Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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dimanche 28 mars 2010

Celui qui rapproche.



Damas, Syrie

Normalement, lorsque quelqu'un nous aborde dans la rue, nous demeurons sceptiques. On se demande où est l'astuce, l'attrape touriste dans laquelle on ne veut pas tomber. Mais, aujourd'hui c'est différent. Il se nomme Mourad, il est musicien. Fier, il nous le prouve en dépliant le précieux bout de journal jaunit exposant sous nos yeux un article sur lui.

« Un thé mes amis? Je vous invite chez moi ».

On se regarde quelques secondes, pas trop certains avant d'accepter avec joie. Qui ne risque rien n'a rien comme on dit! De plus, du haut de ses quatre pieds dix pouces, il ne nous semble pas très menaçant.

Nous le suivons à travers des ruelles labyrinthiques du vieux Damas. De vieilles maisons de pierres au deuxième étage à l'inclinaison douteuse, des plantes grimpantes, des enfants qui jouent dans la rue. Tout à fait charmant jusqu'à ce que je me rende compte que je ne saurais plus repérer la rue principale. Peu importe!

Puis, on arrive chez lui. Une pièce aux fenêtres bouchées pas plus grande que votre cabanon. Au sol, des tapis et des coussins qui sentent la litière et l'humidité. Il s'empresse de brancher un fil électrique donnant vie à une ampoule dénudée d'abat-jour et flottante au plafond. Sur les murs, pour compléter la déco, des calendriers datant de 2004, des photos de lui et une horloge figée dans le temps depuis quand…2004 peut-être?

« Faites comme chez vous, asseyez-vous s'il vous plaît ».

Tirant une bombonne de gaz au milieu de la pièce, tout est en place pour le « tea time », sans les petits fours et les petits doigts en l'air.

Et pendant que ça bout, il nous présente vite fait ses instruments de musique. Deux guitares qui se nomment « tambour », une flûte taillée dans un tuyau de métal et dont il est essoufflant de produire un son, un tambourin et un violon bédouin à une corde. Voilà, les présentations sont faites.

Il se met au « tambour » et me tend le tambourin. Je décline l'offre gentiment connaissant la coordination défectueuse de mes deux mains mais, il insiste de façon à ce que je ne puisse pas me défiler. Will me lance un sourire moqueur tandis que je claque timidement mes doigts sur l'objet en question!

Mourad, quant à lui, les yeux clos, se plonge totalement dans son art et c'est magnifique. Il ne s'arrête pratiquement que pour nous resservir du précieux breuvage mentholé avant de changer pour le café dit à la turc. Plus corsé, il est servi dans des petites tasses qu'on aurait dit faites pour les poupées.
video

Peu de mots sont échangés, ce qui ne l'empêche pas de nous communiquer sa philosophie de vie qui se veut de ne pas trop travailler pour profiter de la vie. Et quand je regarde autour de moi, je pourrais bien la traduire par deux mots : simplicité volontaire.

L'après-midi passe sans trop que l'on s'en rende compte. Seule ma vessie me rappelle que nous venons de boire quatre thés et trois cafés. Notre nouvel ami me prête donc ses sandales avant de me conduire à un trou creusé dans le béton derrière une porte en bois.

Il est l'heure de partir. Mourad tente de nous retenir par une invitation à souper, il a des patates et de l'huile, dit-il!

Nous déclinons l'offre pour ne pas abuser de sa générosité et il nous reconduit à la porte. Ses voisins, intrigués, nous regardent en souriant tentant de sortir du labyrinthe une brouette remplie de ferraille.

Nous regagnons donc la rue principale et replongeons rapidement dans le tourbillon touristique des vendeurs de tapis et de souvenirs en tout genre.

Cet après-midi aura été une incursion mémorable dans la vie quotidienne et simple des gens vivant de l'autre côté des murs fortifiés de la vieille ville. Vue normalement fermée aux touristes mais, qui nous a généreusement été ouverte par le biais d'un thé qui ici, au Moyen-Orient, rapproche les gens.

- Nad, définitivement pas musicienne.

samedi 20 mars 2010

Infos pratiques Jordanie (budget, logement, transport, nourriture, etc.)

Petit pays rapide à visiter. Ne pas manquer Petra, un site remarquable si vous aimez les visites touristiques. Les gens sont sympathiques. On n’a pas visité le Wadi Rum.

Itinéraire (16 jours)

Arrivés par bateau en provenance de Nuweiba en Égypte, nous avons passé une nuit à Aqaba avant d’aller à Pétra pour quelques jours. Puis, on s’est installé à Amman pour visiter les alentours (mer morte, Jerash, Madaba) et attendre notre visa syrien.


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Budget

Budget quotidien moyen par personne : 22,45 CAD ou 15 dinars.

Visas

Obtenu à l’arrivée au port d’Aqaba, gratuitement, valide pour 30 jours dans le pays.

Argent

ATM compatibles aux étrangers disponibles partout (ou presque).

Logement

Beaucoup plus cher qu’en Égypte. Nous avons payé entre 10 JD et 18 JD par personne. Petra est une dépense importante, prix à vérifier car en constante augmentation. Forfait 2 jours en mars 2010 = 38 JD. Petra by night à 12 JD.

Nourriture

Assez facile de s’en tirer pour moins de 5$ par repas. Un falafel coûte environ 0,50 JD, shawarma 0,75 à 1,5 JD.

Transports

Faciles. Attention, certains chauffeurs essaient de charger un dinar de plus pour le sac à dos. Nous ne l’avons pas vécu.

Il existe un bateau qui fait la liaison quotidienne entre Aqaba et Nuweiba en Égypte. 80 USD en 2010 incluant la taxe de transport.

Pour plus d’information, voir l’excellent site de référence : www.jordanjubilee.com

Sécurité

Tranquille, même si certains voisins problématiques.

Coups de cœur
•Petra
•Bouffe
•Gens sympathique, un peu agaçant avec les femmes.
•Compteur dans les taxis à Amman.

Ce que nous avons moins aimé
•Amman est une ville à visiter pour 2 jours seulement.

mardi 16 mars 2010

Spécial photos : Pétra


La cité de Pétra est inscrite sur la liste de patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985. Elle fait désormais partie des sept nouvelles merveilles du monde désignées en 2007 aux côtés des Pyramides de Gizeh, de Chichén Itzá, de la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro, du Colisée de Rome, de la Grande Muraille de Chine, du Machu Picchu et du Taj Mahal. Pétra figure dans la liste des Wonders of the World: 25 Ultimate Experiences pour ne pas perdre son temps sur Terre selon Rough Guide et dans presque tous les palmarès de choses à voir dans sa vie.


L'entrée dans la cité est un mince canyon. La marche de deux kilomètres mène au Trésor, l'oeuvre la plus connue de Pétra.



C'est suivre les pas d'Indiana Jones à la quête du Graal et de Tintin dans "Coke en Stock". Pour ajouter à l'expérience, découvrir le site par "Petra by Night" est une occasion à ne pas rater.


Pétra était un passage obligé sur la route de commerce entre l'Arabie et la Méditerranée. Elle prospéra jusqu'au 18e siècle alors que des séismes obligèrent la majorité des habitants à quitter les lieux. On dit qu'à son apogée, elle comptait environ 25000 habitants.

Pendant des siècles, des tribus bedouines vécurent dans les caves creusées à même la montagne.


C'est en 1985 que le gouvernement expatria les habitants de la cité et les localisa dans le village bédouin d'Umm Sayhoun, à deux kilomètres environ.


De nos jours, les Bédouins y passent la journée seulement, pour le business ; chameliers, âniers, guides, restaurateurs et vendeurs du temple.


Pour éviter les 850 marches, l'âne est l'alternative à la marche. Il ne faut absolument pas manquer ce qui se trouve en haut : le monastère El-Deir.


Et marcher dans la cité de Pétra remplira facilement deux jours, voire trois.



-Will

dimanche 14 mars 2010

Rien à dire.

Le Trésor, Petra.

Jordanie

On a le bec vide ces jours-ci.

Pas que la Jordanie soit inintéressante, au contraire! Seulement qu'on ne se baigne pas avec des piranhas, alors quoi vous lâcher?

Ce n'est pas la grande aventure, la Jordanie. Tout va comme trop bien, ça nous fait drôle. Une sensation bizarre de retour à l'occident, proche de l'orient. On ne s'en plaindra point, puisque ma mère est avec nous à la recherche de nouvelles expériences, mais pas trop!

Je disais donc qu'on a le bec vide, oubliant de préciser qu'on a la bouche pleine, tout le temps. Qu'est-ce que la bouffe est bonne! Grignoter des dattes achetées au marché ou s'enfiler un falafel de route. Boire un thé pour faire passer les baklavas. Remplir la table d'humus, de salades et de kebabs, pour une bouchée de pain… Prendre un café turc en plein Amman, offert par un marchand de fruits et d'épices, sur un banc haut comme trois pommes, écoutant le vieil homme et safran chise sur le conflit israélo-palestinien ; cette situation pimentée qui lui fait monter la moutarde au nez!

C'est aussi ça, voyager, non ?


Le soir, à l'aveugle, ce n'est pas long qu'on tombe, sur un bon restaurant. Partout on se régale, dans ce pays, et avec le sourire! Simplement parce que les gens sont sympas et accueillants, même si le pays est très (très) touristique. Allez comprendre l'Égypte maintenant…

« Cesse d'être négatif Will! » dit Nad proclamée miss Positive 1998.

Alors que de belles surprises, cette Jordanie! Sans sarcasme, précisé-je. Car c'est vrai, que cette petite nation est bien équipée. Et attention à la prochaine citation : « Rome peut aller se rhabiller! », s'exclame ma première maison, qui a visité l'Italie l'année dernière, alors que nous visitions les ruines romaines de Jerash au nord d'Amman.

Jerash

Et le même pronostic s'entend, assis sur nos lauriers dans le théâtre romain de la capitale, magnifiquement conservé.

Theatre romain à Amman.

Moi qui pensais aller vite fait à Rome, pour compléter la liste des sept nouvelles merveilles du monde. Cela attendra...

Et parlant merveille, la huitième voudrait vous parler de son coup de cœur.

« - Nadège, paraît-il que vous avez vécu un beau moment, jeudi dernier ?
- Oui! Deux heures à déambuler dans le Siq de la cité à la lueur des chandelles avant d'atteindre le Trésor. C'était absolument magique et envoûtant. On se sentait loin de toutes réalités sous le ciel étoilé, plongés dans l'atmosphère bédouine induite par des mélodies traditionnelles. Que demander de plus… »

C'était effectivement une magnifique soirée à découvrir Pétra pour la première fois. Cette nouvelle occasion trimestrielle est à ne pas manquer car, le site est normalement fermé après le couché du gros astre. Une initiative qui bat à plat de couture tous les sons-et-lumières de sites touristiques, trop souvent à l'ambiance décousue.

Et le lendemain, c'est sous le soleil brûlant que nous marchions kilomètre après kilomètre dans la vallée. Pétra, ce n'est pas seulement le tombeau que tout le monde connaît grâce à Junior, mais une cité entière à découvrir à pied ou à dos de chameau; pour les moins écolos qui préfèrent l'odeur de sièges en cuir et d'émanations à effet de serre.

Il ne faut pas manquer le pèlerinage de 850 marches qui mène au monastère Al-Deir, un bâtiment tout aussi impressionnant que le Trésor trop accessible aux innombrables groupes guidés, à prendre avec un grain de sel…


À une heure d'Amman en bus public et finale en taxi, après les policiers qui veillent au grain, on se retrouve les fesses à l'eau et les pieds en l'air sur la frontière. La mer Morte, qu'elle belle invention. Ça flotte! L'endroit parfait pour la femme puisqu'il y a (1) moi en bedaine et (2) on peut se baigner sans mouiller ses cheveux ! À moins de dessaler...

-Will

mercredi 10 mars 2010

Infos pratiques Égypte (budget, logement, transport, nourriture, etc.)

Pyramides, tombeaux, déserts, Nil et mer Rouge. Un pays si riche gâché et détruit par le tourisme de masse. Les voyageurs indépendants ne sont pas les bienvenus.

Itinéraire (17 jours)

Nous sommes atterris au sud du pays, à Luxor, en provenance de Sharjah au Émirats Arabes Unis. Détour plus au sud à Aswan et Abu Simbel, puis train de nuit d’Aswan jusqu’au Caire. Bus jusqu’à Dahab et bateau entre Nuweiba et Aqaba en Jordanie.


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Budget

Budget quotidien moyen par personne : 13,97 CAD ou 70 LE.

Visas

Fait à l’arrivée à l’aéroport de Luxor pour 15 USD. Rien à remplir, il suffit de payer.

Argent

ATM compatibles aux étrangers disponibles partout (ou presque).

Logement

Piètre qualité mais pas trop cher. Nous avons payé entre 3,5$ et 8$ par personne, incluant la plupart du temps un déjeuner simple.

Nourriture

Pour survivre, le fuel national est le koshary (2 à 5 LE), un mélange de riz, de pâte, de légumineuse, d’oignons frits et autres, avec une sauce tomate. Pas très délicat mais ça rempli.

Sinon, pour 15 à 25 LE, vous avez un bon repas.

Nous avons aimé les mezzes, c’est-à-dire les entrées (salades, humus, purée d’aubergine, etc.) et le poulet rôti.

Transports

Si vous réussissez à obtenir des billets, le train est agréable. Officiellement, seules les première et deuxième classes, de quatre, sont vendues aux touristes. Prenez-vous d’avance et bon courage.

Il existe un train touristique qui fait la liaison entre Aswan et le Caire, via Luxor et autres. La cabine (deux lits) en sleeper est à 60 USD, incluant souper et déjeuner. Ça vous évitera de faire affaire avec les vendeurs de billets de train publique qui sont extrêmement désagréables.

Un bateau relie Nuweiba (Sinaï) à Aqaba en Jordanie, ce qui évite de passer par l’Israël pour ceux qui ne veulent pas l’étampe dans leur passeport (pour continuer vers la Syrie ou l'Iran, par exemple). En 2010, le coût était de 80 USD incluant la taxe de port. Le visa jordanien est gratuit à l’arrivée au port d’Aqaba et valide pour 30 jours.

Pour plus d’information, voir l'excellent site www.jordanjubilee.com

Sécurité

Pas eu de problèmes sérieux sinon que beaucoup, beaucoup, beaucoup de dérangements. L’Égypte n’est pas une destination plaisante.

Pour un séjour sans problème (dans tous les pays), je vous propose quelques règles à suivre (c'est ce que nous avons fait et tout s'est bien déroulé) :
• Ne faire confiance à personne.
• Cadenassez votre sac à dos sur le toit des bus ou dans les trains, surtout ceux de nuit.
• Ne laissez aucune tentation ; par exemple, gardez vos chaussures dans votre sac ou près de vous lorsque vous dormez dans un train.
• Attachez (ne serait-ce qu'avec la sangle d'un des sacs) vos sacs sur le bancs lorsque vous attendez dans une gare.
• Faites gaffe aux chauffeurs de taxi/calèche.
• Plus important que partout ailleurs : vérifier les prix, les factures au resto et lorsque vous marchander pour quelque chose, assurez-vous de parler de la bonne devise : ils ont tendance à « oublier » de spécifier la devise après le nombre à leur avantage : ex : 5 livres (anglaises plutôt que égyptienne), ou 10 (dollars…)

Coups de cœur
• Les pyramides ne sont pas décevantes.
• La bouffe est bonne.

Ce que nous avons moins aimé
• Tout le reste.

samedi 6 mars 2010

Veni, vidi, vici

Dahab

Égypte

Petite chronique pour vous mettre à jour.

On vient tout juste de quitter l'Égypte en bateau. Youpi! Une progression fulgurante de cent vingt kilomètres qui nous aura pris en tout et partout, (à peine) douze heures.

Cela faisait une semaine qu'on se prélassait au bord de la mer Rouge, à Dahab, un bel endroit qui grandit trop vite. La version bédouine du chill-out thaïlandais.

Le lit n'est pas trop cher, la bouffe non plus. Le soir, tout le monde s'installe sur des coussins dans les restaurants riverains, face à la mer remplie de diamants, à manger un morceau, boire un coup ou prendre une puff.


Le genre d'endroit qui réconcilie avec tout. Le remède, honnêtement, à notre séjour en Égypte… Le vent marin, la chicha, ça aide à en rire, de ces attrapes touristes.

Comme le musée du Caire.

Une fois le billet d'entrée acheté, si vous voulez voir les momies royales, il faut payer un surplus qui vaut deux fois l'entrée! Quoi! Il faut repayer pour voir un mort enroulé dans du papier de toilette royal? Non merci.

Au premier étage, on se croirait au Costco du Pharaon, avec des étalages à peine déballés et des sarcophages en trop grand nombre éparpillés sur le plancher. C'est le plus grand rassemblement d'objets mal présentés que je n'ai jamais vu. Et pour les curieux, les explications, quand il y en a, sont souvent écrites en Arabe seulement et parfois même, sur des bouts de feuilles lignées!

Décevant.

Les voyages de groupes, par contre, semblent retrouver l'expérience égyptienne poussiéreuse qu'ils recherchent. À la queue, en suivant le guide, encore le guide, toujours le guide.

« Ici, vous voyez tous les objets qui ont été enlevés du tombeau de Tutankhamun, faisant de ce tombeau le plus dispendieux et le plus inintéressant à visiter dans la Vallée des Rois à Luxor. Des questions ?
- (…)
- Voici maintenant un étalage de 13 photos sur la découverte de ce gros coffre. Regardez ici, la septième, qui est collée à l'envers…
- Ouuuhhh
- Pour terminer la visite au plus vite, car cet après-midi nous irons à une fabrique typiquement typique de faux papyrus laids, voici une momie. Lisons ensemble l'explication fournie par le musée : Momie dans un cercueil rectangulaire en bois.
… Et remarquez, sur cette vitrine, cette trace de doigt vieille de plus de 2000 ans
- Wouaaah
- 14 secondes de temps libre, et tous au bus! Des questions ?»

Au fond de la mer Rouge, c'est une Égypte différente qui s'offre à nous. Pas de groupe, ni de vendeurs qui nous crient « want to spend some money !? »

On a la paix. Pas de billet de train à acheter, pas de policier à côtoyer. Même l'hideuse murène de deux mètres paraît tellement joviale, douce et intelligente.

Vous savez, sous l'eau, le poisson-clown fait rire sans même demander de pourboire, ni aux plongeurs, ni à l'anémone. Sur terre, au temple de Karnak à Luxor (et partout ailleurs), les policiers vous montreront avec plaisir des passages déjà ouverts (qu'ils ferment avec un bâton de bois pour augmenter la sensation d'exclusivité) en vous demandant de l'argent - plutôt que de vraiment surveiller afin d'empêcher les Sonia de ce monde de graver leurs noms sur les colonnes comme elles le faisaient dans les toilettes à la petite école.


Alors sous l'eau, un matin, un poisson m'a offert un nettoyage dentaire, gratis. Et après, il est parti, sans même essayer de me vendre des appareils orthodontiques. Le bonheur.

Jusqu'à temps qu'une tempête de sable sous-marine débute et efface toute trace de visibilité. On perd les autres plongeurs, on n'y voit rien. En haut, en bas, sur les côtés, que des sédiments opaques. Dix mètres sous l'eau, il fait de plus en plus sombre…

La panique ? Un peu…
Déplaisant ? Pas du tout !

Une partie de plaisir, comparée à s'acheter un billet de train à la gare d'Aswan, où les vendeurs vous niaisent pendant des heures pour finalement vous faire croire que le train est plein…

Le paradis, comparé à chercher une toilette aux pyramides de Gizeh, où le site ferme à 18h00 mais les policiers décident qu'ils finissent de travailler à 16h00, en barrant les toilettes et en refusant de les ouvrir même pour ma mère d'un âge dit respectable.

L'Éden, en comparaison avec se faire mettre dehors d'un hôtel parce que le propriétaire a décidé qu'il accueille un groupe et que nous on est de trop!

***

L'Égypte, j'y suis venu, j'ai vu et j'y reviendrai plus.

Je l'ai vaincu une fois, ça suffit.

À nous la Jordanie.

-Will