Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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jeudi 27 août 2009

Anecdotes coquines.


Pwin U Lwin et Mandalay, Myanmar (Birmanie)

Sur l'étroite route qui nous sépare de la chute - l'objectif de la journée - la circulation est relativement dense. Outre les diligences, les vélos surchargés, les bus cinglés et les camions complètement décrisses, il y a nous, les trois touristes à deux roues.

Les Birmans ont la mauvaise birmanie d'utiliser le criard sans modération. Il y a le klaxon « d'avertissement », le klaxon de « je suis là derrière », celui de « je suis rendu en avant », le « j'avais envie de faire du bruit », le « salut mon homme! », le « je n'ai plus de frein, mon poulet est tombé, la strap à lâchée, tasse-toi sinon je ne montrai pas la côte » et surtout, le populaire « tout est normal, alors je klaxonne ». Lui, c'est le pire.

Parlez-en à Mélodie, qui dans un moment de stress en descente a entendu un « klaxon tout est cool » et qui a paniqué, voulant m'éviter d'une part et ne pas se faire percuter de l'autre. Elle a fait un vol plané et s'est éclatée la tronche sur le bitume birman.

Le frein avant n'est jamais le bon choix à haute vitesse. Sauf qu'ici, ils sont inversés, donc à droite, histoire d'enlever toute efficacité aux réflexes de jeunesse. Le vélo, ça ne se perd pas? Si, au Myanmar, là où on conduit à droite le volant à droite, ça se perd.

À l'aéroport de Yangon, Mélodie avait repéré notre air sympathique (!) et s'est tout de suite jointe à nous. Depuis, nous voyageons à trois.

Notre amie parisienne est du genre divertissant. Quand elle ne se blesse pas dans un trek, n'échappe pas par mégarde son guide de voyage dans l'océan, ne se fait pas voler sa carte de crédit en Thaïlande, ne mord pas dans la poche d'acide d'un fruit Brésilien ou ne se pète pas la gueule à vélo, Mélodie la gaffe, est une fille assez normale.

Bref, après la chute, la chute d'eau n'était plus dans le programme pour elle. Ébranlée, blessée au coude et à l'épaule, elle retourne en ville en autostop, sans difficulté. Le véhicule la dépose gentiment en face de la boutique de vélo. La scintillante bicyclette de ce matin avait pris de l'âge, dont de nouvelles égratignures et une roue un peu moins déformée que le panier qui ne peut maintenant contenir qu'une banane.


À ce moment, être à sa place, j'aurais été stressé. Dans bien des pays, le locateur sauterait sur l'occasion pour soutirer une bonne somme à notre amie. Mais, ici, au Myanmar, les gens ont insisté pour que Mélodie parte se reposer avant de revenir plus tard payer les réparations.

Le mélodrame termine bien, sans gravité et seulement 3 dollars en moins.

***

Pour moins de 3 dollars, on a tout un festin. À Mandalay, le soir, c'est au « chapatis corner » que ça se passe. Le curry de mouton est savoureux, le pain indien fluffy à souhait, et soleil couché, la chaleur est nettement plus tolérable. Assis littéralement dans la rue, on déguste avec les doigts se rappelant la journée d'aujourd'hui, qui est déjà gravée dans la section crif de bons souvenirs de nos cerveaux.

Rewind

Ce matin, ayant déjà visité la plupart des pagodes avec notre guide à l'odeur de « swing » maintenant surnommé « crapet », nous décidons qu'aujourd'hui nous découvrirons la ville seuls, à pied, en se dirigeant vers le marché de jade (je voyage avec deux filles, n'est-ce pas).

Nad est trop contemplative pour s'orienter (ça c'est bien dit mon Will). Mélodie s'est déjà perdue en allant aux toilettes à l'école et n'a jamais retrouvé sa salle de classe. Alors, moi, troisième membre sous la pression, dois trouver le marché dans ces rues sans numéro.

Après avoir traversé un marché assez joli, vu quelques pagodes et plusieurs moines, on se retrouve dans un coin où les rues ne sont ni parallèles, ni perpendicales, comme dirait un certain québécois culturé. Nous sommes perdus, personne n'est parfait. On demande à une dame de nous aider, mais elle ne parle pas anglais, ni français. Elle nous fait cependant signe d'entrer chez elle, elle doit connaître quelqu'un qui peut nous aider.

Sûrement après avoir fait quelques signaux de fumée, tout le quartier se retrouve à la maison de notre nouvel hôte. Après nous avoir présenté grand-papa, 93 ans, couché sur un lit de bambou des plus ergonomiques, l'homme de la maison nous offre une grande tasse pleine d'eau, peut-être, peut-être pas en bouteille. Je me sacrifie pour la déglutir afin de sauver Nad d'une éventuelle flustration et ne pas les insulter.


Ils insistent par leurs sourires pour qu'on prenne siège et nous ventilent avec des éventails faits en vieilles pancartes de shampoing. Une jeune fille arrive. C'est elle, l'élue, celle qui parle un brin anglais, mais, qui ne sait pas lire une carte.

On les remercie du mieux qu'on peut.

« Cè-zu-bé, cè-zu-temba-té! », ou quelque chose comme ça.

Deux heures plus tard, après qu'un étudiant en mathématique nous ait accompagnés sur quelques rues, on arrive au marché de Jade.

C'est fermé. Aujourd'hui, c'est férié!

Et ce fut une magnifique journée.

-Will

lundi 24 août 2009

Adam et Will!


Mandalay, Myanmar
(Birmanie)

Je ne sais pas si je devrais être jalouse, mais confidence pour confidence, Will, la nuit dernière, a dormi avec un moine!

Attention le scandale…

Peut-être que les mots sont forts, mais quand même, ils ont partagé un espace plutôt restreint pendant une nuit entière, dans le bus en direction de Mandalay.

Au départ, chanceux comme nous sommes, on nous assigne les sièges 29 et 30 pour les 14 heures à venir. À première vue tout va bien, c'est assez confortable malgré le fait que ce soit conçu pour des nains car, moi qui ne suis pas très grande, ma tête dépasse du siège. Heureusement, dans notre génération, nous avons appris à nous asseoir sur les reins. En dépit de ce que mes parents me disaient, je savais que ça servirait!

Dans sa tunique bourgogne et orange, l’homme au crâne chauve est assis devant. Il marmonne quelque chose qui ressemble a une prière avant de tomber dans un sommeil profond entraînant son siège cassé avec lui. Sa tête se retrouve alors couchée sur les genoux de Will eux-mêmes enfoncés dans ce qui lui sert de lit douillet pour les longues heures à venir.

Pour agrémenter le tout, une télévision projette à tue-tête un karaoké pour le plaisir de tous et chacun sauf nous!

On atteint tout de même Mandalay, avec une connaissance de plus : les moines dorment beaucoup, surtout avec une petite bière dans le nez.

Pagodes, temples, bouddhas. C'est le début des journées à enlever et mettre sans arrêt nos gougounes. Curieusement, il est permis de se coucher sur le sol toute la journée dans les temples mais, pas de s'y promener avec nos sandales même dans nos mains.

Si cela semble étrange, ce n'est rien comparé aux coutumes du Wagaung Festival. Débauche et curiosités sont désormais les mots qui me viennent à l'esprit quand je repense à cet endroit.

Au travers des kiosques de nourriture, vêtements et diverses babioles, des « half ladies », comme on les appelle ici, dansent vêtues comme des princesses. Les gens accrochent de l'argent à leurs vêtements dans l'espoir d'avoir de la chance le lendemain.


Dans une petite maison, la musique va de bon train supportant les mouvements d'une vieille dame au regard vide mordant dans une tête de poulet rôti. De temps en temps, son mari lui tend une bouteille d'alcool fort qu'elle boit goulûment.

Elle semble possédée et effectivement, on nous explique que l'esprit Nat s'est emparé d'elle, a bouilli, la rendant amnésique et que c'est pour ça qu'elle danse ainsi!


En tout cas, ma grand-mère ne fait pas ça dans les partys de Noël une cuisse de dinde à la bouche. Même sous le grand esprit Nad!

Puis, c'est au jeune Will d'en apprendre sur la vie. Dans une autre cabane, tout le monde est échauffé. La danse enivre l'assemblée. Emporté par un groupe de femmes au centre, voilà qu'il se fait dorloter et embrasser sur la joue par certaines. Ayant soudainement un doute sur l'identité de celles-ci, il me regarde inquiet et me demande si elles sont bien des femmes?

Toujours regarder la pomme d'Adam mon Will!

Par contre, si une chose ne porte pas à confusion, c'est bien l'identité des moines. Là-dessus, on ne peut se tromper. L'un d'eux vient à notre rencontre dans un temple en périphérie de Mandalay.

D'une voix douce et calme, il nous propose humblement de nous faire visiter ce lieu qui est son milieu de vie depuis 35 ans. Nous marchons tranquillement parlant de tout et de rien. Il nous présente avec fierté des endroits en dehors du circuit touristique dans la campagne.

En route, il nous invite à lui poser n'importe quelle question, sans gêne. Évidemment, la conversation s'oriente rapidement sur la politique, cherchant à connaître l'opinion locale.

Il nous dit combien les moines sont les mal-aimés par le gouvernement étant des gens instruits. Il explique comment la population est maintenue comme dans une cage ne possédant rien, pas même un passeport pour la majorité le prix de celui-ci étant trop élevé pour être accessible.

Soudainement, il s'arrête de parler, prend la montre de Will et demande l'heure. Il explique par la suite qu'un motocycliste inconnu du voisinage passait à l'instant et qu'il devait faire diversion, le pays étant truffé d'espions qui rapportent tout aux autorités. Quiconque évoquant un sujet politique avec des touristes risque la prison ici.

On ne réalise pas la chance que l'on a tant que nous ne faisons pas des rencontres comme celles-ci qui nous ouvrent les yeux sur le quotidien des autres.

- Nad, presque-cocue.

vendredi 21 août 2009

C’est ça, la capitale ?



Yangon, Myanmar (Birmanie)

Un tampon de plus dans le passeport, on nous accueille avec un sourire sincère. L’immigration et les douanes nous souhaitent la bienvenue. Au carrousel, la dizaine de touristes fraîchement arrivés de Thaïlande succombent à la gentillesse d’un jeune homme nous proposant un transport gratuit jusqu’à son hôtel.

Les hôtes nous offrent à tous un bon déjeuner gratuitement, bien que seul celui du lendemain soit inclus dans le prix de la chambre.

Ça fait du bien.

Nous n’avions pas senti un tel accueil à l’ambassade à Bangkok où derrière la lourde porte d’acier, les gens étaient bêtes et suspicieux, la salle d’attente avait des airs de chambre d’aréna et les toilettes ne flushaient pas. Et j’avais une grosse envie.

Celles de l’hôtel, en revanche, fonctionnent plutôt bien et la douche chaude est appréciée. L’ambiance pluvieuse nous endort et ce n’est qu’à la noirceur que nous entamons officiellement notre voyage dans le temps...

Les premiers pas dans les rues crasseuses et inondées de la plus grande ville du pays sont déroutants. Les monuments de l’ancienne période coloniale sont défraîchis et envahis par la moisissure. La mousse nous indique le Nord pour trouver notre chemin à travers les pagodes et les appartements grillagés. Les voitures sont bruyantes et les bus bondés d’hommes en jupe. Ils portent le Longyi, un grand bout du tissu obligatoirement à carreaux, parce que c’est comme ça, qui s’enfile comme un paréo en faisant un motton au bas-ventre. L’un d’eux est accrochés derrière le camion sur les tuyaux rouillés et crie la destination du véhicule entre deux crachats rouge sang. Il nous offre un grand sourire aux dents bourgognes en nous envoyant la main, à nous, les deux bizarres qui ont donné leur parapluie à la femme de ménage du dernier hôtel et qui aujourd’hui en auraient grandement besoin.



Splash, je mets le pied dans cette flaque d’eau d’égouts qui déborde en voulant éviter un trou dans le trottoir. À peine le temps de le retirer qu’une dame me regarde et m’offre de beaux yeux bridés d’humour et de compassion.

Notre quête du je ne sais quoi continue sous l’averse rafraîchissante. On avance sous la faible lueur des wannabe-lampadaires qui se trouvent à être de longs tubes néons. Un plat de nouilles au poulet pas comme les autres nous initient à la gastronomie locale. « Chicken » et « noodles » sont de bon alliés faces aux menus incompréhensibles et à la barrière de la langue.

Très peu de gens parlent anglais. De temps en temps, un sympathique « hello » ou plus loin, un petit « where are you from? » sans arrière pensée. Canada, « good country! », oui, pas si mal?

Le dépaysement est anormal dans l’agglomération la plus moderne et cosmopolite du pays, si l’on peut dire ainsi.

« Donc là, on est dans la capitale ? », me dit Nad d’une voie taquine.
« J’imagine? »

J’ignore encore si c’est officiellement la capitale, mais si tel est le cas, elle est sans guichet automatique, sans Mc Donald, sans homme en complet, sans parcomètre.

De toute façon, le pays est dépourvu de pièce de monnaie. Certains achats se font en dollars états-uniens, tandis que les échanges de tous les jours sont normalement effectués en kiats. La plus grosse coupure est un billet de 1000, qui équivaut grossièrement à un dollar. Imaginez la liasse après avoir changer 300 dollars qui doivent être impeccables, pas un pli, pas un coin usé, même si l’argent local que l’on reçoit est en état de décomposition avancée. Enfin, ce n’est pas grave. Quitte à la réparer avec du « tape » électrique, la vie continue, jusqu’à 22 heures ce soir et recommencera une heure avant l’aube, demain.

Une éclaircie après le déjeuner nous motive sauter dans le vieux bus de ville qui mène à la plus grande pagode de la ville. L’homme chargé de récolter l’argent nous fait signe de descendre à l’instant où une pluie d’abat commence. Un Birman nous fait alors signe de venir s’abriter sous les quelques tôles qui forment le toit de son modeste commerce. Il vend des petits paquets de noix coupées enroulées dans une feuille verte avec de la sauce blanche et des épices volantes non identifiées (EVNI). Nous apprendrons plus tard que la noix de Bétel, chiquée par les hommes, donne supposément de l’énergie et est à l’origine des dents tachées de la population masculine et des crachats rouges partout dans la ville.


Il pleut trop pour visiter la pagode, on reprend le bus en sens inverse et retournons à notre sympathique hôtel.

Demain, nous partirons voir ailleurs, 2 jours suffisent pour l’instant, parce que Yangon, c’est spécial, comme le goût de la noix de Bétel. Spécial comme dans ça goûte mauvais ou la nouvelle blonde de ton ami est moche.

-Will

jeudi 13 août 2009

Bangkok 101



Tout voyageur qui arpente un brin l'Asie du Sud-Est passera certainement plus d'une fois à Bangkok. Personnellement, ça fait six fois que j'y mets les pieds. La dernière semaine m'a permis de mieux comprendre certains points et désormais, rien de plus simple que de vivre Bangkok sans gaspiller son argent.

Cette semaine à Chronique le Monde: Bangkok 101.

(Un dollar canadien vaut 30 baths, l'euro autour de 50)

Se loger.

Vous débarquez de l'avion fatigué des 32 heures depuis votre dernière nuit, vous êtes décalés, déstabilisés par la chaleur intense et ne savez pas où aller? Khao San Road. Une navette fait la liaison directe avec l'aéroport (150 baths) si vous arrivez avant la nuit, sinon, il faut négocier fort un taxi pour s'en sortir autour de 350-400 baths. Il est plus facile de trouver un bon prix avec les taxis qui débarquent des gens aux départs.

Arrivé là-bas, vous hallucinez. L'appel de la « fucking good beer » se fait entendre et l'odeur des sautés vous déconcentre. Il faut déposer le sac au plus vite. Direction opposée du Burger King d'un pas rapide, il faut traverser la foule et sortir de l'action. Sur la rue Chanasongkran via Soi Rambuttri, vous êtes prêts de tout et loin du bruit. 200 à 400 baths pour une chambre double. Ça va.

Se nourrir.


À Bangkok, il n'y a pas assez de trois repas par jour. C'est ainsi. Le plus grand garde-manger d'Asie du Sud-Est est synonyme de fraîcheur et de tentation. Les fruits frais déjà coupés sont très invitants, mais l'odeur de la lime et de la coriandre dans les soupes et les plats sont de féroces compétiteurs. Des légumes variés dans toutes les assiettes, du basilic, de la menthe, du piment, des cachous, des arachides, pourquoi pas. Un peu de sauce de poisson pour l'exotisme. Un curry vert, jaune, ou rouge, pas question d'arrêter de manger. À moins d'avoir la bouche en feu. Si on vous dit que c'est « un peu » piquant, c'est déjà trop. Un peu de riz pour faire passer, on s'essuie la moustache, et c'est reparti.

Une bouffe légère, particulièrement santé et délicieuse, combien ça coûte?

Déjeuner : une salade de fruits avec yaourt et céréales ? 30 baths.
Dîner : un phad-thaï bien goûteux au poulet ? 30 baths.
Souper : un riz frit aux légumes et tofu ? 30 baths.

Trois rouleaux impériaux ? 25 baths.
Un brochette de poulet ? 10 baths.

Une grosse bière au Seven Eleven ? 45 baths.
Une pointe de pizza ? 50 baths. Ouch!

Et ce qui est beau là-dedans, c'est que même si vous payez plus cher dans un resto plus chic, vous n'aurez rien de plus que du superflu comme des assiettes en porcelaine, une boule de riz en forme de boule et des portions plus petites!


Se déplacer.

Oubliez les tuks-tuks qui sont trop souvent des crosseurs. Si vous insistez pour essayer ce le bolide à trois roues, ne faites pas affaire avec les chauffeurs qui vous attendent à la sortie des rues touristiques. Ils peuvent patienter toutes une journée pour faire une seule « passe de cash » avec des étrangers naïfs.

Par exemple, si un chauffeur de tuks-tuks vous demande où vous allez et que par hasard, cette attraction est fermée, mais qu'il peut, pour seulement 10 baths (!), vous faire visiter autre chose, mieux vaut dire non. C'est une tactique pour vous traîner pendant des heures dans des magasins à commission. Un chauffeur m'a même dit qu'il n'y avait rien à voir dans la direction où je marchais - alors que je savais très bien que je me dirigeais vers le Grand Palace, l'attraction la plus connue - et qu'il pouvait me faire visiter des temples en plein festival sans nom.

J'ai marché.

Pour les plus longues distances, il vaut peut-être mieux prendre un taxi. Et encore là, assurez-vous qu'il utilise le compteur automatique et essayez d'être deux ou plus pour partager la course.

Nad et moi préférons les bus de villes jumelés avec le « skytrain » et le métro. Par exemple, de notre quartier au Siam Square (le quartier moderne), c'est le bus 15 et ça coûte 7 baths. Pas trop ruinant ! Un taxi aurait coûté environ 80.

Nous avons découvert dernièrement que le mieux reste le bateau. La rivière Chao Phraya sépare la ville en deux et est bondée d'embarcations publiques qui mènent partout le long de la rivière en un rien de temps et pour une bouchée de pain (9 à 13 baths). C'est facile de prendre un bateau en partance du quartier de Khao San vers les principaux temples, le Chinatown ou un arrêt du « skytrain ». En plus, il fait frais et la vue est belle.



Bangkok est la maison loin de la maison, la maman qui prend soin de nous. C'est là où on reprend des forces, on mange bien et on fait laver notre linge. C'est le rafraîchissement de la garde-robe et le renouvellement en stock de bobettes perdues.

Ce n’est pas cher et agréable. C'est la pause.

Pour mieux repartir.

- Will.

jeudi 6 août 2009

La ville qui ne se repose jamais.


Bangkok, Thaïlande

Connue comme la ville qui ne dort jamais, Bangkok nous accueille encore une fois dans son ambiance enivrante et sa cuisine délicieuse. À moi les phad-thais, les currys et les bons fruits.

Ayant laissé nos compagnons partir vers une autre destination, nous arpentons tous les deux les rues animées de la capitale thaïlandaise.

« Tuk-tuk, taxi, very cheap! » Nous crient sans relâche les chauffeurs dans la rue quand ce n'est pas un Indien qui vend des complets sur mesure tout aussi « cheap, cheap ».

Sur Kao San Road, repère par excellence des touristes, un gars se magazine un nouveau style. Il faut dire qu'ici, pas question de demeurer dans la discrétion et l'anonymat absolu.

Devant le vendeur de vêtements hippies et juste à côté de celui qui vend du faux Lacoste, mais avant la jeune fille à moitié nue, une jolie blonde se fait massacrer les cheveux à coup de broche à tricoter pour ressembler à Bobine Marley.

Un peu en retrait, un vieux rockeur échoué tente de se remettre de sa cuite d'hier. Les yeux dans la graisse de « beans » et encore rougis, il peine à boire sa bière du matin mais curieusement, réussit à allumer sa cigarette sans problème. Adossé au mur du restaurant, son équilibre est précaire.

Attention dans la rue pour ne pas vous faire happer par le vieux moine tout en blanc qui se déplace en motorisé. Si par malheur vous ne dégagez pas le chemin assez rapidement à la douce émission de ses cris, l'impact pourrait bien vous être fatal.

À quelques centaines de mètres plus loin, un petit groupe s'est formé sur le trottoir. Ils regardent tous l'artiste à l'œuvre. Assis sur un petit cube de bois, un jeune tatoueur exerce sa profession dans la stérilité la plus douteuse, son appareil branché dans la cabane du policier juste à côté.

Encore une fois on me propose l'expérience, « cheap, cheap » me dit son client le bras encore sanguinolent. Peut-être suis-je un peu parano, mais, les lettres SIDA résonnent dans ma tête en regardant la scène.


Mais au fond, même si tu l'attrapes ici, ce n'est pas un problème, car aussi à quelques coins de rue, un vendeur de produits naturels vend sur le trottoir la pilule miracle guérissant à la fois le SIDA, le cancer, l'hypertension et le diabète. Don't worry, be happy. Je me demande pourquoi les médecins de chez nous ne prescrivent pas plus de ce produit miracle?


Puis, histoire de se rafraîchir un peu, nous allons au cinéma de Siam Square reconnu pour sa grande modernité. Au moment où j'allais sombrer dans le sommeil vu les trente minutes de pub avant le film, tout le monde se lève debout, la main sur le cœur, à l'annonce de l'hymne nationale et des images du Roi. Comme au hockey.

Et quand la nuit tombe, dans la grande nature sauvage qu'est Bangkok, les grenouilles sortent dans la rue et coassent à l'unisson entre les mains des femmes des tribus directement descendues de leurs appartements en pleine ville.

Pas cher, pas cher, pour détenir un spécimen rare d'amphibien en bois qui chante sur demande et qui ne dérangera pas monsieur le douanier au retour. Les amants de la nature en auront pour leur argent.

Et pour les sportifs, le soir, des hommes vous offrent avec plaisir - et quelques bruits de bouche - de vous emmener voir des shows de ping-pong. Les règles du jeu diffèrent un peu de ce que Forest Gump présente mais, vous ne retrouverez pas ça ailleurs.

Une chronique un brin bombardée et décousue pour vous faire sentir un peu l'atmosphère qui règne ici, dans la ville qui ne se repose jamais.

Difficile de faire le tour de Bangkok en une seule chronique. Soyez certains qu'on s'en reparle.

-Nad, toujours sans tatoo.