Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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samedi 24 octobre 2009

Rêve mouillé.

Coucher du soleil sur le Mékong à Luang Prabang

Nord du Laos


Ça fait longtemps que l'on ne s'est pas parlé. Voici en vrac ce qui s'est passé.

Ça commence à Luang Prabang dans le marché nocturne où tous les voyageurs pince-sous se retrouvent. Le buffet végétarien à 0,75$ se complète particulièrement bien avec les séduisantes poitrines de poulet à 1$ qui bronzent sur le charbon au kiosque voisin. Le bedon est content, le portefeuille aussi. Un léger détail qui fait qu'on reste un jour de plus, au cas où, car on s'y plaît. C'est beau, c'est bon, ça pue pas. Le Mékong borde la ville aux vestiges coloniaux français - architecturaux et panaires. Soleil couchant, la lueur de l'astre fait compétition aux robes des moines qui, soleil levant, défilent aussi quiets que possible pour la récolte des offrandes. Un moment de culture forte si on fait abstraction des groupes de touristes japonais et/ou chinois qui courent dans un sens et dans l'autre afin d'envoyer leurs flashs le plus souvent possible dans la face des figures saintes.


Les touristes abondent à Luang Prabang, le joyau du Laos. Un expatrié Français nous explique que la ville, surtout depuis son entrée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995, change radicalement : on nettoie, on balaie, on pave les rues, on interdit les coqs, les restaurants se multiplient, les hôtels aussi. On purifie, on européaméricanise. C'est ce qui plaît aux touristes, non?

C'est peut-être ceci qui inconsciemment nous a enfin permis de prendre une décision sur la suite du périple et de quitter Luang Prabang. Autour d'une table, nous jasons avec nos nouveaux amis, un groupe de joyeux lurons avec qui nous partageons la route depuis quelques jours : Juva, un Italien vivant au Népal, Mélanie, une Française toujours enjouée, Pauline, qui termine un long voyage d'un an, Karen, une sud-africaine énigmatique et Carlos, un Espagnol aux cheveux longs, petit sac mauve et gros étui de sitar. Eux aussi avaient de la difficulté à établir la suite de leur trajet et ont opté pour le même chemin que nous probablement parce que nous sommes très attachants.

Dans tous les cas, ce fut difficile de quitter l'ambiance confortable et la nourriture délicieuse de Luang Prabang, surtout si tôt le matin. Nous voilà dans le bus, les places sont presque toutes déjà prises, nous nous ramassons dans les plus reculées, là où dos-d'âne devient dos-de-dromadaire, bien assis sur le moteur brûlant. La route est cahoteuse et extrêmement poussiéreuse. Un smog se crée dans l'enceinte du véhicule. La fenêtre fermée ou pas, il n'y a aucune différence, car la porte avant du bus reste grande ouverte. Nous passons plusieurs villages encrassés de ce qui était la route. Les maisons et les arbres sont emmitouflés dans la matière sèche et malgré tout, les habitants continuent d'étendre leur linge au bord de la voie.

Je me gratte les yeux, j'éternue une couple de fois et cinq heures plus tard, nous arrivons à Sainyabuli, c'est ordinaire et il n'y a rien à faire.

Par conséquent, le lendemain, nous nous ramassons dans le sãwngthãew d'un gars qui livre de la beerlao, ce qui veut dire dans la boîte d'un pick-up, chargée de caisses de bières entre les bancs en bois, au nom qui s'écrit comme un pet mouillé. La route est aussi poussiéreuse mais, on en ressent moins les effets contrairement à ceux que l'on dépasse.


Le paysage est joli et les villages que l'on traverse sont hors du temps, téléphone cellulaire en plus. Comme dans tout trajet, la dernière heure est de trop et au bout de cinq, fatigués, on descend à Pak Lai, un village tout aussi ordinaire et où il n'y a rien à faire. À peu près personne ne parle anglais et nous cherchons de l'information sur le bateau qui nous sortira de ce trou.

Suite à deux jours d'attente, des litres de café glacé et une tentative de bateau-stop qui tombe à l'eau, nous prenons enfin place dans une embarcation. Après qu'un policier ait évidemment essayé de nous soutirer de l'argent en apposant une étampe inutile sur notre billet, un gars avec un pad et des Ray-Ban - le capitaine - démarre le moteur. Notre dernier trajet au Laos s'entame, direction Vientiane, la capitale et pas par n'importe quel fleuve : le légendaire Mékong. Des bananes gracieusement offertes par une gentille dame, une motte de riz collant, le trajet de huit heures se révèle plus long que je pensais. Le banc de plastique rigide commence à me faire virer fou, plus aucune position n'est confortable.

En me retournant pour expérimenter une nouvelle technique d'allègement de la masse sur les fesses, je vois un vieux Laotien, au fond du bateau, faible et mal amanché, avec son soluté attaché au plafond rouillé et une poche d'urine qui traîne à côté de son lunch.

Je me replace, je m'assois normalement et tout d'un coup, je n'ai plus mal. Comme quoi la notion d'inconfort est relative. Et partir du Laos - et de l'Indochine - sans avoir navigué sur le Mékong était hors de question. Ça fait partie des rêves mouillés de voyageurs comme le Transsibérien, traverser un océan en bateau ou passer le plus au col carrossable du monde.

-Will

samedi 17 octobre 2009

Stress non inclus


Nord du Laos


Après probablement plus de temps passé au Laos que la plupart des voyageurs qui y entrent, je ne peux pas prétendre le comprendre, car je crois qu'il faut s'établir quelque part un certain temps pour y parvenir mais, voici ce que je retiens pour l’instant de ce pays.

Il ne faut pas s'attendre en entrant ici à faire la fête à tous les coins de rue comme ça peut être le cas dans plusieurs régions d'Asie du Sud-est devenue très touristique. Dans ce pays, le temps s'écoule lentement au jour le jour, comme les rivières qui le définissent. Le stress est considéré comme un élément à proscrire de sa vie et se poser trop de questions est mauvais pour l'esprit (parlez-en à votre patron!). On croirait pratiquement entendre parler un Bélizien sur la plage mais, avec les yeux plus bridés.

Élever la voix est une chose qui ne se fait pas. Même les chauffeurs de tuk-tuk nous proposent leur service timidement et ce qu'une seule fois.

La cordillère Annamitique les a bien coupés de la nervosité des Vietnamiens et le Mékong de la frénésie des Thaïlandais. Un havre de paix bien gardé.

En passant, la cordillère Annamitique est la chaîne de montagnes séparant les deux pays. Ne vous sentez pas ignares, je viens tout juste de le lire pour compléter la chronique!

Bref, dans notre pays d'accueil depuis maintenant trois semaines, c'est le calme avec un grand « C ». La plupart des villes et villages ont un couvre-feu à onze heures trente ou minuit, tout le monde au lit c'est la loi. Et ça, c'est si vous avez l'électricité jusqu'à cette heure, car nous revenons justement d'un village dans le Nord seulement accessible par bateau où une génératrice ne vous procure de l'énergie que de 18 à 22 heures.


Là-bas, pas de réfrigérateur, pas de télévision durant le jour et évidemment, très rarement de l'eau chaude. La cuisine se fait sur le feu, comme pratiquement partout encore dans le pays. Les différents produits à vendre ont l'air d'y être depuis ma naissance tant les couleurs ont pâli au soleil. L’heure de pointe, c’est lorsque les poules et les canards traversent l’allée et oubliez le Nintendo ; la tendance est au lance-pierre sur les coqs.

Est-ce qu'il y a des partants pour coloniser cette bourgade peuplée de j’estimerais à cent habitants pas plus? Vous hésitez? Moi aussi. Malgré que Muang Ngoi Neua (si vous réussissez à le prononcer avec fluidité je vous lève mon chapeau) soit tout à fait charmante.

Sur l'unique route de terre parcourant le village, longue de deux cents mètres et abritant une trentaine de maisons de bois, paille et bambou, un jeune couple de Russes y a cependant établi domicile depuis deux mois.

Partis il y a six mois pour en voyager sept, ils sont littéralement tombés en amour avec l'endroit et ont prit une location de vingt ans sur cinq bungalows, les plus jolis du coin, et d'un restaurant pour notre plus grand plaisir. La baguette ail et fromage et le plat de patates et courges à la Russe sont délicieux.

On passe nos soirées en leur compagnie, profitant de l'hospitalité moscovite. Pour votre information, car nous n'irons malheureusement pas là-bas alors aussi bien en parler tout de suite; il est vrai que dans leur pays, on offre la vodka à n'importe quel moment de la journée pour n'importe quelle raison. Notre ami n’ayant pas renié ses racines, Will en fait l'expérience à coup de Lao-Lao en remplacement de la liqueur slave. Et vive la Russie!

Pour rester dans le thème, le Lao-Lao, whisky local, est fait d'alcool de riz. Nous partons donc le lendemain de cette rencontre canado-russe pour une ballade dans les rizières.

Le soleil tape mais, par chance, il y a des de frais cours d'eau en route pour nous rafraîchir. Si vous n'avez jamais marché dans un champ de riz auparavant, voici comment c'est fait.


Ce ne sont que des petits chemins guère plus larges qu'un pied, sinueux et souvent boueux au travers d'immenses herbes qui vous arrivent jusqu'aux épaules quand vous mesurez 5'4''.

À l'intérieur vivent des milliers de libellules, un nombre indéfini et qui pour mon bien-être restera indéfini de serpents, de crabes et autres insectes et rongeurs que je ne veux aussi pas connaître. De gros buffles s'y vautrent également à l'occasion, surtout entre les moissons.

Bon. Sachant ceci, j'ai tout de même décidé de m'y aventurer avec mes nouvelles gougounes super glissantes que je viens d'acquérir en remplacement de mes défuntes, Dieu aie leur âme. Ayant marché des centaines et des centaines de kilomètres depuis la Colombie, qu'elles reposent en paix.

Malgré qu'elles soient coquettes, ce n'était pas tout à fait un choix éclairé et je me le suis rappelé la deuxième fois que je suis tombée dans le champ les fesses à l'eau me cramponnant aux plants pour en sortir le plus rapidement possible songeant au serpent aperçu tout frétillant juste avant.

La prochaine fois au diable la coquetterie, je m'achèterai des sandales à crampons.

Alors pour tous ceux qui recherche calme, sérénité, paysages karstiques et qui sont désireux de prononcer un souriant « sabadii » toutes les deux minutes, le Laos est pour vous et vous ouvre grand ses bras.

- Nad qui vous dit « kop jaï laï laï » de m'avoir lu!

jeudi 8 octobre 2009

Nad et Will font du « tubing ».

Vang Vieng, Laos.

À la fin de la saison des pluies, à la pleine lune, les Laotiens célèbrent la fête de Bun Awk Phansa durant laquelle ils font flotter sur les rivières de l'encens et des bougies sur de petits bateaux en feuilles de bananier. Le lendemain de cette fête, les habitants des villes riveraines organisent des courses de bateaux à rames et festoient en famille autour de cet événement.



Comme nous le constatons de plus en plus au Laos, l'ambiance est tranquille, saine et agréable. Les parents partagent la boisson nationale, la BeerLao, traditionnellement versée dans un verre rempli de glaçons, alors que les enfants se baignent dans la rivière, l'élément unificateur.


Nous sommes à Vang Vieng au Laos, une ville qui d'un côté déplaît par sa décadence occidentale, mais qui charme certainement par son cadre magnifique. Elle est un peu ce qu'on s'imagine de l'Asie ; de hautes montagnes calcaires aux reliefs abrupts qui bordent rivières sinueuses et villages aux chapeaux coniques. C'est un peu ça, Vang Vieng. Du moment où l'on sort du centre-ville animé par le flot constant de touriste, de restaurants et de bars à TV qui passent en boucle des émissions comme « Friends » et « Family Guy » et qui adaptent leurs menus au goût du voyageur moderne : joints, thé d'opium, « happy pizzas » et « mushrooms shakes ».

Vang Vieng est une étape importante dans le circuit version « party » de l'Asie du Sud-Est. Après Kao San Road à Bangkok, après voir fêté et plongé (en option) sur les îles de la Thaïlande, survécu au « Full Moon Party » de Koh Phagnan, suite à une séance de bronzette et de surf alcoolisés à Bali et probablement après avoir passé trois jours sur un bateau discothèque sur la baie d'Halong au Vietnam, le fêtard au sac à dos fera certainement du « tubing », ici même, sur la Nam Song.

Pour les besoins du blogue, Nad et moi avons donc enfilé nos maillots de bain et avons expérimenté la chose, évidemment à contrecœur, seulement pour vous chers lecteurs.

Que de sacrifices.

L'idée est assez simple : à quelques kilomètres au Nord de la ville, un tuk-tuk vous dépose, vous, votre chambre à air et un peu d'argent. Puis, l'idée est de descendre la rivière flottant confortablement sur votre tripe jusqu'au centre-ville.


L'ambiance familiale et asiatique de l'endroit disparaît soudainement pour laisser place à la musique électronique diffusée par les nombreux bars qui bordent la rivière. N'étant pas pressés de « tuber », Nad et moi partageons une BeerLao au premier stop d'une série indéterminée. Une fois la chose faite, et ayant préalablement essayé la corde à tarzan qui lance assez intensément dans la rivière qui n’est pas nécessairement très profonde, nous entamons la descente du courant, mais ne parcourrons qu'une vingtaine de mètres.

C'est que le bar suivant offre des « shooters » gratuits de Lao-Lao, le whisky local. Pas question de manquer ça ! Et de toute façon, on tâche de suivre le flot de gens et de profiter de la fête qui se crée à chacune des escales.


Plus l'après-midi avance, plus l'ambiance s'enflamme et l'alcool coule à flot sous le chaud soleil asiatique. Certains bars offrent des bananes gratuites et des fèves frites (comme des « onions rings ») pour garder la gang de fêteux un peu plus longtemps. Mais le « tubing » nous appelle! La progression se fait lentement mais sûrement et à chaque bar de nouvelles aventures se produisent.

Le volley-ball dans la boue vient à bout du beau bikini à Nad, tandis que je m'enfile un « shooter » d'alcool dans laquelle marinaient d'énormes guêpes. Une Anglaise se tape la corde à tarzan et atterrit sur le ventre lui coupant le souffle et la contractant d'un coup l'empêchant de nager. Heureusement que le préposé au repêchage de client - qui attrape les gens en leur tirant une corde - plonge pour rescaper la jolie « falang » en péril. Plus loin, c'est la tyrolienne qui vole le spectacle, car conçue pour arrêter d'un coup au bout de la corde, elle fait flipper de façon aléatoire la personne qui s’y est accrochée. Plus l'histoire avance, plus il est difficile de l'écrire, et rendu à la mare à cochon, vaut mieux ne pas savoir ce qui se passe.

La journée se termine à flotter sur les derniers kilomètres de rivières, pénards, et se disant que faire du « tubing » au Laos, c'est colon, mais pas désagréable. Ça se rapproche assez bien du « pub golf » : c’est pour l’amour du sport.

-Will

samedi 3 octobre 2009

Prendre le temps


Don Det, 4 mille îles, Laos

Encore une frontière à traverser, encore deux douaniers à croiser!

En mini van, le patron de l'agence de transport qui nous conduit vers le Laos est tout « évaché » à côté de moi, les jambes bien écartées et les pieds sur le banc de Will en avant. On sent tout le professionnalisme de l'affaire mais, cette frontière étant non officielle et au milieu de nulle part, nous n'avons pas vraiment le choix de passer par lui pour nous y rendre, faute de transport public.

À l'arrivée, dans la cabane du douanier cambodgien, deux hommes attendent assis sur des chaises de patio en plastique. À notre arrivée, ils ouvrent devant eux la valise officielle du parfait employé gouvernemental qui renferme : une petite brocheuse, une estampe, un crayon et une efface « Hello Kitty » et rien d'autre.

Je fais de gros efforts pour ne pas sourire, mais c'est raté!

Ils apposent l'étampe de sortie et, en nous remettant nos passeports, nous demandent un dollar US chacun. On leur dit non et on repart simplement. Ils nous laissent aller sans dire un mot… Un gars s'essaye.

Puis nous marchons vers l'entrée du pays voisin, saluant les vaches se baladant seules et sans papier d'un pays à l'autre.


C'est le tour du douanier laotien. Avec un grand sourire, il nous demande nos documents et encore un dollar US chacun. Nous lui servons la même réponse mais lui, n'ayant pas encore estampé nos passeports, se permet de ne rien faire avant d'être payé. Après maintes argumentations, ne voulant pas rebrousser chemin, nous cédons.

Je lui fais une grimace lorsqu'il tourne le dos. Les agents frontaliers ne sont vraiment pas bons pour ma santé!

Nous cherchons notre modèle de professionnalisme pour le retrouver plus loin au restaurant à manger en regardant la télé.

- Asseyez-vous, le prochain bus sera là d'une minute à l'autre. Dit-il la bouche pleine.

Une heure plus tard, nous y sommes toujours, sous le toit de paille à regarder le livreur de glace déposer sa marchandise pendant qu'un autre répare son tracteur.

Finalement, tout finit par s'enchaîner et nous repartons vers la barque qui nous emmène à Don Det, une île au milieu du Mékong.

À midi, j'ai les fesses dans un hamac suspendu à la galerie de notre bungalow de bambou au bord de l'eau, me balançant avec une brise légère bien appréciée. Le bonheur.

Tout est tranquille aux alentours, particulièrement les bœufs dans notre entrée qui se vautrent dans la boue pour échapper aux forts rayons du soleil.


Nous nous promenons aux alentours au travers des rizières qui semblent avoir atteint leur maximum, attendant patiemment d'être récoltées.


Il n'y a pas grand-chose à faire ici mis à part manger, dormir et profiter de la vie. Tout le monde semble relaxe, personne ne nous harcèle pour nous vendre quelque chose. Les enfants se baignent dans le fleuve ou se tirent dans la rue de terre rougeâtre sur une feuille de cocotier en guise de luge.

Le temps passe, nous nous imprégnons de ce mode vie en vivant avec le soleil, notre modeste demeure n'ayant pas l'électricité. Couché tôt au son des criquets, levé tôt par les rayons de soleil traversant les murs.

Nous avons lu que les Français, lorsqu'ils colonisaient l'Indochine, disaient que les Vietnamiens plantaient le riz, les Cambodgiens le regardaient pousser et les Laotiens l'écoutaient. De ce que j'ai vu, je pense que ce n'est pas tout à fait faux!

C'est donc ce que nous faisons; écouter le riz pousser, lire, seulement prendre le temps d'être là. Souvent dans la vie de tous les jours et en tant que voyageur, on ne prend pas nécessairement le temps de seulement être là. On voudrait tout voir et tout faire, ne rien manquer. On n’accepte pas vraiment de ne rien faire, le temps doit être meublé absolument par une activité quelconque par peur peut-être d'être paresseux ou de ne pas prendre de l'avance sur quelque chose au cas où!


Quant à moi, je me balance dans mon hamac aux sons des insectes et regarde le coucher de soleil, pas particulièrement extraordinaire ces derniers jours, mais bon, personne n'est parfait. Peut-être que lui aussi s'accorde des jours de repos.

- Nad qui écoute le riz pousser.