Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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dimanche 28 juin 2009

Mettre un bémol à un bémo.

Lembogan

Bali, Indonésie


En débarquant à l'aéroport de Denpasar sur l'île de Bali en Indonésie, le choc à été aussi brutal qu'un coup de pied dans les valseuses. L'art de la négociation et l'obstinage est de retour plus que jamais. Après nos quelques mois entre le Brésil, l'Uruguay, le Chili et l'Argentine, nous n'y étions plus habitués.

Ça commence en force car il faut se trouver un transport jusqu'à Kuta, notre première destination, là où tout le monde va et où je n'irai plus jamais.


Ici, en Indonésie, on retrouve les « bémos », ni plus ni moins qu'une vannette un peu déwrenchée qui fait office de taxi, sans le compteur, et dont le chauffeur n'a pas l'intention de mettre un bémol sur ses prix. Il y a aussi les taxis, avec compteur, qui se font beaucoup plus rares et discrets, mais qui valent la peine d'être dénichés, ne serait-ce que pour éviter de donner son argent aux « bémos ».


Pourquoi je vous parle de ça ?


Le point est que les chauffeurs de « bémos » que j'ai eu la malchance de croiser jusqu'à maintenant sont de beaux escrocs comme tous les autres commerçants qui font affaire directement avec le touriste. C'est franchement pathétique.


Il faut s'armer de patience et de détermination à chaque mouvement de voyage. Passer d'une ville à une autre devient une mission épuisante. Acheter une bouteille d'eau est périlleux. Un fruit sur le bord de la rue revient plus cher qu'à Québec. Chaque geste et chaque transaction, chaque fois qu'un vendeur veut nous voler, chaque fois, on se détache un peu plus du pays que nous voulions découvrir les yeux grands ouverts.


Un exemple ?


On va au port pour prendre un ferry public au prix fixe : 31000 rupiahs, imprimé en noir et blanc sur le ticket. Je demande à un gars de nous indiquer où est le bureau pour acheter le billet. Il nous amène évidemment à sa propre agence et essaie de nous vendre un package inutile et trop cher car le bateau part dans 5 minutes – bien entendu - histoire de nous mettre de la pression. On se rend finalement à quelques pas du quai, où un gars essaie de nous vendre le billet 40 000 et le ferry lève l'ancre dans 40 minutes. On trouve finalement le bureau officiel et nous réussissons à acheter le billet au prix indiqué dessus. Le bateau part 1h10 en retard. Deux Montréalaises se sont fait vendre le même trajet et un transport en bémo sur vingt kilomètres pour 250 000 rupiahs, bonjour la crosse.


Des anecdotes comme celle-là, je pourrais vous en écrire jusqu'à demain matin. Mais, j'ai envie que vous ayez le goût de voyager, alors je vais vous raconter une petite histoire.


Un matin, sur l'île de Lembogan au large de Bali, on a nagé avec les plus grandes raies du Monde : les Mantas. Dans l'obscurité d'une eau agitée au bord d'une falaise sous l'ombre des grands rochers, apparaissent sporadiquement des créatures de 3 à 5 mètres d'envergure qui ne connaissent pas la gravité. Nad et CJ vous diraient que la première fait peur, mais qu'au final, on s'attache à ces animaux si élégants.



Un midi, on a fait du snorkle dans des eaux turquoises et limpides. Se laissant flotter au-dessus d’un monde complètement différent. Des poissons aux couleurs et aux motifs dignes du meilleur trip de drogue. Du poisson-ange, à l’étoile de mer jusqu’aux petits longs jaunes avec la face de crocodile, si ce n'était de l'inconfort d'un tuba, j'y serais encore.



Un après-midi, on a construit un cerf-volant en forme de manta avec un sac de poubelle, de la soie dentaire et des languettes de bambou. Les locaux ont bien ri n'ayant confiance que l’étranger puisse bâtir quelque chose de ses propres mains. Nous avons joint l’escadron déjà en vol.



Un soir, nous avons observé le retour des cultivateurs d'algues qui puent au couché du soleil. Un moment magique sur toutes les côtes du Monde où les gens prennent le temps de parler ensemble, de faire des courses de bouchons, de relaxer et d'observer ce spectacle gratuit que nous offre la nature quotidiennement.


C'est aussi ça, l'Indonésie. Cinq jours sont écoulés et nous avons déjà tant à raconter et tellement de questions. À commencer par une qui me trotte dans la tête depuis tout à l'heure : pourquoi le gars pisse sur le mur quand il y a deux urinoirs libres et fonctionnels avec le petit sent-bon en prime directement à côté de lui ?


Sur ce, on se reparle bientôt.


-Will

jeudi 25 juin 2009

Bilan de l’Amérique Latine

Bilan de l’Amérique Latine (budget, itinéraire, transports, coups de coeur) dans le cadre d’un tour du monde de deux (2) ans.

Vous trouverez ici le bilan en détail pour chaque pays.

Itinéraire final en Amérique latine

Nous devions traverser l’Amérique Centrale de Cancun à Panama City. Les aléas de la vie ont changé l’itinéraire; nous n’aurons traversé que 4 pays : le sud du Mexique, le Guatemala, le Belize et un peu le Honduras. Nous avons recommencé le périple à partir de la Colombie, traversant au Pérou par le fleuve Amazone évitant de visiter l’Équateur (pourquoi ? parce que nous y reviendrons pour visiter les îles Galápagos), suivi ensuite du Pérou, de la Bolivie, puis 1 mois en Patagonie chilienne et argentine, l’île de Pâques, le sud du Brésil et l’Uruguay. Nous quittons l’Amérique du Sud par un vol Buenos Aires à Kuala Lumpur (qui fait escale en Afrique du Sud pour les intéressés).


Afficher Nad et Will autour du Monde - chroniquelemonde.com sur une carte plus grande

Si c’était à refaire ?

Nous aurions pu commencer par la Patagonie pour remonter jusqu’au Mexique, de façon à alléger le sac durant la progression et profiter de plus de possibilités de billet d’avions pour la suite du voyage via Los Angeles ou une autre grande plaque tournante). Tout dépend des saisons et des dates de voyages. Sinon, d’après nos recherches, il semble moins cher de voler en Afrique via le Brésil que d’aller en Asie via l’Argentine. Cependant, il y a toujours les vols de Santiago vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande pour ceux qui veulent visiter ces pays. Ceux qui ne veulent pas nécessairement voir ces derniers devraient considérer atterrir quelque part en Australie et se rendre dans une des villes desservies par AirAsia.com (Melbourne, Perth, Gold Coast) pour se rendre à Kuala Lumpur ou Bangkok. Cette dernière option me paraît la moins chère après coup.

Une autre option d’itinéraire en Amérique du Sud qui me semble génial serait de faire la boucle Bogota à Quito, dans le sens des aiguilles d’une montre en passant par le Venezuela, Amazonie via Manaus et Belem, toute la côte de Brésil, Buenos Aires, nord de l’Argentine ou Iguaçu et Paraguay, Bolivie, Pérou et finalement terminer en Équateur pour voler de Quito, ou de Bogota.

Budget (Amérique du Sud et Centrale : Visas, avions, vie, assurances, etc)

LA question qui vient à l’esprit. Combien ça coûte ? On vous ouvre notre livre de finances!

Pour ceux qui tombe sur ce document et n’ont pas suivi le blog, sachez qu’on a couvert beaucoup de distance et « tripé » en masse. Avec un peu plus de discipline, de l’autostop et du temps, c’est facile – mais pas tant que ça – de voyager pour moins cher.


Les détails.

Budget vie en Amérique Latine (logement, nourriture, transport sauf avion, activités, etc.)

Les grandes dépenses en Amérique Latine (avions, visas et assurances)


Il faut comprendre que nous n’avons pas inclut la liaison entre le Honduras et la Colombie. Nous avons dû retournez au Québec pour des problèmes d’ordre familial et le prix de ce détour ne représenterait pas bien le coût du voyage. Ceux qui voudraient traverser toute l’Amérique Centrale et se rendre en Amérique du Sud par la suite (ou vice-versa) devraient prévoir un vol Panama-Colombie (Medellin ou Bogota) ou Panama-Équateur (Quito) de l’ordre de 350 à 500 CAD l’aller simple. Il existe également une liaison par bateau privé entre Colon (Panama) et Cartagena (Colombie) qui passe par l’archipel des San Blas (!). Je ne connais pas le prix mais, j’ai bien l’intention de l’essayer un de ces jours.

Pour les Québecois qui lisent le blog, sachez que pour l’Assurance Croix Bleue, il faut être toujours valide à l’Assurance Maladie du Québec. Ce qui veut dire de s’absenter au maximum 6 mois par année et qu’une fois au sept ans, vous avez le droit de prendre une année complète hors du pays en gardant la validité.

Se déplacer en Amérique Latine
(Plus de détails dans les bilans par pays ici.)

Bus
Il est facile de trouver des liaisons de bus partout. Les grandes villes sont toutes reliées entre elles. Il est même possible d’acheter des bus pour des trajets internationaux tels que Lima-Buenos Aires, Buenos Aires-Rio de Janeiro, Lima-Quito, etc. Le Chili, l’Argentine et le Brésil ont définitivement les meilleurs routes, tandis que la Colombie, le Pérou, la Bolivie et l’Amérique centrale (sauf Mexique) se font compétition pour le titre des pires.

Bateau
Il existe une liaison non fréquente entre le Bélize et le Guatemala. La plupart des voyageurs l’empruntent pour se rendre au finalement au Honduras.
Il est possible de parcourir tout le fleuve Amazone en bateau. Il existe entre autres des liaisons Iquitos-Yurimaguas, Iquitos-Leticia, Leticia-Manaus et la plus populaire ; Manaus-Belem. Il est même possible terminer ou de commencer en Équateur sur des bateaux de transport de l’Armée. Encore une fois, liaison non-fréquente et ça prend beaucoup de temps.

Avion
Dispendieux. Privilégiez les vols nationaux qui sont beaucoup moins chers et souvent exempts de taxe de départ. En Argentine et au Brésil, certains vols peuvent être avantageux par rapport aux bus onéreux. Regardez pour une air-pass si vous comptez passer beaucoup de temps au Brésil.

Les top 3, pour le fun.

Grandes villes les plus agréables
1- Bogota (Colombie)
2- Buenos Aires (Argentine)
3- Rio de Janeiro (Brésil)

Plus petites villes les plus agréables
1- Huanchaco (Pérou)
2- Taganga (Colombie)
3- San Cristobal de las Casas (Mexique)

Les meilleures plages
1- Parque National Tayrona (Colombie)
2- Île de Pâques (Chili)
3- Huanchaco (Pérou)

La meilleure nourriture
1- Mexique (sopa de limon, tacos, quesadillas, pollo asado, tostadas, etc)
2- Argentine (excellente viande, empanadas, pain, fromage et bon vin)
3- Brésil (abondance de fruits provenant de l’Amazonie, feijoada, churrasco et cachaca!)

Les paysages à couper le souffle
1- Uyuni et Sud Lipez (Bolivie)
2- Parque National Torres del Paine (Chili)
3- Les Andes du Pérou.

Les gens les plus attachants
1- Uruguayens
2- Colombiens
3- Brésiliens

Les sites historiques les plus marquants
1- Moaïs de l’Île de Pâques (Chili)
2- Machu Picchu (Pérou)
3- Tikal (Guatemala)

Dépaysements les plus intenses
1- Le quartier de Bélem à Iquitos (Pérou) et l’Amazonie en général.
2- Cabanaconde (Pérou)
3- Marché – et gare de bus by the way – de Quetzaltenango (Guatemala)

Hors des sentiers battus (du moins, un peu)
1- Voyage en bateau sur l’Amazone de Leticia à Yurimaguas via Iquitos (Colombie et Pérou)
2- Autostop en Terre de Feu (Argentine et Chili)
3- Camping sauvage sur l’île de Pâques (Chili)

Meilleures ambiances
1- Fête de famille au bord de la rue à Valladolid (Mexique)
2- Bar en panne d’électricité au festival de la lumière à Villa de Leyva (Colombie)
3- Sérénité et fraîcheur de Cabo Polonio en saison morte (Uruguay)

Une pincée de nos meilleurs moments
1- Se faire des tacos « old el paso » après un trek de 100 kilomètres ! (Chili)
2- Couchsurfing à Buenos Aires (Argentine)
3- Pêche du soir avec les locaux à Caye Caulker (Bélize)

Une pincée de nos pires moments
1- Se faire voler un sac à la gare de bus de Buenos Aires (Argentine)
2- Traverser la frontière Bolivie-Argentine avec une turista à son apogée.
3- Faire de l’équitation à Tupiza – Ostie que c’est plate l’équitation! (Bolivie)

Transports les plus pénibles
1- Uyuni à Tupiza (~200 km.) en 30 heures dans un bus mouillé (Bolivie)
2- Trajet qui ne fini plus entre le Bélize et le Honduras en bateau/bus/taxi/collectivo/etc.
3- Pérou et Bolivie dans leur ensemble !

Villes les plus moches
1- La Ceiba (Honduras)
2- Villazon (Bolivie)
3- Quetzaltenango (Guatemala)

Et pour finir en beauté :

Les plus longues heures sur le trône
1- Bolivie (même Will a eu la chiasse dans ce pays)
2- Mexique
3- Guatemala

mercredi 24 juin 2009

De l'Argentine à la Thaïlande par le chemin le plus long!

Dernieres provisions de Dulce de Leche.

De Buenos Aires, Argentine à Bangkok, Thaïlande


Cela fait quelque temps que l'on ne s'est pas parlé, nous en sommes désolés. C'est en fait nous devions faire de multiples adieux.

Premièrement, à notre amie Alex qui devait repartir plus rapidement que nous vers la réalité. Nous avons passé des moments inoubliables ensemble. Reviens quand tu veux, on n'est pas « sorteux » !

Ensuite, nous sommes allés passer un peu de temps avec notre nouvel ami Samy qui nous accueille si bien chaque fois. Bien entendu, il y a eu quelques coudes légers ce soir-là et plusieurs petites sœurs, faisant en sorte que nous avons squatté son divan et son tapis. Toi aussi, c'est quand tu veux pour un tour de la Gaspésie ou un kayak dans le fjord du Saguenay. Ça va être l'fun en sale!

Puis finalement, nous devons faire nos adieux une fois pour toutes à Buenos Aires, cette ville qui nous a vues trois fois échouer avec nos sacs à dos. Nous t'avons bien aimé mais, comme toute bonne chose a une fin, nous prenons le bus de ville, direction l'aéroport.

Deux heures d'inconfort et de somnolence profonde plus loin, nous y étions enfin. J'avais déjà fait ma visualisation pour le voyage. Environ vingt heures jusqu'à Kuala Lumpur puis, un petit deux heures jusqu'à Bangkok pour rejoindre Tony et CJ qui y voyagent déjà depuis un mois. Fastoche!

Tous mes avoirs sur le dos, j'entre et me dirige vers le tableau annonçant les départs, histoire de vérifier le numéro du guichet pour obtenir nos cartes d'embarquement.

Puis elles apparaissent, les grosses lettres rouges qui me font me demander si je dois sacrer ou pleurer! CANCELED.

Non, ils ne peuvent pas me faire ça. Moi, aujourd'hui, je vais en Asie entamer la deuxième partie du voyage. Tout est prêt, je porte même mes vêtements d'avion frais lavés pour l'occasion!

Will, quant à lui, est très calme et m'entraîne vers le guichet de Malaysia Airline. Je tente de me contenir peut-être n'est-ce qu'une erreur.

On nous y confirme tout de même la chose avec la spécification que nous ne partons pas dans quelques heures ou demain matin mais, bien dans deux jours.

Quoi! Deux jours encore. C'est maintenant confirmé, il y a une force spéciale qui tente de nous faire rester dans cette ville. Je commence à me dire que nous devrions peut-être y emménager, que c'est notre destin?

Comme prix de consolation, on nous loge, nous et une trentaine d'Asiatiques dans la même situation que nous, au chic hôtel Presidente. La distribution des chambres est longue. Vous devriez voir un Argentin tenter d'appeler un Ying Tran Bin et un Ming Mui Ban!

Nous en profitons donc pour relaxer dans un luxe superficiel auquel nous ne sommes plus habitué et auquel il ne faut pas s'accoutumer, regardant la télé câblée et mangeant au restaurant de l'hôtel quand c'est l'heure.

Will saisit aussi l'occasion pour attraper une petite grippe porcine, qu'il cuve bien au chaud dans un lit douillet avant de me la refiler le jour du départ. Rien de mieux que d'être congestionnée jusqu'aux yeux pour passer une vingtaine d'heures dans les airs! Le timing féminin comme dirait mon chum, moi j'appelle ça de l'ingratitude.

Puis le jour « J » arrive enfin. La navette nous attend à la porte et cette fois-ci, rien ne pourra m'empêcher de passer vers la maison de Bouddha. C'est d'un pas assuré que je me dirige en quête de mon laissez-passer.

Ce que Nad veut, Dieu le veut. Je le tiens enfin entre mes mains. Buenos Aires - Bangkok avec seulement une escale à Kuala Lumpur. Du moins, c'est ce que nous pensions.

Notre avion pense cependant que c'est plus payant de prendre une direction différente pour se poser à Cap Town. Une heure et demie d'attente pour faire nettoyer l'avion et prendre des passagers puis nous repartons.

- Bienvenu à bord de Malaysian Airline, ici votre commandant de bord. Nous amorçons notre décollage vers Johannesburg, merci de voler avec nous et bon vol.

Décidément, il n'y en aura pas de facile sur ce coup-là. De plus, l'avion est rempli d'enfants, étrangement tous de deux ans et moins, pleurant à tour de rôle. Et moi, je morve comme jamais!

Nous atteignons tout de même la terre promise deux jours plus tard, épuisés mais le sourire aux lèvres.

Bonjour touk-touk, marchandise contrefaite et sauces épicées qui décongestionnent. Nous t'avons tant espéré.

Tout ça pour quelques heures sur Kao San Road. Car nous repartons, tantôt…

- Nad qui parle du nez en savourant un phad-thai.

jeudi 11 juin 2009

Le discret moustachu.

Lever de soleil sur Punta del Diablo

Punta del diablo, Cabo Polonio, Montevideo et Colonia, Uruguay

Quand je parle ça fait de la boucane. Il fait froid comme un automne avancé à Québec. Le bus nous laisse à 5 heures du matin au milieu de nulle part, dans ces zones du Monde que l'on appelle des frontières.

Chuy est une ville où vaut mieux ne pas traîner trop longtemps, mais c'est le seul endroit avant des kilomètres où il est possible de retirer de l'argent. Possible étant un très grand mot. Nous n'avons le choix d'y passer la journée attendant l'ouverture de la seule banque qui prend Visa, et comme vous le savez, les banques ne sont guère des lève-tôt. Nous attendons tout de même le lever du soleil pour s'y rendre, tuant le temps autour d'un foyer bien chaud que nous offrent les gentils douaniers uruguayens, une race à part.

Chuy, c'est chewy. Chewy comme quand tu manges un sandwich au poulet et que tu pognes par surprise un bout de cartilage. Non, c'est pire. C'est comme quand tu manges une feijoada au Brésil et que tu sors de ta bouche quelque chose qui ressemble à un bout de poche de porc les poils bien raides que tu pourrais te brosser les dents avec. À Chewy, c'est comme ça. Les chiens errants ont en moyenne 3.4 pattes et des maladies de peau. Le camion de vidange est une charrette tirée par un vieux cheval pas très vapeur. Il fait froid, c'est gris, c'est triste et le seul endroit où ça sent bon c'est dans la boulangerie. En face, c'est le guichet et à côté, le gars qui tient une barre de fer et qui demande 10 pesos - double clin d'œil - à un Québécois que nous rencontrerons plus loin dans l'histoire.

Bref, n'y allez pas.

Ceci étant dit, le sujet de la chronique d'aujourd'hui est l'Uruguay, l'oublié. Le petit pays entre les deux gros ; celui qui n’est même pas nommé dans le titre du Lonely Planet, le subtil et discret moustachu.

Je ne sais pas pourquoi on a décidé d'y aller, probablement parce que la plupart des voyageurs croisés sur la route nous disaient de passer notre tour car c'était ennuyant et qu'il n'y avait rien à faire.

On avait envie de voir de nos yeux, que nous ouvrons car c'est notre arrêt. Nous descendons ici à Punta del Diablo en pleine nuit à 18h00. Ici, le soleil est paresseux. Peut-être n'a-t-il pas envie de rayonner que pour quelques touristes hors saisonniers qui se pointent dans un village de plage en plein hiver ? Drôle de plan, mais je n'aurais pas demandé mieux. Le village est désert, presque tout est fermé, on a l'endroit pour nous seuls et c'est génial. Il n'y a rien à faire, c'est vrai. À moins que marcher sur de longues plages désertes vous intéresse ? Ou bien, regarder le levé de soleil sur les bateaux de pêcheurs ? Ou tout simplement profiter du vent marin frais et pur ?


Si la réponse affirmative vous fait envie, vous aimeriez sûrement Cabo Polonio. Nous y sommes arrivées encore en pleine nuit, à 19h00, à l'entrée des dunes qui séparent le village du reste du Monde. On cogne à une porte pour demander comment faire pour se rendre au « downtown » à une heure pareille ? La gentille dame nous répond qu'il faut aller là, où vous voyez une petite lueur, et acheter un passage en 4X4.

Prêt à tout, un Uruguayen prenant place dans le même véhicule nous demande si nous connaissons l'endroit pour arriver aussi tard. La réponse étant non, et lui apprenant que nous avions l'intention de camper sur la plage, d'un rire sympathique il nous dit qu'on est fou.

Alex, sur lesdites dunes

Justement, le camion doit passer par la plage en fin de trajet, et le vent glacial nous convainc de nous trouver un endroit plus chaud où dormir.

Le même homme d'une amabilité nous accompagne partout dans le village (5 minutes à pieds d'un côté à l'autre) nous faisant visiter l'endroit et demandant à Pancho de nous ouvrir une chambre dans son hostel éclairé à la chandelle. Le prix n'inclut pas le déjeuner, mais Pancho nous offre rapidement un verre de vin, de rhum, « un porro amigo » ?


Cabo Polonio est un endroit particulier. Quelques habitants entassés sur une pointe sablonneuse au bout de laquelle se trouve un joli phare, l'un des seuls bâtiments à avoir l'électricité. L'endroit est un refuge pour la deuxième plus grande colonie de loups de mer, soit 150000 bêtes éparpillées sur 4 îlots et au pied du phare.



Écoutez, je n'en dirai pas plus. L'Uruguay est à découvrir. Certes, ce n'est pas spectaculaire. Montevideo est une ville parmi tant d'autres, Colonia c'est un peu joli, mais que se sentir bienvenus toutes les minutes dans un pays est un sentiment qui vaut bien des Machu Picchus. Les Uruguayens sont les gens les plus aimables que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Tellement gentils, sympathiques et serviables, que juste aller à l'épicerie en est émouvant.

Allez voir, ça vaut le coup.

Ah oui, le Québécois plus loin dans l'histoire, c'est un gars qui est débarqué par hasard à la même auberge que nous. Et justement, j'avais deux sachets de sauces brunes dans mon sac… Une p'tite poutine mon ami ?


-Will

dimanche 7 juin 2009

La plage en polar!



Florianopolis, Brésil.

En nous dirigeant vers Florianopolis, juste au nom, je m'imaginais arriver dans une belle ville fleurie et chaude au bord de la mer.

Note à moi-même: ne pas me fier au nom des villes, c'est très poétique, mais sans plus et cela induit en erreur!

En fait, nous arrivons dans une grande métropole certes, au bord de la mer mais, pas tant fleurie et sans aucun doute froide. Rebonjour kit de Patagonie, tu ne m'avais pas manqué!

C'est au coin de chez Big Pao et Big portion que nous restons plantés comme de vrais touristes perdus. Sacs au dos, nous sommes difficiles à manquer.

En fait, nous ne sommes pas vraiment égarés, nous avons rendez-vous. Un autre divan nous ouvre les bras pour nous accueillir quelques jours. En réalité, ce n'est pas le divan, mais une Brésilienne avec un chandail des Canadiens de Montréal qui nous ouvre grand ses bras mêlés d'une bonne odeur de pain frais.

Je dis odeur de pain frais car en portugais, pao veut dire pain. On prononce paon, comme l'oiseau. Cette langue est un peu difficile à apprendre mais, quand on porte attention, on se rend compte qu'il suffit de parler un mélange d'espagnol et de français de la même façon qu'on le ferait si on avait une grosse sinusite.

La température n'étant pas de notre côté, nous en profiterons pour nous faire une amie et plonger dans sa collection de films. Home sweet home comme on dit. Ça fait du bien parfois.

Mais, comme toute bonne chose a une fin, nous la quittons au bon matin pour voler de nos propres ailes. Direction Barra de Lagoa, un village de pêcheurs non loin réputé pour son ambiance de fête et son surf.

Combien grande fut notre déception en arrivant dans cet endroit complètement mort. Nous sommes hors saison et tout est fermé ou presque. Même le surf est interdit devant notre hôtel, ordre des pêcheurs locaux.

On nous dit que nous aurions dû venir en janvier en haute saison, mais que pour l'instant, nous pouvions tout de même emprunter des jouets de plage! Quelle compensation. J'en profite pour améliorer mon jeu de raquette de plage. Vous devriez me voir, une vraie pro.

Puis, le soleil se pointe enfin le nez nous sortant un peu du froid. J'ose enlever mon polar. Cela fait je ne sais pas combien de jours que nous vivions en parfaite osmose lui et moi. La déchirure est presque attristante.

C'est dans cette nouvelle autonomie corporelle que nous tentons le sandboard dans les dunes de sable de Joaquina.

Photo d'Alex, pour ses fans.

En bonne Québécoise, je me dis que ce sera un peu plus difficile que dans la neige mais qu'avec mes habiletés de skieuse et ex-snowboardeuse, je devrais m'en tirer pas trop mal.

Deuxième note à moi-même: le sable et la neige n'ont absolument rien à voir ensemble. Ce sont deux entités complètement différentes à ne pas confondre.

Les dunes de sable retrouvées le soir dans mes sous-vêtements peuvent corroborer les faits. Sans compter les muscles de mes cuisses qui ont eu à remonter la dune. Ils n'ont pas de T-bar?!

Bon sur ce, l'expérience fut enrichissante et amusante mais, à ne pas réitérer!

C'est dans cette ville que nous concluons notre visite du Brésil. En trois semaines et demie, nous n'aurons fait qu'un bref survol de ce grand pays mais, nous nous promettons bien d'y revenir un jour pour l'explorer plus en profondeur dans le nord.

La gentillesse de gens m'aura beaucoup marquée. Toujours nous avons été bien accueillis et aidés. Il règne une chaleur humaine qui nous aura fait apprécier même les coins un peu plus frisquets.

En terminant, je n'ai qu'un conseil:bien maîtriser vos gougounes avant de partir, chose qu'Alex n'avait de toute évidence pas faite. C'est du moins ce que j'ai remarqué, car quand tu réussis à t'érafler un genou en tombant sur les fesses au milieu d'un pont, c'est que tu dois être très mal chaussée, maladroite, ou trop malchanceuse. Vous lui demanderez à son retour!

-Nad, bien exfoliée.

lundi 1 juin 2009

Watch out!

Paraty

Ilha Grande et Paraty, Brésil

Après Rio, nous nous dirigeons vers la gare d'autobus, chose rendue plus qu'habituelle pour nous. Toujours nous retrouvons nos amis vendeurs de tickets aux couleurs multiples. Je crois que si je les gardais tous, je pourrais certainement les enligner et faire une banderole qui relierait tous les pays de notre planète ensemble. Mais bon là n'est pas le sujet d'aujourd'hui.

Nous prenons donc un premier bus dans lequel je m'endors immédiatement, chose qui aussi est plutôt récurrente dans mon cas. Si j'additionnais toutes les heures que je m'apprête à dormir sur la route dans ce long voyage, je crois que pourrais rendre jaloux tous les insomniaques. Un certain André Brugiroux, a dit : j'ai visité tous les pays de la Terre, et bien moi, je pourrai toujours dire que j'ai dormi « tous » ses bus, ou presque. Mais là n'est encore pas le sujet.

Tout ça pour dire que nous nous retrouvons les six gougounes au port d'Angra pour prendre un bateau vers Ilha Grande que l'on nous décrit comme un petit paradis.


Direction l'île au passé étrange. Ancien repaire de pirates, lieu de quarantaine pour les voyageurs voulant entrer au Brésil en 1870 puis, prison à sécurité maximale jusqu'en 1994, on peut dire que ce lot de terre n'a pas toujours accueilli de petits blancs-becs en maillots de bain.

Ici, nous sommes à la recherche d'aventure et d'émotions fortes. Nous nous engouffrons donc les sentiers dans la jungle pour y dénicher quelques bêtes sauvages. Résultat, qu'un minuscule singe avec de longs poils blancs qui lui sortent des oreilles nous fait la pause. Pour l'aventure, on repassera.

Par contre, les crabes qui se font des commandos une fois la nuit tombée autour de nos tentes invitent à la prudence et la vigilance. On ne sait jamais ce qui peut bien se passer dans une tête de crabe lorsqu'ils nous regarde droit dans les yeux tout en se déplaçant de côté. Ne jamais leur faire confiance.

Et que dire de la chauve-souris au radar défectueux qui me frôla le nez après avoir avalé je ne sais combien de moustiques en survolant la mer. Je n'ai qu'une seule chose : la modération a bien meilleur goût et que je confirme que ces créatures sont hideuses.

Ilha Grande possède aussi une très belle plage nommée Lopes Mendes que nous ne verrons pas, préférant prendre un tour de bateau avec de faux attraits touristiques. Petite erreur de parcours, ça arrive!

Après quatre jours de plage et d'alcool cheap, la route nous appelait dans un de ces bus de ville casse-cul du Brésil. Ici, les chauffeurs de transport en commun sont dans leur tête tous des pilotes de formule 1, mais, n'ont entre les mains que de vieux bolides sans suspension. Bref, j'ai besoin de bien m'agripper car ça saute dans tous les sens et pas question de ralentir dans les courbes.

Paraty, terminus, tout le monde descend.


Cette charmante ville coloniale aux petites maisons blanches aux volets colorés est franchement magnifique. Bordée par la mer et les montagnes, on y glisserait bien volontiers nos pantoufles en dessous du lit. Par contre, en parlant de pantoufles, je dois avertir nos lecteurs beaucoup plus âgés que ce n'est pas une ville accessible à tous.

Je m'explique. Les rues ici ont été faites, je crois, plus pour le look que pour nos amis les aînés. En effet, entièrement faites de grosses pierres inégales, une personne en marchette s'y retrouve vite en difficulté.

Nous les bravons tout de même sans relâche pour atteindre le festival du divin esprit saint chaque fois que nous en avons l'occasion.

Je vous sens déjà réagir suite à cette affirmation mais, je vous rassure, nous ne sommes pas passés du côté obscur des sectes religieuses.

En fait, sous chaque petite tente de ce festival, se trouvent de succulentes brochettes variées mais surtout, des brochettes de fromage grillé. Non mais quel délice, je crois que ce sera la seule divinité rencontrée par ici. Parlez-en à Alex, elle vient d'offrir une retraite bien dorée à la vendeuse de ce péché.


Elle aura d'ailleurs été bien punie pour sa gourmandise le jour de notre expédition dans la forêt vers le fameux toboggan naturel.

Quoi de mieux qu'une immense roche polie par une cascade d'eau et couverte d'algues pour tomber à la renverse et glisser jusqu'en bas? Un tas de roches sous une fille en maillot de bain en sandales. Elle en gardera quelques blessures de guerre.

Heureusement, rien de cassé pour notre amie voyageuse, cette fois-ci. Sera-t-elle aussi chanceuse la troisième fois?

- Nad, qui ne bronze pas de la face.