jamais bien loin d'un ferry, d'un arrêt d'autobus, du métro ou du tramway.


6. Mon préféré étant les ferrys qui naviguent sur les canaux qui définissent la ville. Au bord des quais, de jour comme de soir, ça grouille de vie et ça sent la mer.


7. Istanbul est aussi une ville qui se marche bien. Cela permet de prendre son temps et d'apprécier la beauté des rues.


8. De prendre une photo d'un beau bâtiment.


9. Et d'arrêter dans une boutique ou deux, pour plaire à ma Nad.


10. Avant de retourner sur la rue de notre hostel, faire la fête et se coucher dans un dortoir de 26 personnes !


-Will.

lundi 10 mai 2010

Infos pratiques Iran (budget, logement, transport, nourriture, etc.)

Définitivement dans la liste des pays qui valent le plus la peine d’être visités, ne serait-ce pour voir ce qu’est la définition d’hospitalité.

Itinéraire (19 jours)

D’Antakya en Turquie, nous avons parcouru l’est du pays en bus jusqu’à la frontière Bazargan pour finalement arriver à Tabriz. Puis, bus de nuit jusqu'à Esfahan, bus vers Yazd. Rencontre de deux Allemands qui voyagent en voiture, ils nous invitent à faire un roadtrip sur la route du désert. Retour à Yazd, bus vers Shiraz, couchsurfing, et avion vers Istanbul via Sharjah avec Air Arabia.


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Budget

Budget quotidien moyen par personne : 19,85 CAD ou 180 000 rials (IR).

Visas

J’ignore comment cela se passe si on applique dans une ambassade iranienne au Canada.

Par contre, si vous voulez obtenir le visa à partir de l’étranger, vous devrez probablement obtenir un code venant du Ministère des affaires étrangères d’Iran.

Obtenir le code.
Pour se faire, vous devez, en tant que Canadien, faire affaire avec une agence spécialisée : nous avons fait affaire avec iranianvisa.com : le service a été long (1 mois pour avoir le code). Ce code (30 euros) doit être envoyé dans une seule ambassade dans le monde. Certaines ambassades sont meilleures que d’autres.

Attention, le code est payable par virement entre compte ou Western Union. Dans certains pays comme le Népal ou l’Inde, il est impossible d’envoyer de l’argent par W.U.

Quelle ambassade choisir?
Privilégiez la Turquie. Nous l’avons fait à Delhi en Inde et le service était mauvais et long, mais pas impossible. Le coût du visa était de 40 euros.

Le site iranianvisa.com publie les commentaires des gens qui ont appliqué pour le visa, ce qui peut être une bonne base d’information dans le choix de l’ambassade.

Argent

TRÈS IMPORTANT : Amener tout l’argent dont vous aurez besoin (et une marge de sécurité) en cash. Les euros sont à privilégier mais, nous n’avons eu aucun problème à échanger des dollars US seulement.

Il est possible d’utiliser sa carte de crédit pour les achats sur Internet.

Logement

Chambre à Palmyra : 300 livres syriennes par personne.
Chambre à Aleppo : 325 livres syriennes par personne.

Nourriture

À part le fastfood (pizza, burger, sandwich, etc.), il est difficile de manger pour pas cher. Pour le fastfood, il faut s’attendre à payer 10000 à 40000 IR.
Un repas de kebab (riz, kebab et tomate grillée) vaut rarement en bas de 40000 IR.

Transports

Nous avons parcouru le pays en bus seulement. Les trains n’étaient pas pratiques pour notre itinéraire mais, il est bien de savoir que les trains sont moins chers que les bus.

Exemple de prix :
- Tabriz – Esfahan : 105 000 IR, 8 heures.
- Esfahan – Yazd : 50 000 IR, 4 heures.
- Yazd – Shiraz : 70 000 IR, 5 heures.

Coups de cœur

• Les paysages entre la Turquie et Tabriz.
• Place d’Imam à Esfahan.
• La route du désert (Oasis de Garmeh et autour).
• L’architecture désertique de Yazd.
• La cuisine traditionnelle (difficile à trouver!)
• L’hospitalité et générosité des gens.

Ce que nous avons moins aimé

• Le fait qu’ils s’américanisent sans connaître les conséquences : alcool, fasfood, etc...
• Le fastfood vraiment trop présent.
• Le contrôle vestimentaire pour les femmes.

vendredi 7 mai 2010

Ce qu'on ne voit pas au téléjournal.

Il serait faux de prétendre que tout va bien en Iran : taux de chaumage élevé, gouvernement mal-aimé, révolution chuchotée et j'en passe. Par contre, dans la vie de tous les jours, le pays est bien différent de se que l'on peut s'imaginer.

1 Voici une photo de la place d'Imam, un endroit où il est impossible, en tant qu'étranger, de parcourir plus de 500 mètres sans se faire aborder pour discuter.


2 Dans la même lignée, les rives de la rivière Zayandeh sont un bel endroit où passer la soirée et rencontrer des gens. Nous y sommes allé un jeudi soir (la veille de la fin de semaine) et évidemment, nous nous sommes fait offrir de partager un sac de croustilles.


3 À côté des croustilles, on y trouve un réfrigérateur plein de bières sans alcool. Nous préparons l'apéro dans le seul, mais au combien sympathique, dépanneur de l'oasis de Garmeh, perdu dans le désert.


4 C'est que la journée a été aride à explorer le Dasht-e Kavir en compagnie de nos amis allemands et de la bande de jeunes de Téhéran. Un rafraîchissement est le bienvenu.


5 Et rafraîchir la tête de Nad se fait dans le secret car, en Iran, il est interdit pour une femme de se montrer en public sans hijab. Les coiffeuses exercent donc leurs actes esthétiques dans l'intimité de leur appartement ou dans des salons de beauté privés. C'est Iogi qui nous y amène.


6 Elle est l'amie de nos hôtes, rencontrés par l'excellent réseau couchsurfing.org (et son acolyte hospitalityclub.org) qui nous font découvrir la face cachée de l'Iran.


7 Tout comme Berouz, l'homme sur la prochaine photo, qui s'est fait un plaisir de nous guider dans le bazar d'Esfahan, son lieu de travail. Il œuvre pour le gouvernement à restaurer l'art nomade. Il nous fera découvrir les coulisses de l'artisanat et bien sûr, insistera pour nous offrir le thé.


8 Et cette chaleur affable d'Esfahan est remplacée par le chaud soleil de Yazd, une ville plus conservatrice où le noir est à l'honneur. Heureusement que Nad est là pour amener un peu de couleur.


Huit tableaux qui vous donnent un bref aperçu de ce qu'est notre séjour en Iran.

- Will

dimanche 2 mai 2010

La route du désert.


Désert du Dasht-e Kavir

La vieille ville de Yazd est typiquement « désert ». Les ruelles sont minces et ombragées. Les murs des maisons sont faits d'un mélange de boue et de brindilles. Les bâtiments sont couronnés de tours à vent, un système simple, mais efficace qui redirige l'air dans les résidences pour les rafraîchir.

C'est joli, mais comme l'été approche, la sieste prend désormais une place trop importante dans la journée. Il ne se passe rien !

Alors, on niaise et suons un peu à l'hôtel. On y rencontre deux Allemands, Alex et Mathias, qui voyagent avec leur propre voiture.

« - Hey les Canadiens, ça vous dirait un roadtrip ?
- Un roadtrip en Iran…? Envoye donc! »

Comme tout roadtrip, ça comme par faire le plein. Normalement, c'est une formalité banale, mais nous sommes en Iran le pays du « est-ce que je peux vous aider…please? » ! Il n'y a plus d'électricité dans les pompes. Tous les camionneurs attendent depuis un bon moment. Notre mine désappointée leur donne une idée : siphonnons le fond de nos réservoirs pour remplir celui des étrangers !

« Merci monsieur, un petit bonbon pour changer le goût d'essence ? »

Et ça se termine par une traditionnelle embrassade masculine, une façon de dire bienvenue dans le monde des « truckers ».

Et c'est parti ! Du sable, de la roche et encore du sable. Parfois quelques chameaux en harmonie avec le désert.


Un village fantôme hanté par des âmes persistantes. Une femme s'acharnant sur le crâne d'une chèvre au bord du canal. Un petit homme qui ressemble à un lutin volubile qui jacasse un discours en farsi incompréhensible, mais avec le sourire.


À la troisième courbe après le gros rocher à côté du lézard, dans un village au pied de la montagne, une grotte fait l'objet d'un site important de la religion zoroastrienne ayant régné en Iran avant l'ère de l'Islam. Elle aurait miraculeusement procuré de l'eau à une princesse en fuite.

Au loin, un nuage gris. Nous approchons de notre but. L'oasis de Garmeh. Une douceur dans cette aridité. Dattiers, grenadiers et vieillards veillant au temps qui s'écoule lentement ici.

Mais qu'est-ce qu'on fait dans le désert iranien?


On se régale de bons plats maisons, on loge dans une petite maison aux murs de boue, on écoute le soir un homme à la barbe d'expérience faire résonner des vases d'argile.

On rencontre aussi des jeunes de Téhéran en vacance qui organisent des fêtes secrètes bien arrosées du précieux breuvage interdit : de la vodka Absolute en canette.

On part en expédition sous le soleil cuisant vers les dunes dorées. Cette expérience qui normalement se déroule dans le silence prend rapidement une nouvelle tournure en compagnie des vacanciers de la capitale.


Courses de jeep, musique pop iranienne crachée d'un haut-parleur à éclairage disco intégré. Session de « kite surfing », une gracieuseté de nos amis germains.


La nuit venue, bien après que les hijabs soient tombés, c'est autour d'un feu que la fête continue. On chante, danse et saute au-dessus des flammes, une tradition locale normalement réservée au dernier jeudi de l'an pour s'attirer la chance.


Puis nous regagnons nos maisons de boue. Le soleil ayant depuis longtemps fait place à un ciel scintillant d'étoiles.

Encore une fois l'Iran nous aura agréablement surprit et généreusement offert de bons moments.

Je souhaite une bonne nuit aux deux chameaux qui logent aussi dans notre auberge et me glisse sous la couette.

- Nad qui vide ses souliers.