Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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samedi 28 novembre 2009

Le splendide


Mysore, Inde.

Nous sommes chacun installés devant un masala dosa, une crêpe légèrement croquante garnie d'un curry de légume. On sent la texture, la chaleur, les contrastes entre la sauce rouge et la sauce blanche, sans même y avoir posé la langue, car, on le mange avec la main. Celle de droite, car la gauche est impure. Elle sert à se décrotter le nez. Et ici, elle semble servir souvent.

Quatre hommes sont assis à notre droite, autour d'une autre table. Ils boivent tous un thé chaï. Ils portent des moustaches. Chacun une. Ils nous observent parce qu'on est différent. On les observe parce qu'ils nous observent. Nous nous observons.

L'un d'eux se met à nous parler dans sa langue. On lui fait signe avec des mouvements de sourcils que nous ne comprenons pas. Ils sourient.

Un autre qui parle anglais sauve la situation. Il nous demande :

« - Connaissez-vous le Canada ?
- Ben oui! On vient de là!
- ? »

Deux beaux colons en terre inconnue. Le gars voulait dire « Kannada », la langue la plus parlée dans l'état de Karnataka, avec l'Urdu et le Telugu. Il y a deux langues officielles en Inde : l'Hindi et l'Anglais. Puis il y a vingt-deux autres langues reconnues officiellement et un paquet de dialectes. Alors, c'est mélangeant. Comme acheter un billet de train, choisir à manger dans la rue ou remplir la paperasse interminable pour obtenir une chambre. Mais heureusement que tout ça, ce n'est pas important. C'est seulement un monde à part…

On fait notre chemin parmi la foule qui parle différentes langues, toutes incompréhensibles à nos oreilles. Le bruit de fond nous transporte à l'entrée. Deux immenses têtes d'éléphants empaillées encadrent la porte principale, richement ornée. Le plancher de marbre nous mène de pièce en pièce. On se sent comme dans les films, les contes ou les aventures de Tintin. La richesse déraisonnable des lieux est envoûtante. Les vitraux sont grandioses et soutenus par d'imposantes arches d'acier importées d'Écosse. Certaines portes sont en cuivre ou tout simplement incrustées d'ivoire. Dans une pièce, le plafond est en bois de tek birman finement sculpté. Dans l'autre est disposé le palanquin du Maharaja, pesant 750 kilos dont 80 seulement en feuilles d'or. Un accessoire de style qui accompagne assez bien les cadres en défenses d'éléphant, les tigres en bronze ou les chaises en cristal. Un escalier de fonte en spirale mène au deuxième étage, un peu plus près des dieux qui peuplent les hauts plafonds. Le dieu de la pluie, assis sur un crocodile, parcourt les océans célestes et contrôle le côté sombre du ciel.

C'est le palace d'Ambavilas.




Ça fait rêver n'est-ce pas ? Dire qu'avant, pour moi, un gars assis sur un crocodile c'était Steve Irwin et que celui qui contrôlait le côté sombre, c'était Darth Vader.

Bof.

Je préfère l'image magique et colorée que j'ai en tête aujourd'hui et que je retrouve dans ce que je contemple au quotidien.

Les vifs saris des femmes et leurs bijoux brillants. Leurs cheveux si noirs, leur peau si brune. Les vaches unies ou tachetées. Les murs des maisons, les décorations sur les autobus, les guirlandes de fleurs omniprésentes.

Teintures et huiles essentielles.

Les teintures dans les marchés, les épices et les flacons d'huiles essentielles. Les fruits et les légumes, oranges, verts, rouges. Les teintes des lentilles, des pois ou des haricots. Je touche les bananes soleil ou l'ananas piquant. Je regarde l'aubergine et je la trouve mauve. Mais c'est peut-être violet.


Je regarde les épices et je les trouve belles.

Le piment, rouge ou vert, jamais jaune et toujours fort. Les poivres rondelets. Le gingembre mottoneux. La cannelle, agréable dans le chaï. La cardamome, la muscade, le cumin et leur petite touche. L'ail, à côté de son ami l'oignon. Le curcuma, le clou de girofle, pas loin de l'allée des outils. Le précieux safran, dans sa petite boîte. La moutarde, le sésame, en graine. Le laurier, la menthe, en feuille. L'aneth, odorant, différent.

Pas d'emballage, pas de code-bar. Du contact, de l'échange. On touche, on sent, on goûte à la vie hors de la pellicule plastique, sans le « all spices ». Et on aime.

Teintures.

C'est le marché de Devaraja.

-Will.

lundi 23 novembre 2009

La leçon d’aujourd’hui.

Des auto-rickshaws et autres trucs qui roulent (Bangalore).

Route entre Kochi et Mysore

L'Inde, c'est à voir. Jusqu'à présent, après un peu plus de deux semaines dans ce pays qui pourrait bien être un continent à lui seul tant le dépaysement est grand. Je suis épuisée mais aussi émerveillée par ce que j'y vois, ce que j'apprends tous les jours et les expériences que j'y vis. Je n'irais pas conseiller cette destination à tous mais, c'est définitivement un incontournable si l'on veut tenter de comprendre comment les gens peuvent vivre si différemment de nous et, dans des conditions que peu de personnes, à commencer par moi, jugeraient acceptables.

Chaque jour est différent. Chaque jour nous découvrons un peu plus comment vivre ce nouveau pays.

La leçon d'aujourd'hui s'intitule : les transports.

Le train qui relie nombre de villes dans le sous-continent est définitivement le meilleur moyen de se déplacer, et ce, tout le monde le sait. C'est pourquoi ils sont si bondés et qu'il faut s'y prendre plus de deux semaines d'avance pour y avoir une place pour les longues distances, particulièrement pendant la saison des mariages de novembre à mars.

La vie étant bien faite, notre prochaine destination n'est pas joignable par les rails nous faisant expérimenter les routes, histoire de pouvoir comparer. Notre trajet d'aujourd'hui :

Le ferry entre Kochi et Ernakulum

Confort = ça va, la banquette éventrée est peu confortable mais ce n'est que pour une quinzaine de minutes.
Danger = nul malgré les accostages et les départs qui sont longs à manœuvrer malgré le fait qu'ils soient effectués environ vingt fois par jour depuis des années.
Ponctualité = parfaite, à la minute près.
Appréciation de Nad = très bonne, la vue est magnifique sur la mer d'Arabie.


Le bus entre Ernakulum et Trissur

Confort = acceptable, surtout que personne ne veut jamais s'asseoir à côté de moi, quitte à rester debout?
Danger = j'ai dormi presque tout le long, ça ne devait pas être si mal!
Ponctualité = bonne, quand tu réussis à savoir quand il part car là, les informations diffèrent.
Appréciation de Nad = va toujours, on a vu pire.

Le bus entre Trissur et Calicut

Confort = semblable au bus précédent, une barre de fer dans les fesses de plus.
Danger = si la vie vous intéresse, à éviter.
Ponctualité = parfaite mais, au péril de la vie des autres.
Appréciation de Nad = plus jamais, ça a écourté mon espérance de vie de 2 ans certain!

Le bus de Calicut à Mysore

Confort = même siège que les deux autres bus excepté que là, comme Will est au bord de l'allée, un homme ne se gêne pas pour se joindre à nous.
Danger = les ravins sont frôlés de près et les dépassements me coupent le souffle.
Ponctualité = nulle, du point de vue que nous devions arriver à 21 heures et que nous arrivons à une heure du matin.
Appréciation de Nad = très mauvaise, j'en veux encore au chauffeur d'avoir refusé d'arrêter pour que j'aille aux toilettes.

Explications :

En Inde, les conducteurs de véhicules en tout genre se prennent pour des pilotes de formule un et se croient invincibles. Chacun veut gagner un pouce d'asphalte, au péril de sa vie et de celle de ses passagers. De vrais psychopathes routiers.

Entre les klaxons et les freinages d'urgences propulsant nos corps vers l'avant, je serre les dents et me contracte de tous mes muscles.

Droite, gauche, droite, accotement, chacun fait à sa tête et personne ne veut céder le passage. Tous foncent face à face jusqu'à ce qu'un chauffeur ait un éclair de génie et réalise à la dernière minute que l'impact sera inévitable s'il ne cède pas.

Les conducteurs se coupent créant des embouteillages qui seraient probablement évités ou moindres si chacun restait en file. Les piétons tentent de traverser les rues sans mourir. Les motos dépassent les rickshaws, les rickshaws dépassent les voitures et les voitures dépassent les camions. Les bus, eux, dépassent tout le monde. Il n'y a rien à comprendre, aucune règle du code de la route n'est respectée, c'est à se demander pourquoi ils ont des écoles de conduites?

Des éléphants circulent au bord de la route et c'est normal.

Malgré mon niveau élevé de stress, je me dis toutefois qu'ils savent ce qu'ils font, que chacun est habitué à conduire ainsi et à éviter les accidents.

Il ne faut que quelques heures pour démolir mon argument.

Nous sommes assis à l'avant. Notre chauffeur de bus entreprend un dépassement. Un rickshaw fonce droit vers nous. Comme dans un combat de yeux, personne ne veut céder. Puis, l'impact devient imminent. Le trois roues, plus petit, prend conscience enfin du danger et zigzague pour quitter notre trajectoire. Je lance un faible cri à la vue de la scène. Instable, ce dernier se renverse violemment sur la chaussée.

Le conducteur de bus quant à lui poursuit sa route, préférant ignorer l'incident.
Je n'en crois pas mes yeux! L'infirmière en moi veut arrêter, mais Will insiste pour qu'on s'en tienne loin : à l'étranger, mieux vaut éviter tous contacts avec la police.

Plus loin encore, un camion de marchandise gît au bord du chemin, un autre roule toujours mais, la cabine du chauffeur enfoncée d'un côté, vestige d'un ancien accident.

Rien de réconfortant et nous sommes encore loin de notre destination finale.

Il reste à affronter les routes montagneuses d'une voie et demie de large, dans la brume avec des tournants à 180 degrés à la tombée du jour. La tension monte encore d'un cran en observant les gens effectuer des dépassements dans les côtes, les virages. Est-ce que les gens tiennent à la vie?

Puis, plus rien, sauf un bip-bip de porte ouverte qui ne cesse. C'est l'arrêt complet. En pleine forêt en altitude, la nuit, le pire bouchon de circulation jamais vu! Il faut bien être en Inde pour vivre ça.

Des centaines d'hommes en longyi dans des caravanes décorées de fleurs patientent en buvant du thé chai. Pour moi, c'est le plus grand rassemblement d'hommes en jupe que je n'ai jamais vu.

Personne n'a l'air importuné par cette attente sauf nous qui sommes assis dans des bus de ville depuis maintenant 12 heures. « Life on de road ». On sait toujours quand on part mais, jamais quand on va arriver.

Ce soir, en écrivant cette chronique, à la télé, une émission sur des vétérinaires à Londres qui sauvent une moufette ayant subi un traumatisme crânien après avoir été fauchée par une voiture. Aucun effort n'est négligé; hydratation intraveineuse, rayon X, plâtre, etc. Je repense soudain à mon chauffeur de rickshaw, peut-être que s'il avait été une moufette en Angleterre, il aurait eu plus de chance.

- Nad les dents plus courtes.

jeudi 19 novembre 2009

Au bord de la mer d’Arabie


Kochi, Inde

Une presqu’île avec plus de chèvres dans les rues que de rickshaws, moi ça me plaît. Plus de béguètements que de « taxi master, where are you going?» ça sonne doux à mon oreille.

Pour s'y rendre, nous consultons l'office du tourisme de Madurai. Juste à côté d'un hangar, un homme est assis derrière un bureau de tôle. Sur les deux questions que nous lui posons, les deux réponses se trouvent à être erronées. Bonne moyenne.

À la gare locale de bus, on nous vend deux billets pour le voyage de nuit quittant la ville à vingt et une heures à bord d'un véhicule « super deluxe » écrit en gros caractères. Wow, pour cinq dollars chacun, le luxe est abordable pensais-je!

À vingt et une heures, lorsque le bus entre en gare, je me dis tout à fait autre chose. La notion de luxe est très relative dans ce monde et ce que je vois n'entre pas dans mes critères. Un vieux bus de ville avec sièges en cuirette qui ne s'abaissent pas, c'est bien pour quelques heures, mais, pour y passer la nuit, c'est autre chose. Et comme il n'y a pas d'air climatisé, les fenêtres sont grandes ouvertes offrant gracieusement les moustiques en prime de confort. Bonne nuit Nad…

Tout le trajet, nous sommes réveillés par les gens qui embarquent et descendent accompagnés de l'allumage des néons pour ne rien manquer de ce qui ce passe.

Au matin, le vieux monsieur en jupe blanche à côté de moi m'observe attentivement, penché vers moi, les yeux écarquillés. Il me regarde ainsi une bonne vingtaine de minutes manger ma collation. De chaque bouchée, il n'a rien manqué. Je comprends comment les animaux au zoo se sentent lorsqu'ils mangent leur repas sous l'œil des visiteurs. Je ne suis pas sûr que j'aime ça?

Kochi est une ville indienne qui n'en est pas vraiment une. Propreté, calme, bâtisses de style colonial portugais, hollandais et anglais. C'est le rendez-vous des touristes en tout genre en passant par le tour de groupe organisé de l'âge d'or.


Sur les rives, des pêcheurs travaillent d'une méthode traditionnelle avec d'immenses filets chinois. Il faut six hommes pour les manœuvrer. L'engin ressemble à deux baguettes géantes croisées avec en leur centre un grand filet. De loin, on dirait une catapulte. Le tout se balance à l'eau avec comme contrepoids une dizaine de grosses pierres attachées à des cordes. Beaucoup de travail pour quelques poissons parfois volés par les corneilles qui survolent le filet.


Le soir au coucher de soleil, ils vendent le fruit de leur labeur, les chats de la ville à leurs côtés guettant les restes. Aux abords de la mer d'Arabie, le scène en vaut le détour.

L'endroit est aussi fameux pour ses tours dans les « backwaters ». Une journée à naviguer sur des barques propulsées par un homme et son bambou, pas de jeu de mot là-dessus.



Nous visitons ainsi des villages vivant du commerce de la noix de coco entre autres. Un homme nous accueille dans son jardin d'épices, nous faisant découvrir de quoi ça a l'air avant de se retrouver en poudre dans un sachet chez IGA.


Nous mangeons un repas traditionnel du Kerala, soit du riz et des sauces épicés dans lesquelles marinent des petites courges et des bananes, le tout servi sur une feuille de bananier. Ça sauve de la vaisselle. Le nez bien coulant après tant de saveurs fortes, on nous dirige vers la croisière finale pendant laquelle tout le groupe s'endort.


Notre promenade dans un quartier populaire de la ville est encore ce qu'il y a de plus intéressant pour nous. Tout comme à Madurai le long de la rivière Vagai asséchée dans laquelle les jeunes jouaient au cricket et les vaches broutaient avec quiétude. Ici, des gens vivent dans des maisons aux couleurs vives aux abords d'un cours d'eau noir et opaque comme de la mélasse et odorant comme un bac d'ordures. On nous salue et nous sourit spontanément en n’ayant rien à vendre, ça fait toujours du bien. Les enfants jouent dans les ruelles et les chèvres, parfois peintes, ne semblent pas faire attention à nous. Comme quoi le moins touristique est souvent le plus stimulant.


Mais comme nous ne voulons pas faire notre vie ici, nous pensons à notre progression. Le bus de nuit pour moi n'est plus tant une option de prédilection et saviez vous, en passant, que nous sommes présentement en pleine saison des mariages en Inde?

- Nad en Inde.

lundi 16 novembre 2009

Mînâkshî


Madurai, Inde.

Madurai est une des villes les plus anciennes de l'Inde. Grand centre littéraire durant les trois premiers siècles de l'ère chrétienne, elle s'épanouira au niveau commercial avec les Grecs et les Romains. Elle évoluera entre prospérité et conquêtes, habitée par Marco Polo entre 1288 et 1293, gouvernée par plusieurs rois avec des noms que vous ne retiendriez pas jusqu'en 1801, elle passera sous le contrôle de la compagnie anglaise des Indes orientales, avant de redevenir propriété indienne. Deux cents ans plus tard vinrent damoiselle Nadège et sir William les conquistadores pour un séjour d'échange culturel et économique avant de poursuivre leur chemin vers un grand port de la mer d’Arabie.

L'arrivée dans ce nouveau monde est difficile. Portant notre avoir sur le dos, il nous est impossible de chercher seuls un endroit où dormir. Les soi-disant tailleurs nous suivent en nous montrant des hôtels que nous avions déjà vus, dans le but d'avoir une commission sur le prix de la chambre. Et leur pourcentage n'est pas déduit du prix de la chambre, mais bien ajouté à celui-ci. Alors le lendemain, nous cherchons un autre endroit sans sac, incognito.

Assis sur le trottoir (communément appelé parking en Inde), on observe la scène qui défile. Sans pop-corn, nous regardons ce métrage perpétuel qu'est la vie ici. Un film trois dimensions ; les gens, la beauté, le bordel, sans avoir l'air zouf avec des lunettes deux couleurs.

Dans la ville en général, on est transporté par le flot de gens, de véhicules, ou de vaches. Au pied du temple de Mînâkshî (seules les voyelles sont protégées du soleil), on est transporté par la tradition, l'importance de la religion. Les femmes sont élégantes. Joliment vêtues de leurs plus beaux saris, elles portent dans leurs coiffures des guirlandes de fleurs de jasmins. Les familles se rassemblent pour visiter le monument le temps d'une prière ou deux. Les gens s'arrêtent devant l'entrée, ferment les yeux et joignent les mains, puis repartent.

Un jeune garçon nous offre une flûte de Pan en plastique à vingt roupies alors qu'il la vendait dix à un indien non loin de nous. Nous disons non, comme à la vendeuse de crayons de bois. Nous sommes des êtres sans cœur.

Une vieille dame quête de l'argent d'un signe de main vers la bouche. Elle est plissée comme une prune oubliée. Nous disons non. Nous sommes des êtres ignobles, contrairement à une élégante Indienne qui lui offre une pièce. La vieille dame prend l'argent, marmonne quelques mots et tire la pièce au pied de l'arbre décoré.

J'échappe un blasphème.

À côté de cet arbre, un homme porte une longue barbe, une jupe blanche et un turban sur la tête. Rien d'autre. Un trait de craie blanche est appliqué sur son front, ainsi qu'un point rouge. Il est intrigant.

Comme l'architecture du temple l'est. Tellement inesthétique que ça devient beau. Les gorupams sont surchargés de sculptures. Il y a des dieux, des animaux, et des singes vivants.



Ces temples attirent des touristes et de nombreux pèlerins. Madurai est parfois surnommée l'Athènes de l'Orient. C'est pourquoi pour la dixième fois, je dis non à l'offre de « free top view » à l'homme qui insiste sur le fait que c'est « no money » et qui nous suit. Les choses gratuites n'existent pas dans ce monde, et certainement pas en Inde, et certainement pas avec la tête que l’on a.

Mais voir les temples du haut d'un édifice m'intéresse. Alors le lendemain, on décide de tenter le coup. Je me dis que ça doit être comme les thés marocains gratuits, que l'on sert dans une maison perdue dans une médina labyrinthique, en haut d'un escalier étroit dans une pièce éclairée d'un seul rayon de soleil. Et que je n'ai toujours pas de tapis. Alors ça devrait aller.


Bref, on se ramasse sur le toit d'un emporium et l'on profite de la vue sur les temples, parlant de tout, mais surtout de rien avec le commerçant qui nous accompagne. La séance de photo terminée, on doit redescendre les quatre étages et nous savons que c'est à ce moment que ça peut devenir pénible.

L'homme nous montre des sculptures d'éléphants, des pièces de bronze, des tapis. Il nous offre d'acheter un verre de thé chaï, un café.

Puis Nad pointe du doigt une magnifique porte en acier digne du Moyen Âge.
« - Cette porte vous intéresse?
- Non, c'est trop gros dans un sac.
- Oui, mais on peut arranger la livraison.
- Désolé, on n'a pas vraiment besoin d'une porte dans notre pas-de-maison.

Et là, j'ai un rendez-vous téléphonique pour mon pas-de-travail. Faut qu'on y aille. »

Plus facile qu'au Maroc, car il n'offre pas l'irrésistible thé à la menthe gratuitement. On vend plutôt le thé chaï qui goûte les tétines chèvres pour nous retenir. Erreur.

Les gens malhonnêtes que nous sommes vont terminer nos échanges économiques plus loin, c'est-à-dire faire le shopping de Nad. Elle doit camoufler ses formes plus que jamais si elle ne veut plus attirer toute l'attention.

-Will.

lundi 9 novembre 2009

Mes premières 24 heures en Inde


Tiruchirappali, Inde

Mon premier pas vers l'inconnu est amorcé. Je m'apprête à entrer sur une terre mystérieuse dont tous les voyageurs rencontrés aiment bien rendre à la fois effrayante et attirante dans leurs récits.

Avant de franchir les portes de sortie de l'aéroport, un contrôle anti-H1N1 est fait comme dans tous les aéroports mais ici, c'est à l'indienne. C'est-à-dire une jeune fille qui nous tend un thermomètre buccal que nous devons tous pincer avec nos doigts à tour de rôle. Si je me souviens mes cours sur la prévention des infections, le vecteur principal de transmission de la grippe est par les mains… L'infirmière en moi essaie de ne pas trop y penser, de plus, Will en gentleman passe avant moi pour récolter le plus de bactéries possible et m'éviter ainsi d'attraper une tuberculose.

Le contrôle passé avec succès, c'est parti, l'aventure commence.

Dans la rue des sacrées grosses vaches sacrées se vautrent ou mâchouillent le rare gazon du terre-plein et des détritus pas difficiles à trouver. Un homme en saisit une par le museau et l'embrasse avant de poursuivre son chemin, ça c'est s'assurer une place au paradis. Un autre plus réservé lui donne une petite tape sur les fesses puis s'embrasse les doigts.


En traversant la voie ferrée, une bande de jeunes enfants nous courent après pour se présenter. «What your country from?». «What's your name?». «Photo, photo please!» C'est le début d'une longue journée à répondre à ces deux mêmes questions, à serrer une centaine de mains et à agrandir considérablement notre collection de portraits. Chacun veut une parcelle de lui au Canada et prend la pose pour nous avec le plus grand des plaisirs, et ce même dans le marché de produits frais.


Notre progression dans la ville se fait lentement, évitant les bus, les voitures, les tuk-tuks, les motos, les vélos, les gens, les marchands et les nombreux animaux. Il faut plus que jamais garder constamment l'œil sur la route pour ne pas tomber dans l'égout à ciel ouvert, le trou de boue, le tas de déchets, la crotte sacrée ou s'enfarger sur quelqu'un qui dort au bord de la route dans un grand sac de plastique.

Toujours, nous avançons dans cette grande ville du sud de l'Inde connue sous son petit nom de Trichy, plus commode à dire que son grand nom qui contient pratiquement la moitié de l'alphabet.

Des odeurs viennent titiller mon odorat, certaines meilleures que d'autres. Une vaste gamme d'émanations passant par celle des pâtisseries, aux épices orientales, à une odeur connue de tourtière, au thé chai et malheureusement le tout entrecoupé d'une horrible bouffée d'urine chronique.

Je me dis alors que ça va jusqu'à présent, je ne suis pas trop dépaysée. L'Inde ne me semble pas encore si étrange que ce que l'on m'avait dit.

Puis elle apparaît, la bête que nous avions traquée à Bornéo dans son élément sauvage mais ici, elle est là devant moi à se balader dans une ruelle avec son maître. Un énorme éléphant peint, chaînes aux pattes déambulant dans la ville travaillant pour son propriétaire et non pas pour le plaisir des touristes. Nous sommes à la fois stupéfaits et exaltés. Wow!


Dhal makhani, gobi, paneer, naan, aloo massala, biryani, etc. Non, je ne vous parle pas des dieux hindous; je viens de m'asseoir au restaurant. J'ai beau lire et relire, rien n'évoque une image dans ma tête. Sauf le naan, ça je connais.

- Alors, ce sera un naan et un aloo massala please.

Qui ne tente rien n'a rien!

C'est alors que le serveur secoue la tête de gauche à droite comme pour dire que non, ils n'ont pas cet item.

Je change alors mon choix et il me refait la même chose après chaque plat mentionné.

Coup dont ils n’ont rien dans ce resto!

Puis je regarde autour de moi pour réaliser que tout le monde brasse la tête en parlant comme des « bubble head ». En fait il ne m'a jamais dit non, il ne faisait que prendre ma commande! Il faut le savoir.

Ce n'est probablement que le début des détails comme ça qu'il faut savoir, une chose à la fois. Pour l'instant, mes premières vingt-quatre heures ont été éprouvantes. Je rentre à l'hôtel les pieds et les jambes absolument dégueulasses. La douche froide est grandement appréciée et je sombre dans le sommeil avant même de toucher l'oreiller.

- Nad en adaptation.

jeudi 5 novembre 2009

Bilan de l'Asie du Sud-Est

Itinéraire final (140 jours).

Pour ceux qui préparent leur premier voyage en Asie du Sud-Est, je vous déconseille de vous fier à notre itinéraire. Nous avions certaines contraintes comme deux rencontres dans des pays spécifiques, des endroits que nous avions déjà vus et que nous voulions éviter (en Thaïlande et au Vietnam) et nous avons sauté sur l’occasion d’aller au Myanmar dès que possible. Nous pensions passer plus de temps en Indonésie et donc mieux rentabiliser certains vols mais certaines expériences négatives nous ont fait changer de pays de façon précipitée.

Voici notre itinéraire final.


Afficher Nad et Will autour du Monde - chroniquelemonde.com sur une carte plus grande


Budget (Asie du Sud-Est: Visas, avions, vie, assurances, etc)
(Plus de détails dans les bilans par pays.)

LA question qui vient à l’esprit. Combien ça coûte ? On vous ouvre notre livre de finances!


Les détails :



Un détail important à considérer est que plusieurs plongées (7 par personne) sont incluses dans les dépenses « activités ». Le trek du Rinjani est une dépense importante ainsi que les transports en Malaisie. Singapour est très cher également.

Pour les Québécois qui lisent le blog, sachez que pour l’Assurance Croix Bleue, il faut être toujours valide à l’Assurance Maladie du Québec. Ce qui veut dire de s’absenter au maximum 6 mois par année et qu’une fois au sept ans, vous avez le droit de prendre une année complète hors du pays en gardant la validité. Donc pour voyager deux ans : 6 mois la première année, 12 mois la deuxième et 6 mois la troisième = 24 mois au total.

Impressions

Vous pouvez également consulter la chronique : Un nouveau départ.

L’Asie du SE est un concentré de culture qui fait rêver. Un paquet de destinations prisées ramassées dans un petit coin du monde qui s’avère très facile à voyager et spécialement ridiculement facile pour ceux qui ont l’argent pour prendre des avions pour éviter les quelques routes plus difficiles.

La chose dite, il est difficile de généraliser l’Asie du SE puisque tous les pays sont différents, bien que certains voisins se ressemblent. Une chose qui est commune à tous est certainement la perte d’authenticité en raison de l’affluence touristique. Pas que c’est déplaisant de manger de la pizza ou rencontrer des voyageurs autour d’une bière, mais lorsque toutes les destinations se ressemblent à cause de l’occidentalisation, ça devient un peu lassant.

Le seul pays (noté ici que nous n’avons pas tout vu) où nous nous sommes senti voyageurs plutôt que vacanciers fut le Myanmar, où tout ce que je viens de vous dire est à peu près faux. Ce pays et particulièrement ses habitants est notre coup de cœur parmi les pays visités durant les quatre mois. Imaginez un pays où on vous considère instantanément comme un ami, où on veut vous parler plutôt que d’avoir votre argent, imaginez un pays où vous vous sacrez de ce qu’il y a voir ou à faire puisque vos plans changent toujours au gré des rencontres avec les locaux. La Birmanie gardera une grande place dans mon cœur et c’est elle qui nous a donné le goût de continuer le voyage car après Bali, nous étions franchement découragés.

Si c’était à refaire :
- Privilégier les îles moins touristiques d’Indonésie (Sulawesi, Sumatra, etc.) et surtout ne pas aller à Bali.
- Visiter les Philippines (dans la bonne saison) plutôt que Bornéo, ou aller du côté indonésien de Bornéo.
- Deux semaines au Cambodge auraient suffit.
- Prendre moins de vols.

En vrac, ce qu’on a le plus aimé :
- La bonne nourriture, spécialement en Thailande et au Cambodge, ce dernier étant notre préféré pour se bourrer la fraise.
- Bagan (Myanmar) et Angkor Wat (Cambodge), deux cités de temples qui ne se comparent pas et qui doivent être vues.
- La gentillesse des gens du Myanmar, mais aussi du Laos. Nous avons bien aimé nos rapports avec les Cambodgiens également.
- Les plages de la Thaïlande, mais surtout celles de l’Indonésie.
- Les plongées/snorkles en Indonésie et à Bornéo, un réel plaisir.
- Rencontre avec des raies mantas à Lembogan
- Coucher sur la crête du volcan Rinjani qui était en éruption au moment de la visite.
- Les paysages de l’Indonésie.
- Les vertes rizières.

Ce qui nous a déplu :
- La mousson qui n’est pas au même moment partout.
- Trop de touristes surtout sur les îles de la Thailande, Luang Prabang (Laos), Siem Reap (Cambodge) et Kuta Bali (Indonésie). Sauf la dernière, ce sont par contre des destinations à ne pas manquer.

Les top 3, pour le fun.

Grandes villes les plus agréables
1- Bangkok (Thailande)
2- Phnom Penh (Cambodge)
3- George Town (Malaisie)

Plus petites villes les plus agréables
1- Luang Prabang (Laos)
2- Muang Ngoi Neua (Laos)
3- Dondet (Laos)

Les meilleures plages
1- Gili Trawagan (Indonésie)
2- Lembogan (Indonésie)
3- Koh Tao (Thailande) (nous préférons Koh Phi Phi non couvert dans ce voyage)

La meilleure nourriture
1- Cambodge
2- Thailande
3- Laos

Les paysages à couper le souffle
1- Volcan Rinjani (Indonésie)
2- Lembogan (Indonésie)
3- Nord du Laos.

Les gens les plus attachants
1- Birmans
2- Laotiens
3- Cambodgiens

Les sites historiques les plus marquants
1- Killing Fields et prison S-21 (Cambodge)
2- Angkor Wat (Cambodge)
3- Bagan (Myanmar)

Meilleures ambiances
1- Manger dans une cabane en bois dans la campagne birmane (Myanmar)
2- Souper dehors, au froid, en admirant de la lave couler d’un volcan (Indonésie)
3- Marcher nocturne d’artisanat et de bouffe à Luang Prabang (Laos)

Une pincée de nos meilleurs moments
1- Dormir sur le Rinjani en éruption (Indonésie)
2- Avoir la grosse paix 20 mètres sous la surface de la mer.
3- Prendre un verre au 55e étage d’un hôtel à Bangkok (Thailande)

Une pincée de nos pires moments
1- Que l’on essaie de nous voler 400$ à Bornéo (Malaisie)
2- Interagir avec des gens (resto, guide de trek, hotel, transport, etc) à Bali et Lombok. (Indonésie)
3- Se rendre compte que tous les pays sont devenu extrêmement touristiques (sauf Myanmar).

Un nouveau départ

On ne vous l'avait pas dit, mais on est allé là aussi! (Koh Tao, Thailande)

Kuala Lumpur, Malaisie.

Nous quittons l’Asie du Sud-Est dans une heure. Assis sur le métal froid d’une chaise de l’aéroport de Kuala Lumpur, je pense. C’est la fin d’une épopée de quatre mois et demi, une autre grande étape de notre voyage déjà terminée. Quelques milliers de kilomètres dans sept pays qui nous ont offert lot de moments magiques et grandes déceptions. Difficile d’en faire un bilan précis, laissons parler la mémoire…

Je n’oublierai jamais ma rencontre avec des raies de cinq mètres en Indonésie, qui changera mon approche de la plongée ; désormais, c’est de la plongée aux « gros » que je veux faire. À moi les tortues géantes, le requin baleine et les otaries? – Sammy, notre ami de Buenos Aires, nous a écrit récemment qu’il a plongé avec de charmantes otaries dans les eaux frisquettes de Patagonie.

Soleil dans les yeux

Je me souviendrai longtemps des paysages idylliques de Lembogan et de ses splendides couchers de soleil, mais surtout de la nuit sur le volcan Rinjani alors en éruption sur l’île de Lombok. J’aimerai encore regarder les vertes rizières et j’aurai toujours un petit penchant pour les panoramas du Nord de l’Indochine, les buffles et les chapeaux pointus.

Angkor Nad...

Je suis fier d’avoir vu les temples d’Angkor, une cité remarquable qui attirent des hordes de touristes et pour cause, elle impressionnera même le voyageur le plus blasé. Je suis également content de pouvoir affirmer que cette merveille ne se compare pas avec Bagan (Myanmar) au crépuscule. Les deux sont à voir.

Je m’ennuierai de la gastronomie thaïlandaise et cambodgienne et non, je ne me suis pas écoeuré du riz, j’en suis presque devenu dépendant. Le riz est synonyme de rassasiement. Accompagné de légumes sautés, de sauces goûteuses, de lait de coco, de curry, ou frit et mélangé à de délicieux ingrédients, c’est difficile de s’en lasser. La nourriture de notre guide Sue durant un trek dans les campagnes de son pays me fait encore saliver. J’aurais le goût d’un barbecue de poissons et fruits de mer de Sihanoukville et merci aux Français pour le pain baguette qui fait du bien.

Un sympathique Birman qui nous a apprit quelques mots de sa langue.

Je garde dans mon cœur les habitants de la Birmanie qui nous ont accueilli comme des amis dans leur pays en difficulté. Je me rappellerai aussi des bons contacts avec les Cambodgiens et les Laotiens et je tâcherai d’effacer nos mauvaises expériences en Indonésie et à Sabah (Bornéo, Malaisie).

Je resterai marqué par l’évidence du massacre des Khmers Rouges au Cambodge; par le nombre d’amputés par les mines, d’orphelins et l’absence traumatisante de « vieux ». Je serai toujours surpris par le Laos, un des pays les plus bombardés de la planète et où la mendicité est quasi-absente.

Je suis content d’avoir goûté à Singapour, d’avoir passé trois soirées à admirer les tours Petronas. Je m’ennuie parfois de Bangkok et de son rythme effréné, mais je sais que dans quelques semaines – et quelques années – c’est le pouls ralenti du Laos qui me manquera. J’ai aimé les restaurants de Vientiane, l’ambiance de Luang Prabang, le « petit quelque chose » de Phnom Penh et le multiculturalisme de George Town (Malaisie).

La mosquée flottante de Penang.

Merci aux régions rurales pour la simplicité et l’absence de sournoiserie, le grand air et les étoiles. J’aime les endroits où l’on respecte la tradition mais malheureusement ils sont de plus en plus rares. J’adore les endroits où l’on respecte la beauté et l’authenticité d’autrefois et bon dieu que j’apprécie les bourgades sans chauffeur de tuk-tuk.

Les moines de Phnom Penh

Voilà, c’était mon troisième passage dans ce coin du globe et j’ai complété une bonne partie de ce que je voulais voir. Je devrai revenir car les Philippines m’attirent énormément lorsqu’elles ne sont pas touchées par un ouragan et l’Indonésie est un vaste archipel qui mérite une prise deux : Sumatra, Sulawesi et la Papouasie pour ne nommer que celles-là.

Sauf que le temps passe vite et Nad et moi avons bien envie d’explorer quelques autres pays avant le retour au bercail. Nous partons donc à la rencontre d’un pays aux innombrables peurs et préjugés qui, étant habité par un sixième de la population mondiale, est un incontournable si l’on veut avoir une brève idée du monde dans lequel on vit.

À nous les trains bondés, la perte d’espace vital et le bruit.
À nous les couleurs magiques, les épices et les milles et une nuits de kamasutra.
À nous les vaches sacrées, les enfants errants et les lépreux sur des tapis volants.

À nous l’inconnu.

Inde, nous voilà.

-Will.

dimanche 1 novembre 2009

Le Laos en clin d'oeil.

Laos
Chronique photos, pour le plaisir (et pour ceux qui demande plus de photos)

***

Sous la lueur de la pleine lune, les Laotiens célèbrent la fête de Bun Awk Phansa. Nos premiers pas dans Luang Prabang, alors encore inconnue, se sont fait parmi les bateaux illuminés et les dragons de papier. Une arrivée magique...



Entre les temples et les édifices coloniaux se dresse chaque soir le marché le plus calme d'Asie. Artisanat et alcools garnis en reptiles et insectes se vendent dans la tranquillité la plus surprenante.



Une ballade en radeau dans toute sa simplicité dans un décor féérique de la province de Luang Prabang.



Le "sticky rice" pourrait notamment servir à colmater une fissure dans un mur ou réparer les trous de rouille sur un char, mais sert aussi à remplir l'estomac. Introduisez-y un morceau de viande et au diable la boîte à lunch!



L’eau café au lait des rivières n’inspire guère la baignade. Mais lorsqu’on s’y arrête et qu’on ose, entre amis, la fraîcheur de l’eau sédimenteuse offre une pause à la chaleur écrasante. Il suffit d’enjamber quelques barques accostées, d’oublier la face de l’énorme poisson moustachu que les pêcheurs ont sorti non loin et puis « splash », la vie est plus fraîche, la vie est belle.



Nad l'exploratrice et son lourd bagage traversant la Nam Ou, en plein coeur des montagnes ensommeillées de Nong Khiaw.



"Sabadii !", le mot qui revient si souvent dans le pays et qui prend tout son sens dans les petits villages où on le prononce avec encore plus de plaisir.


Attendre un bateau deux jours dans une ville quasi-fantôme, où le riz frit sent bizarre et le café glacé est servi dans un pot de pickles d'un litre à tout de même son charme, surtout lorsqu'on se rappelle que nous sommes au bord du Mékong.


- Nad et Will