Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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mercredi 29 juillet 2009

Vingt mille millimètres sous les mers.

Semporna, Bornéo malaisien.

Assise avec mes trois compagnons de voyage, le visage dans les mains dans un restaurant indien, je suis découragée.

Mais pourquoi me direz-vous? Je suis sur Bornéo, un rêve pour plusieurs et je devrais être heureuse de mon sort. Suis-je rendue capricieuse? Est-ce que l'extraordinaire devient ordinaire. Non, je ne crois pas. Par contre, je sais que dernièrement nos histoires ne sont pas très positives et je m'en excuse mais, encore une fois nous avons eu à nous battre.

Moi qui étais plutôt réservée et craintive à mon départ, ce voyage m'apprend beaucoup. Il m'enseigne à ne pas me laisser marcher sur les pieds et à hausser le ton le moment opportun. Les patients grincheux et déplaisants n'auront qu'à bien se tenir à l'avenir!

Avant de partir pour le monde « sauvage », nous nous étions prévu un splendide trip de plongée sur une île au large de Semporna. Tout était payé, il ne restait qu'à enfiler nos maillots de bain et nos masques.

C'était trop facile. Avant de quitter notre charmante cabane dans la jungle, on nous apprend que l'hôtel sur l'île a été surbooké et qu'il n'y a pas de place pour nous.

C'est là que débute deux jours et demi d'attente dans le bureau d'une autre agence de plongée que la femme qui nous avait vendu le tout nous rembourse par versement sur le compte de l'autre. Un vrai bordel.

Elle commence par dire qu'elle nous rembourse dans l'heure qui suit. Puis rien ne vient. Le lendemain, après une série de téléphones, elle verse la moitié et disant que le reste suivra aussi dans une heure. C'est seulement au matin du troisième jour, après l'avoir harcelée, qu'elle finit par tout remettre.

Le pire c'est qu'on apprend que nous ne sommes pas les premiers, en fait, ce mois-ci, nous sommes les deuxièmes chanceux. Je suppose que la plupart du temps les gens abandonnent avant la fin par manque de temps (pour prendre un vol, par exemple) et qu'elle garde l'argent. Futée!

Mais peu importe, ce qui ne tue pas rend plus fort. La preuve, je viens de passer les cinq dernières nuits en compagnie de rongeurs dans le dortoir.

Eh oui, à Semporna, nous logeons dans le septième plus bel hôtel sur pilotis au monde, aux côtés de certains de Bora-Bora. Nous sommes dans un dortoir de 22 personnes et un beau rat. La classe non?
Face à mon refus de me coucher dans la même pièce que ledit animal, Will me répond d'arrêter de faire ma « chochotte » car les rats ne viennent pas dans les lits, seulement dans les sacs pleins de bouffe comme celui de Tony.

Et bien pour son information, ils ne s'en prennent pas qu'aux sacs, mais à mes pieds aussi et ils ne sentaient pas le fromage!

En général, les gens viennent ici pour plonger à Sipadan, l'un des plus beaux sites de plongée au monde vu la garantie de voir des bancs de barracudas, des requins et des tortues en grand nombre.

Le rêve du plongeur. Enfin, du plongeur qui réserve d'avance, car, il n'y plus de place. Tout est réservé jusqu'en septembre vu la limite de 120 personnes par jour pour préserver l'écosystème.

Peu importe, ce sera pour une autre fois. Nous nous contenterons des alentours, qui sont magnifiques, soit dit en passant. Le bateau s'arrête en face d'une petite île presque déserte au sable blanc et aux eaux turquoise.


La bombonne au dos, je me bascule vers l'arrière. Will, mon « buddy », en fait de même suivi par Tony.

Le pouce vers le bas, entourés de bulles, nous nous submergeons dans un autre monde. La lumière diminue peu à peu. Je me pince le nez histoire de cesser de faire souffrir mes tympans qui décidément n'aiment pas autant ce sport que moi. Il n'y a plus un son. Le calme plat.

Dans son anémone, un poisson-clown se balade. Son visage me dit quelque chose. Il doit ressembler à un acteur que j'ai vu à la télé.

Un peu plus loin, un énorme banc de thons passe au-dessus de ma tête. Ça ne naît pas dans une canne ça?

À vingt mètres sous la surface, en complète apesanteur, je ne pense à rien. Ce sentiment est génial. Un petit signe de « O » entre le pouce et l'index à mon « buddy » de temps en temps pour m'assurer que tout baigne et ça continue.

À gauche, une grosse seiche bien mouillée se laisse porter par le courant. Vraisemblablement, la vie sous la mer est peu stressante. Avis aux intéressés qui veulent refaire leur vie!

Un peu sur la droite, une tortue de mer se repose tranquillement adossée à une roche. Elle est imposante et nous repère rapidement s'envolant gracieusement et sans effort vers la surface.

Nous sommes effectivement difficiles à manquer. Un groupe de 19 plongeurs semblant débarquer d'une autre planète avec tout notre équipement se donnant des coups de palmes pour tous tenter de la voir. J'ai vu plus subtile. Je salue le capitaine Spock au passage.

Puis, droit devant, le fameux poisson-lion. Extrêmement venimeux du bout se sa crinière, il est seul, sans ami. Il se camoufle à merveille avec les coraux. De ses petits 20 centimètres de long, ce dernier réussit toutefois à épater la galerie tout comme son collègue terrestre du même nom, mais sans le rugissement bien sûr.


Quelques respirations encore, je vérifie mon air. « Buddy », le pouce en l'air? Allez hop, on remonte.


Sur le quai, encore dégoulinante devant le coucher de soleil, je suis très contente de mon sort pour ceux que ça inquiétait au début!

- Nad entre espace et mer?

samedi 25 juillet 2009

Suivez le guide.

Singes Proboscis

Sabah, Bornéo


J'ouvre la revue à côté du sac à mal de l'air. Elle s'intitule « Sabah », la province malaisienne que nous visiterons dans les prochains jours.

De l'autre côté de l'allée, Tony lie la même revue que moi. Nos faces changent spontanément. On se regarde, effrayé. Dans quoi nous sommes-nous embarqués?

Bornéo est la troisième plus grosse île au Monde après le Groenland et la Nouvelle-Guinée. Elle est aussi un des endroits à la biodiversité la plus intense de la planète. Terre d'évolution de plusieurs espèces endémiques d'animaux et de plantes, la jungle est attirante pour les amants de la nature.

Une carte de Sabah est fournie dans la revue et c'est ce qui nous fait peur. La ressemblance avec la carte d'un parc d'attractions est désespérante.

Une 'tite montagne pour les 'tits treckeux.
Une 'tite forêt pour amuser la 'tite famille.
Une 'tite île le 'tit couple en lune de miel.

En grand titre : « Romantic Sabah ». La nouvelle destination tendance pour les amoureux - de la nature? - qui vivent la jungle dans des bungalows climatisés avec salle de bain privée.

Notre épopée sur « Bornéo Wonderland » commence à Kota Kinabalu. Rapidement, on se rend compte qu'il n'y a rien à foutre dans cette ville, sinon que de manger indien dans un restaurant qui vend des médicaments contre les brûlements d'estomacs à côté de la caisse. Nous prenons ensuite un bus jaune de la compagnie « Sida Express » jusqu'à Sandakan où nous logeons dans un hôtel trouvé par hasard. Vue sur la baie polluée et face au quai où, à la nuit tombée, les rats et les coquerelles se font compétition.

« Romantic Sabah ».

La revue avait raison. Nous venons de mettre les pieds dans l'autoroute de Sabah. Le tourisme est canalisé au plaisir des vacanciers qui « n'aiment pas quand c'est compliqué » et au désarroi de tous les voyageurs indépendants.

On se ramasse donc dans un petit lodge en face des grands pour cinq jours. Le matin et le soir, nous avons le droit à une excursion en chaloupe pour voir la faune au bord de la rivière. Et bien que nous restons trois nuits de plus que le « package » normal, on nous fait faire le même trajet de bateau ; pas question de changer de direction ou de pénétrer un affluent.

Heureusement que le guide nous apprend beaucoup sur les animaux que l'on voit par ces compléments d'information plus qu'intéressants :

« Big bird »


« Elephants »

Photo gracieuseté d'un voyageur Hollandais. Nad n'avait pas l'appareil et Will n'était pas là! Longue histoire.

« Macaques »



« Probocis monkey »



Et il réussit même à manquer de gaz. Et fume à côté du bidon.

Puis le soir, nous avons le droit à une marche de nuit. C'est notre chance de voir des serpents, des araignées, des scorpions et si nous sommes très chanceux, des fauves. La randonnée dure 45 minutes et se résume à se promener autour du campement, à quelques centaines de mètres du village voisin. Heureusement que notre guide n'est surtout pas saoul et possède une connaissance sans fin de son environnement. Nous aurons tout de même vu un « big tree » et trois « sleeping birds ».

Déçus, on demande au guide pourquoi nous n'y allons pas plus longtemps et plus profondément dans la forêt et il nous répond que c'est à cause du danger. Mais, que l'on peut y aller sans lui et il nous prête sa lampe de poche ! On découvre rapidement que la forêt autour du camp est rapidement limitée par les palmeraies.


Nous sommes sur le long de la rivière Kinabatangan qui par chance se trouve maintenant dans « le cœur de Bornéo », une zone nouvellement protégée grâce à la « World Wide Fund » et la lueur de volonté des gouvernements d'Indonésie, du Brunei et de la Malaisie.

Ces derniers viennent probablement de se rendre compte que leur île commune est mal en point.

Si on regarde un peu en arrière, on comprend facilement la situation. Dans les années '70, on y découvrit quatre espèces d'arbres à croissance rapide ; parfaits pour le commerce du bois. De l'argent vite fait à court terme sans contrôle adéquat des techniques de reboisement, quand il y en a. En même temps, les sols dénudés sont transformés en palmeraies, car l'huile de palme est lucrative. Le marché est sans cesse grandissant puisque l'Inde, la Chine et le Pakistan sont d'excellents clients. Ajoutez à cela quelques feux de forêts en 1997 et 1998 et vous vous retrouvez, à l'heure actuelle, avec près de 50% de la forêt disparue.

Le verre à moitié vide diraient les pessimistes. Moi, je dirais davantage : le verre à moitié plein. Mais de quoi ?

Plein de problèmes, ni plus ni moins. C'est à bord du « Sida Express » que j'ai été choqué. Des palmeraies à perte de vue de part et d'autre de la route. Seulement quelques îlots de forêt vierge qui se comptent sur les doigts de la main.

Nul besoin de fouiller loin pour se rendre compte que les conséquences de la déforestation ne se limitent pas à la perte d'habitats pour les 'tits oiseaux. Les solutions sont quant à elle beaucoup plus difficiles à trouver. D'un côté, la population grandissante a besoin de sol pour l'agriculture et d'emplois. Le tourisme pourrait être une partie de la solution, mais est un couteau à double tranchant.

Il y avait un éléphant pygmé sur le rivage.

La notion d'éco-tourisme est trop souvent mal comprise et particulièrement ici, sur la rivière Kinabatangan, où j'ai franchement eu honte d'être un touriste au moment où les éléphants sauvages sont sortis des feuillages pour s'abreuver. À peine cinq minutes plus tard - merci aux téléphones cellulaires -, une vingtaine de bateaux remplis de touristes sortis des lodges et prenaient d'assaut les paisibles animaux. Sans même se soucier de leur laisser leur espace vital, j'ai vu des chaloupes foncer plein gaz sur la rive pour satisfaire le client en chemise dans les pantalons qui veut une photo de plus près s'il vous plaît. Mais, qui ne veut pas investir dans un appareil qui « zoom ». Un client heureux dans un éco - mon derrière - lodge consommera sûrement plus de bière le soir venu en rêvant du retour au bureau où il dira à ses collègues qui ne sont jamais sortis de chez eux : « lorsque j'étais dans une jungle à Bornéo, j'ai vu des éléphants sauvages et ma blonde était contente ».

« Romantic Sabah ».

-Will

lundi 20 juillet 2009

City Blitz


Kuala Lumpur et Singapour.

L'Indonésie est un pays magnifique et verdoyant. Le surf est excellent, les plages sont magnifiques et l'eau, ouf, à couper le souffle!

Mais, il a un mais.

Un mais trop important. L'attitude des locaux à Bali et Lombok, c'est n'importe quoi. Ça nous a poussé à bout.

50% d'enfer 50% paradis.

Bye bye l'Indonésie.

Bonjour l'Internet et la carte de crédit.

L'avion atterrit à Kuala Lumpur en Malaisie.

Nous trouvons finalement la porte qui mène à notre hôtel du quartier chinois. Un petit corridor sombre et des murs crasseux ponctués de quelques graffitis, dont un qui ressort du lot puisqu'il était écrit par un Français : « Ça l'air pourri, mais en vrai, c'est super… ».

Je pense que ces mots en ont rassuré plus d'une. Deux. Trois étages plus haut, on entre dans ce que l'on pensait être un vieux « petshop » d'animaux avec défauts de fabrication; c'est notre hôtel. Entre le poisson-chat d'un mètre dans un aquarium d'un mètre et les tortues à têtes de serpents, se trouverait le et/ou la réceptionniste qui parle avec le et/ou la homme/femme de ménage.

On dépose nos sacs et c'est parti.

Je m'attendais à plus de gratte-ciels. Quelques-uns dans le quartier d'affaire essaient en vainc de voler la vedette aux impressionnantes Petronas Towers. C'est raté. Elles sont trop hallucinantes.

Lorsque le soleil disparaît, elles deviennent irréelles. C'est vraiment un spectacle en soit que de voir ces structures de 88 étages de béton, d'acier et de verre gratter un ciel nuageux.


La ville profite également d'une belle diversité culturelle ce qui la rend encore plus agréable. La mosquée nationale vaut tout de même le détour, le quartier chinois est intéressant et la petite Inde offre de belles opportunités culinaires.



Nad en profite même pour faire un « crash test » d'intestins pour s'assurer qu'elle survivra à l'Inde.

Poulet tandoori. Correct.
Sauces curry. Correct.
Mouton épicé. Correct.
Rat, souris, correct, correct.

Son bedon à prit de l'aplomb. Elle qui m'avait quitté assez rapidement vers les toilettes la première fois qu'elle a mangé indien sur la dépaysante rue Cartier à Québec.

Rassasiés, nous tentons d'aller au parc d'oiseaux, un des plus grands de sa catégorie. Trop cher. Le jardin des papillons dans ce cas ? Trop cher. Le planétarium ? Fermé. Pas le choix, ce sera le jardin des orchidées. Ma mère serait contente. Pas moi.

Heureusement que quelques singes me divertissent. Faciles à trouver en plus, directe à côté de la pancarte « traverse de singes ».


Parlant de singes.

Une dernière nuit à l'hôtel bizarre, le temps de voir le et/ou la propriétaire écouter la télévision à « mute » en caressant son singe en couche, et demain, nous partons pour Singapour.

Coucher de soleil. Étoiles qui tournent. Levé de soleil. Immigration éclaire.

Nous voilà à Singapour, où mon père m'avait bien averti de ne pas péter. Ou de le faire un silence, sans témoin et durant une nuit venteuse.

La république est effectivement réputée pour être propre, efficace et réglementée. Et je confirme.

La vente de gommes à mâcher est interdite.

Pendaison pour possession de grandes quantités de drogues.

Pas question de cracher ni d'uriner dans les lieux publics sous peine de sévères amendes.

Contraventions pour manger et boire dans le métro.

Et défense d'y transporter le durian, le fruit interdit - qui pue.

Le tout surveillé par une police souvent en civil, cela a porté fruit.

Pas un papier sur le sol, aucun déchet ailleurs que dans les poubelles, la ville est impeccable et excessivement sécuritaire, ça fait peur ! C'est le genre d'agglomération où vous pouvez vous promener ivre, le Ipod dans les oreilles, le portefeuille qui dépasse des poches et l'appareil photo dans le cou, dans une ruelle sombre par un vendredi à 2 heures du matin et il ne vous arrivera rien !

La métropole est donc dépaysante à sa façon et fait penser à la tranquillité du Japon. Singapour compte 4 millions d'habitants entassés sur une assez petite île faisant de la densité de population l'une des plus élevées au Monde. Par contre, la ville est tellement efficace, que ça en est stupéfiant.


En plus, elle est assez esthétique, pleine d'histoire et mérite franchement d'être explorée pour d'autres raisons que le shopping.


À commencer par le zoo. Oui monsieur.


Un zoo sans cage (ou presque) où les animaux sont dans des enclos aux barrières naturelles qui les séparent des visiteurs. Des animaux, en veux-tu en voilà. Nommez-en un, il y est. De plus, ils ont transformé le zoo en centre de sensibilisation environnementale. Chacun des points d'intérêts devient un petit lieu d'apprentissage.

Sauf que voyager pour visiter des zoos, ce n'est pas le nirvana. Vaut mieux aller sur le terrain et tenter de voir les animaux dans leur milieu naturel. C'est plus gratifiant.

On part pour Bornéo. C'est sauvage là-bas, non ?

-Will.

vendredi 10 juillet 2009

Acide lactique


Lombok, Indonésie

Si je vous dis 2000 mètres de dénivellation sur un parcours en forêt fait en escalier par les racines d'arbres, à quoi pensez-vous?


Moi je n'ai que trois mots à dire, superbe et acide lactique.


Mais commençons par le début, une grande rue touristique à Senggigi sur l'île de Lombok. Nous y sommes venus spécialement pour faire l'ascension du célèbre volcan Rinjani, le deuxième plus haut du pays.


Le colosse est en éruption depuis quelques mois, nous avons de la chance, comme dirait Will, ou de la malchance dirait certains parents?


En tout cas, nous sommes contents. Dormir sur un volcan en éruption est une chose qui ne se rate pas ! À moins que cela nous coûte un bras, ou deux.


Et effectivement, la généreuse somme 150 US$ imposée par toutes les agences nous semble un peu exagérée, surtout que pour 30 heures de randonnée.


Le projet semblait être voué à l'abandon quand sortit de nulle part, l'homme en chemise à la Che Guevara revient nous faire une offre qui cadre dans nos prix.


Tout semble en règle, on nous répète à mainte reprise que tout est inclus et qu'ils peuvent abaisser le prix ainsi, car nous compléterons un groupe. On nous fournit même des chaussures de randonnée, les nôtres étant restées à Buenos Aires vu l'odeur de mort qu'elles dégageaient.


Cinq heures du matin sonnent. Pas de stress, nous sommes déjà réveillés depuis une demi-heure par le chant de la mosquée qui résonne dans toute la ville. Pas de répit pour les fervents d'Allah.


La trace d'oreiller dans la face, nous prenons la route vers Senaru, lieu de départ de ce qui allait devenir, non sans peine, notre dessein.


- Bienvenu au Rinjani trek center... Ah, c'est vous qui n'avez pas payé assez cher.


J'ai connu plus accueillant comme bonjour. Nous laissons passer la remarque.


Une pancake et un thé et c'est parti!


- Il n'y avait pas des espadrilles d'incluses dans le contrat?


À voir la face du gars, non. Tout comme l'entrée au parc, non plus?


Je lui désigne alors mes gougounes et il nous rapporte les chaussures appartenant probablement à sa belle-sœur et à son cousin! Ça fera l'affaire, ça ne peut pas être pire que des bottes de pluie. Et celles de Will ont de beaux trous soit pour l'aération ou soit pour laisser entrer les cailloux? Ou des trous de vitesse, pour les fans des Simpson.


Nous complétons l'ascension en plus ou moins sept heures incluant les pauses bien appréciées, surtout l'avant-dernière où plusieurs singes nous y attendaient. Ayant une allure plutôt calme, je tente de socialiser avec l'un d'eux en lui faisant un « hi five ».



Ne jamais oublier qu'un animal est un animal et de toujours éviter les mouvements brusques. La preuve, ayant oublié ces mesures de base vu mon enthousiasme, celui-ci répondit à mon geste non pas par la forme habituelle, mais par une position d'attaque et un grand cri. J'ai eu une petite frousse.


Puis vers la fin, au même moment où mes cuisses brûlent et que d'autres sacrent dans leurs têtes, nous traversons une forêt de nuages. C'est génial, car en plus de nous apporter une fraîcheur, l'atmosphère se fait enveloppante créant une ambiance un peu surnaturelle.



Et finalement, nous arrivons au sommet qui n'est pas vraiment le sommet. Une chance pour nous, vu l'éruption, il est interdit de se rendre à la cime du volcan. Nous devons nous arrêter ici, à 2600 mètres plutôt qu'à 3700, pour admirer le lac au fond de la formation conique. Cette réalité ne m'attriste pas vraiment vous dirai-je bien franchement!



Surtout qu'au milieu du Segara Arak (lac), se trouve le Gunung Baru, celui qui attire toute l'attention en ce moment par ses jaillissements de lave depuis le mois de mai.



Autour de nous, les porteurs des dizaines autres touristes ont dressé des tentes pour la nuit. Nous faisons la connaissance de deux personnes fort intéressantes qui réalisent partiellement le rêve de nos hommes.



En fait, ils sont une photographe et un caméraman qui vendent leur art à la prestigieuse société National Geographic que Will et Tony suivent religieusement depuis des années!


De notre tente, une fois la nuit tombée, en mangeant notre riz frit aux légumes, nous observons tous les quatre le magma s'écouler du cratère devant nous. Avec les étoiles au-dessus de nos têtes, le moment est magique.



Certains se demandent peut-être comment sonne un volcan en éruption? Imaginez le grognement d'un jet qui passe au-dessus de votre tête, de façon permanente. Bonne nuit.


À l'aube le lendemain, nous redécouvrons ce même site sous des couleurs orangées avant de reprendre la route vers notre point de départ.


Pour moi commence l'enfer avec mes genoux de vieille fille de 103 ans pendant que les autres gambadent vers la sortie, heureux de ne plus avoir à monter. Il n'y en aura pas de facile.


Si vous nous demandez si nous avons aimé notre expérience, je vous dirais que ce sera probablement un des points forts du voyage.


Cependant, le tour incluait aussi six gars autour de notre automobile à des fins d'intimidation et une petite engueulade à l'Indonésienne à la toute fin.


On en a marre! Une dernière plongée, et on se pousse.


-Nad à la drôle de démarche depuis 3 jours!


vendredi 3 juillet 2009

Sans titre.

Kuta, Bali





Bali et Lombok, Indonésie

Je n’ai pas trouvé de titre aujourd’hui. Manque d’inspiration, fatigue ? J’aurais pu nommer cette chronique « méli-mélo », mais je trouve ça quétaine, ou « pot pourri », parce que c’est un peu de tout, et ce n’est pas ma meilleure.

Go.

De la porte, j'entrevois la cuisine. La dame fait frire mes rouleaux impériaux en tenant son bébé flambant nu d'une main et la spatule de l'autre.

J'ai fait cuire du bacon une fois en bedaine. J'ai eu mal.

C'est le sixième repas que nous prenons dans ce « warung », ou autrement dit, dans ce petit restaurant local « cheap ». Pas cher, pas cher, et adapté au goût du jour puisqu'il sert un club-sandwich avec du bacon qui est sûrement frit lui aussi un bébé à la main.

Un jour, je vais vous écrire une chronique anti clinique-voyage et parents coincés. On parlera de toutes les bouffes merveilleuses que l'on a eues dans les petits bouibouis et de tous les repas décevants des restaurants à touristes dit « propres ».

Pour l'instant, si vous voulez trouver ledit « warung », c'est simple.

Il faut tourner à gauche après le temple où les hommes flattent leurs coqs - sans double sens - vêtus de paréos et de camisoles « Bintang » puis, à droite et, c'est deux cents mètres après Percy le porc-épic.

Il semblerait qu'il y ait des porcs-épics en Indonésie. Chose que j'ignorais jusqu'à tout à l'heure, comme tout ce que j'apprends sur ce pays depuis quelque temps.

Dans ma tête, je m'attendais à atterrir sur des îles presque désertes, paradisiaques, où personne ne se pointait par peur des tigres et des requins.

Mais non.

À Kuta sur l'île de Bali, avec les vols directs avec Londres et l'Australie, on se croirait en Floride mais les gens plus minces. Bonjour les petites barmaids en vacances, les flasheux qui se pensent surfeurs et les tatoués musclés avec du gel dans les cheveux. Au programme, shopping, alcool et plage. Pour souper ? Burgers, spaghetti carbonara, pizza et PFK. Et quel PFK! Digne des grandeurs de Dubaï ! Sans parler de Ronald qui surf.

Les quelques habitants qui laissent encore des offrandes hindoues aux bords de leurs commercent se les font écraser par la masse de touristes en gougounes Billabong. L'île de Bali est l'une des plus hindoues de l'archipel, tandis que la majorité des Indonésiens se disent musulmans.

Nous y sommes restés seulement une journée bien que nous voulions y faire une pause surf.

Bâtir un itinéraire en Indonésie n'est pas une mince affaire. Impossible d'en faire le tour en une vie, car 17 508 îles éparpillées entre deux continents, ça fait beaucoup de bateaux à prendre surtout pour Nad et son mal de mer.

Je vous ai raconté notre excursion de snorkle où Nad est partie du bateau à la nage sans palme ni tuba jusqu'à la première plage pour toucher la terre ferme ? Surtout après avoir jeté un œil sur le dîner : un tas de riz avec une sardine frite et odorante qui te regarde avec ses grands yeux.

Ce n'est pas grave, Nad, la couleur verte te va si bien.

Sacrée Nad. Elle en aura traversé des épreuves de toutes sortes depuis notre départ. Et ça continue. S'il y a une personne à applaudir au retour, c'est elle !

Mais le retour, c'est dans un an encore !

Il nous reste beaucoup à vivre et l'étape asiatique commence à peine. Nous la poursuivons à une heure de bateau dont les vestes de sauvetage étaient des bouteilles de 20 L d'eau usagées, sur l'île de Lembogan. Toujours touristique, mais plus agréable. Nous passions la moitié de notre temps sur ou dans l'eau. Snorkle, surf, pourquoi pas.



Malheureusement, je n'ai toujours pas d'appareil photo sous-marin pour vous partager nos découvertes. Vous manquez de quoi!

Et là, bien que la distance soit courte, nous passons les douze prochaines heures dans deux bateaux et deux bémos pour nous rendre à l'île de Lombok à manger du « Nasi Campur » dans des cônes de papiers.


Lombok est l'île voisine et il nous tente beaucoup de la visiter de font en comble, mais nos premiers contactes avec les habitants sont décevants. Nous dormons la première nuit à Senggigi, une place sans aucun charme, mais qui, j'ignore pourquoi, est remplie d'hôtels de luxe. On dirait que les gens se pointent ici pour s'étendre sur une chaise longue derrière les clôtures à barbelés.

Tant pi pour eux.

Enfin, 4h30 du matin, l'appel de la mosquée nous réveille. C'est un départ pour une vraie aventure. Au programme, engueulades, intimidation et volcan en éruption!

-Will