Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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mercredi 27 mai 2009

Ce soir à Radio-Cannabis.

Rocinha et son voisinage aisé

Rio de Janeiro, Brésil.

« S'il vous plaît, si vous apercevez quelqu'un avec un fusil à la main, ne le prenez pas en photo. »

Sur les sages paroles de notre guide, nous entrons de manière brusque dans la plus grande favela de Rio de Janeiro ; à dos de motocyclettes conduites par des fous du guidon !

Des gars nous conduisent au point le plus haut du quartier. C'est comme ça, ici, ils font office de remonte-pente. Assis derrière le chauffeur, je m'agrippe à ce que je peux sans oser me tenir après le gars. À peine le temps de fermer mes doigts sur les petites poignées de métal qu'il met le gaz au fond. À une vitesse folle, dépassant tout le monde à gauche à droite, sens inverse en veux-tu, dans une courbe, entre deux camions, tasse-toi matante, on parcourt la route sinueuse pendant quelques minutes qui déroulent parfois au ralenti. Je pleure de vent dans les yeux. J'ai la face dans la tempête. Je n'ai pas de casque. Faudrait pas que ma mère sache ça.

J'attends les filles avec impatience. C'est une Japonaise qui arrive en deuxième ; elle est blanche comme du riz, incertaine de ses émotions. Elle ne se sentait vraiment pas comme un poisson dans l'eau. Par chance que la situation n'a pas tourné au vinaigre.

J'ai tu le goût de sushi moi ?


Enfin, revenons à ladite favela. Nous sommes en plein cœur de Rocinha, le plus grand bidonville de Rio. Autour de 200 000 habitants qui vivent entassés sur un flanc de montagne dans des conditions qui sont loin d'être exceptionnelles, mais bien moins pires que je m'imaginais. Certaines rues sont asphaltées, les maisons sont presque toutes cimentées et illégalement reliées au réseau électrique. Le problème que je vois, c'est les égouts à ciel ouvert, la gestion des déchets et le manque en eau courante. Ils se débrouillent souvent en récupérant l’eau de pluie, chose que tous devraient faire, mais pour les égouts et les déchets, on repassera. Le guide nous assure que d'autres favelas sont bien plus crasses que celle-ci.

Rocinha est synonyme d'espoir pour ses cinq cents petites sœurs. Elle est l'hôte d'une multitude de petits et plus grands business émergeants des talents cachés sous les préjugés. Je pense entre autres à une organisation de femmes qui emploie maintenant plus de 100 d'entre elles dans la production d'artisanat et dans la couture allant même jusqu'à produire pour de grands designers tel que Paul Smith. (Coopa-Roca) Nous avons personnellement visité un atelier à plus petite échelle de jeunes artistes de la rue qui se sont partis en affaires. Pas mal ce qu'ils font. (ArtFavela)

Reste que le problème majeur des favelas est qu'elles sont en majorité contrôlées par des gangs de trafiquants de drogue. Les amis des amis (Amigos dos Amigos) contrôlent Rocinha, de la vente de drogue jusqu'au câble TV. Imaginez si le câble de Québec était contrôlé par des « badboys ».

« Au programme, ce soir à Radio-Cannabis;

19h00 : Jean-Luc Mongramme en entrevue exclusive à Les Francs Tireurs
20h00 : Maman Dion cuisine la pomme grenade.
21h00 : (Cinéma) Mari a un je ne sais quoi.
23h00 : 110 pour sang »

Je blague, mais la situation n'est pas drôle. Les favelas sont un problème majeur au Brésil. Le petit pourcentage de bandits influence la vie de tous les autres. N'importe quand, une guerre peut éclater dans des favelas où vivent des familles normales et paisibles. Les armes qui, selon notre guide, proviennent du Paraguay, sont parfois de calibre démesuré allant du M-16, au AK-47 jusqu'aux grenades. Certains jeunes dès le très bas âge intègrent le réseau de trafiquants en tant que guetteurs aux entrées de la favela. Armés d'un walkie-talkie, ils peuvent sonner l'alerte d'une présence policière ou de quelconque menace. Ayant fait leurs preuves, ils peuvent alors accéder au poste de vendeurs de drogues, pour ensuite évoluer dans l'organisation d'opérations et enfin, s'il ne sont pas déjà morts ou arrêtés (en moyenne entre 16 et 30 ans), ils pourront peut-être devenir chefs. Bref, beaucoup de possibilités d'avancement.

Quelques jeunes rencontrés au passage

Sinon, les jeunes normaux font ce qu'ils peuvent pour gagner leur vie malgré la discrimination qu'ils subissent. On nous dit qu'un jeune venant d'une favela est rapidement reconnu par les autres de classe moyenne (entre guillemets) notamment à cause de leur parlé qui est différent. Heureusement que le surf et le football sont là pour unir les jeunes peu importe leur provenance.

-Will

dimanche 24 mai 2009

Gros Jésus et pitounes en « string ».

Fête du dimanche à Ipanema.

Rio de Janeiro, Brésil

En janvier 1502, un navigateur Portugais s'est pointé à l'embouchure d'une grande baie qu'il cru rivière. Il nomma l'endroit « rivière de janvier ». Une rivière en janvier, dans mon pays, c'est de la glace. Ici, en janvier, c'est l'été, il fait chaud et c’est la haute saison touristique.

Rio est la première destination touristique d'Amérique du Sud, rien de moins. Il faut tout de même se rappeler que l'endroit est reconnu mondialement pour ses plages, son « night life », son gros Jésus et ses pitounes en « string ». De quoi satisfaire le vacancier typique et le backpacker en quête de bon temps.

Souvent considérée comme la plus belle ville au Monde, nous avons donc choisi de l'intégrer dans notre petit itinéraire brésilien afin de nous faire notre propre idée.

Plages.

Les plages sont effectivement jolies et ce n'est plus un secret. Le mardi comme les fins de semaine, les kilomètres de sable sont bondés de gens profitant du chaud soleil. Les hommes sont tous musclés et bronzés comme dans les revues et portent un maillot hybride d'un « speedo » et d'une paire de « boxers ». À l'endroit où les vagues viennent et repartent, le sable compacté est le terrain idéal pour ceux qui jonglent avec l'emblème du pays : le ballon de football pas américain. Si vous avez le goût d'un tour d'hélicoptère rouge « baywatch » dans un filet à poissons, faites-vous emporter par le courant du large au risque de vous noyer. Pamela ne vous attend toutefois pas au débarquement!


Pitounes en « string ».

Les filles quant à elles sont malheureusement beaucoup moins nombreuses que le sexe opposé et ne sont finalement pas toujours aussi belles qu'on se l'imagine, sauf qu’elles sont toujours en « string ». Pas d’inquiétude. Bien sûr, invisible parce que je porte des lunettes fumées, il m'est possible de scruter l'horizon et de dénicher quelques belles paires de fesses à peine cachées par le maillot. Nad vous dirait qu'ici, si vous voulez un maillot de bain un peu plus discret, vous devrez l'importer du Canada ou demander aux nonnes où est-ce qu'elles magasinent.

Gros Jésus.

Un Christ rédempteur de 38 mètres de haut surplombe la ville du Corcovado et est visible de tous les quartiers. Il est possible d'y monter afin de profiter d'une vue sur toutes les zones de la ville. Chose que nous n'aurons pas faite puisque nous avons choisi d'aller sur le pain de sucre, une autre montagne mythique de la ville. Nous aurons fait le mauvais choix puisque cette semaine, le téléphérique est en entretien et tout est fermé. Je peux vous le confirmer puisque nous sommes même montés à pied sur la montagne intermédiaire sans finalement pouvoir profiter de la vue faute d'accès au belvédère. Prochaine fois.

Le pain de sucre vu de la plage de Botafongo

Night life.

Les cariocas (habitants de Rio) sont en majorité de descendance portugaise et africaine. Et qui dit Afrique, dit chaleur humaine et bonne musique. Vous comprendrez que les Brésiliens ont évolués dans ce sens et que la musique brésilienne, du peu que j'ai entendu, est rythmée et invite à la fête. Une culture de sourire en musique et de bière froide comme une rivière en janvier nous ouvre ses bras. Fait intéressant ; la bière est gardée sous zéro. Je pense que j'aime le Brésil. À Rio même, il faut voir Lapa; un quartier chaud de la ville. Au pied d'un grand pont blanc d'arches à deux étages, la nuit est un party sans fin. Les gens boivent de la bière et de la Cachaça sous des rythmes sambatiques assez sympathiques et de la musique de bar comme l'on connaît.

Autrement, j'ajouterais à tout cela de ne pas rater un tour dans le « bonde », un petit tramway jaune qui assure la liaison du centre-ville jusqu'au quartier de Santa-Teresa. Le quartier en tant que tel est joli, mais sans plus. Le tour de train, par contre, est intéressant. Les quelques places assises se remplissent rapidement et c'est à ce moment que les gens commencent à s'agripper sur les côtés du véhicule à leur risque car le tout est plutôt instable. J’ai bien sûr essayé et ça devient assez excitant lorsqu’on travers de hauts ponts étroits! Le wagon devient à la fois transport public, autobus scolaire, cours de récréation et mirador ambulant.

Est-ce que je vous ai parlé de nos deux amis danois ? En revenant des bars, hier soir, ils ont décidé d'aller voir le levé de soleil sur la plage non loin de l'hostel. Ils étaient quatre gars et se sont tout fait voler à la pointe d'un couteau.

Rio est aussi connue pour les injustices sociales qui la font souvent apparaître dans le palmarès des villes les plus violentes. Avez-vous déjà entendu parler des favelas? Nous sommes allés visiter l'une d'entre elles.

On s'en parle dans la prochaine chronique.

- Will

dimanche 17 mai 2009

Il en faut peu, pour être heureux…!


Parque National Iguazu, Argentine et Brésil

Au total, nous aurons passé 12 jours à Buenos Aires. On nous dit que c'est énorme étant donné que le touriste moyen reste environ 3 à 5 jours, mais nous, nous avions une bonne raison : le sacré visa que le Brésil demande aux Canadiens pour la modique somme de 100$ et qui supposément demande de 7 à 10 jours ouvrables.

Pour nous assurer de l'avoir à temps, nous nous y prenons d'avance. Une chance car, on nous le refuse le premier jour faute de preuve de sortie du pays convenable selon la dame au comptoir. Il paraît qu'un billet de l'Argentine vers la Thaïlande ne prouve pas que nous sortirons du Brésil.

Peu importe, en achetant un billet d’autobus bidon aller-retour pour le Brésil, remboursable, nous finissons par l'obtenir en trois jours. Direction Iguazu patrimoine national de l'UNESCO.

Certains diront que ce n'est que de l'eau qui coule… Oui, mais, c'est tout de même un peu plus que ça. C'est théoriquement 275 cascades sur 2.5 kilomètres et en réalité, une quantité phénoménale d'eau qui se déverse dans un paysage à la Mowgli.

Quand j'étais petite, j'adorais cette histoire avec Shere Khan le méchant tigre, Bagueera la panthère protectrice et tous les autres. Ici, dans ce panorama semblable, on ne retrouve toutefois pas les mêmes espèces d'animaux. Personne ne chante comme Baloo l'ours qu'il en faut peu pour être heureux,vraiment très peu pour être heureux, chassez de votre esprit tous vos soucis en se grattant sur un arbre un peu comme Will fait parfois!

À l'entrée du parc, on nous avise bien de ne pas nourrir les coatis et d'éviter de manger en leur présence. Ne sachant pas ce qu'est un coati, je me questionne sur ce que nous allons rencontrer en entrant dans le sentier menant aux chutes. Peut-être est-ce le nom d'un groupe de gens au régime ne supportant pas la vue de la nourriture?

J'ai rapidement eu ma réponse quand Will a ouvert son sac. Une dizaine de petits ratons laveurs roux à long nez sont sortis de la forêt pour se précipiter sur lui arrachant même un coin de notre sac de provisions.


Puis c'est au tour d'un autre de se lancer à l'assaut d'Alex en s'agrippant à ses fesses pour atteindre son sac. Ils sont vraiment voraces sous leur air de petit animal attendrissant. Un autre, dans un cri de guerrier, va jusqu'à prendre d'assaut la table d'une femme qui allait se mettre à table avec son sandwich à dix dollars pour tout simplement repartir avec son repas en entier.

Mais ce n'est pas la seule espèce particulière du site. Il y a aussi des groupes de collégiennes qui se promènent dans les bois en bikini après avoir fait leur tour de zodiac au pied des chutes. Peut-être que Mowgli se promenait en pagne et que c'était convenable, mais là, le contexte est différent.

Moi, je rêvais de faire comme dans le livre et de me promener de liane en liane pour ensuite me baigner dans les cascades fraîches. Je ne vous cache pas ma déception quand j'ai vu le petit train qui nous emmène de chute en chute avec le club de l'âge d'or dans le wagon voisin. Sans compter qu'Alex s'est fait avertir de ne pas marcher sur le gazon, mais bien sur les trottoirs en acier uniquement.

C'est dans ces moments que tu as la nostalgie du temps où les gens venaient ici et se promenaient comme ils veulent n'importe où. C'est le prix de la popularité de tous ces sites qui perdent un peu de leur côté naturel.


Il n'en reste pas moins que ce parc national, divisé en deux parties entre l'Argentine et le Brésil, est magnifique et que pour en revenir à ceux qui croient que ce n'est que de l'eau qui coule, je vous réponds que c'est plutôt l'ensemble de l'œuvre qui est imposant. De se sentir dans la jungle devant des litres et des litres d'eau est grandiose et restera un bon souvenir.

- Naaaa AAAA aa AA aa … AA aaa AA aad !

vendredi 15 mai 2009

Buenos Aires en cinq services.

Le caminito de la Boca

Buenos Aires, Argentine

Dans sa dernière chronique, Will devait parler de Buenos Aires. Comme je ne suis pas sûr qu'avec ce qu'il a écrit vous ayez pu vous faire une idée des attraits de cette ville, disons que je vais reprendre quelques petits éléments qui sont restés flous.

Parlons nourriture.

La Plaza de Mayo, en plein cœur de la ville, ne fut pas érigée en l'honneur de cette sauce blanche et crémeuse que l'on étend avec tant de plaisir dans un club sandwich, mais bien, en l'honneur de la révolution de mai de 1810. Sa formation serait le fruit de la fusion de la Plaza Victoria et la Plaza del Fuerte lors de l'abolition en 1884 de ce qui les séparait jadis. De plus, un regroupement de mères a de plus contribué à l'effondrement d'un régime militaire autoritaire en manifestant sur cette même place dans les années 70. Bref, un incontournable? Disons que si vous marcher la ville, vous êtes certains d'y passer.

Et en y allant, arrêtez-vous pour un choripan de route ? Ni plus ni moins que le hot-dog version argentine ; une saucisse bien grasse dans une baguette tapissée de chumichurri, une sauce épicée qui ne manque pas d'ail. Will est dépendant.


Pour d'autres produits locaux, pourquoi ne pas visiter les ferias du dimanche. À Mataderos, pour un fromage du terroir, un dulce de leche maison et un spectacle en plein air et, à San Telmo pour la démonstration de tango au crépuscule un petit verre à la main.


Je vous dirais ensuite qu'un seul mot à retenir si vous n’êtes pas végétarien: bife de lomo. Un steak qui fond dans la bouche et donne aux Argentins leur réputation de servir la meilleure viande au Monde. Ils font griller la viande très lentement en ajoutant toujours qu'une petite quantité de charbon de bois à la fois pour une cuisson parfaite. Un pur délice, surtout accompagné d'un savoureux vin du pays.

Puis, un verre entre amis au café Tortoni ouvert depuis 1858. Il y en a qui ont le sens des affaires. On nous y reçoit en grande pompe avec des serveurs en smoking dans un décor à la Titanic et des petites peanuts gratuites!

Trop classique ?

Direction le caminito dans la Boca. Des rues aux maisons colorées, des artisans de toutes les disciplines sans compter, les crieurs à l'entrée des restaurants qui se battent tous pour que l'on s'assoie à leur table. L'un d’eux arrive à nous attirer en nous offrant une réduction sur la Quilmes, la bière locale, en plus d'un spectacle de tango sur sa terrasse.

Encore soif ?

Plongez dans l'underground de la capitale, rendez-vous entre la rue des gothiques et celle des homosexuels au centre-ville. Je n'ai pas besoin de vous nommer les rues, c'est facilement reconnaissable vers minuit. Samy informe tout de même mon chum sans domicile fixe de porter une tenue de ville, obligatoire pour entrer dans les discothèques. Face à son chic pantalon cargo beige taché du village des valeurs, notre hôte s'empresse de lui offrir un jean propre. Je ne le reconnais plus, un nouvel homme!

Comme la fête commence vers une heure du matin et se termine au levé du soleil quand les autres partent travailler, le lendemain, nous nous levons vers 15 heures. Je n'ai donc rien à dire de cette journée mis à part que c'est une journée typique argentine de lendemain de veille, car les Québécois que nous sommes, avec nos bars qui ferment à 3 heures, étions morts de fatigue.

Et en parlant de mort, la Recoleta détient un célèbre cimetière dans lequel on y voit des tombeaux datant parfois des années 1800 dont les vieux cercueils poussiéreux, à la vue de tous, laissent un léger froid dans le dos. Les parcs qui l'entourent sont parfaits pour un pique-nique et une sieste, histoire de faire passer le mal de tête des vodkas-speeds.


Terminez la journée par une promenade à Puerto Maderos, aux abords du Rio de la Plata, où le Puente de la Mujer, avec ses courbes rappelant celles de la femme, nous fait vivre le plus jeune quartier de l'agglomération dans toute sa modernité.

Il est 22h00, c'est le temps d'aller souper.

-Nad, le ventre plein.

mardi 12 mai 2009

J'connais quelqu'un qui…


Buenos Aires, Argentine.

Au Pérou, on a rencontré Rémi et Mélanie. Mélanie a une amie en France qui a un nouveau chum. Le chum connaît Julien qui travaille à Buenos Aires mais, l'amie de Mélanie ne connaît pas Julien. Julien a voulu héberger Rémi et Mélanie à leur passage dans la capitale argentine, sauf qu'il était parti en voyage. Alors, il a décidé de leur prêter son appartement en laissant disponibles ses clés chez Samy. Samy est un Français qui vit également à Buenos Aires près du Mc Gym. À Santiago au Chili, on a revu Rémi et Mélanie. On leur a dit qu'on voulait faire du couchsurfing et ils nous ont dit de contacter Samy.

Nous sommes maintenant chez Samy, un fernet à la main. Vous savez, la boisson italienne ? Mélangée à du Coca Cola, ça donne un fernet-coca, un genre de Rhum and Coke qui goûte le gazon. Peut être consommé en apéritif, en digestif ou en « drink ». Avec Samy, c'est toutes ces réponses, et c'est super.

Notre nouvel ami nous permet de vivre la ville du bon vent un peu différemment de si nous étions le touriste moyen.

À Buenos Aires, le touriste, en général, mangera une « parilla », visitera le cimetière de la Recoleta, ira à la « feria » de San-Telmo et regardera un show de tango dans le « caminito » de la Boca.

Nous le ferons, mais comme nous avons maintenant un nouvel ami ici, nous irons plus loin. Voir même jusqu'à sortir dans un bar gai…

Comme Samy a une amie qui a une amie qui est amoureuse d'un Suédois qui connaît un autre Suédois et que ces deux derniers aiment bien un bar en particulier au centre-ville, nous irons, nous aussi, dans ce bar. Rendez-vous à 1h30 pour être là un peu avant que la fête commence. Quelques heures plus tard, un desdits Suédois se fait surprendre embrassant un autre homme. L'amie de l'amie de Samy est fâchée parce qu'elle était amoureuse du gars qui embrasse maintenant un autre gars. J'ai de moins en moins envie d'aller aux urinoirs à côté des gars en collants et en talons hauts qui se regardent un peu trop longtemps dans le miroir. Nad réussi à nous réveiller à temps pour ne pas rater l'arrêt de bus, 6h30 du matin, bonne nuit.

Marc, est mon meilleur ami et mon voisin. Un jour, à Barcelone en Espagne, nous avons rencontré Alexandra, la fille du rond-point d'à côté. Alexandra est devenue la copine de Marc. Marc est à quelque part au Mexique. Alexandra est ici, avec nous, à Buenos Aires.

Nadia, Natacha, Nathalie, Nadéré, Nathalia, Nadèche, et Natashe, c'est Nad en Amérique latine qui essaie de faire comprendre son nom.

Comme c'est la première soirée d'Alex dans la grande ville, nous exaucerons son vœu de manger la tant réputée viande argentine.

Ce soir, Nadège, Alex et moi irons manger une « parilla ».

Un peu avant minuit, on s'assoit dans le restaurant et attendons avec impatience le plateau de viandes cuites sur le charbon que nous venons de commander.

La saucisse est excellente et grasse à souhait. Les quelques pièces de bœufs aussi. Sauf qu'en dessous de la montagne de viande se trouvent une dizaine de trucs qui ressemblent à des « oignons rings » en plus blancs et en moins oignons.

- On dirait des bouts d'intestins ?



- Ça goûte quoi ?



- Le cul. Il y a une mixture à l'intérieur, c'est bizarre.
- Une mixture à l'intérieur d'un intestin ?
- C'est de la merde, non ?



- Pire, ça goûte le foie de veau.



- Et c'est quoi la grosse verge noire ?
- Hein ?!
- Ah, le boudin tu veux dire!
- C'est quoi du boudin ?
- Du sang et du gras de cochon coagulé et mis dans un boyau.



- Et caché tout en dessous?
- C'est comme du caoutchouc noir et ça a la forme d'une tranche de rein.
- Mieux vaut ne pas savoir.

Bienvenue en Argentine, là où on ne perd rien de l'animal. Demain, Alex, on te fera goûter à un « bife de lomo » pour nous faire pardonner. Tu vas voir, ce morceau de viande fond dans la bouche et tu peux le couper avec une fourchette, c'est testé et approuvé.

Et Buenos Aires ? C'est une immense ville, qui mérite d'être vue. Les grandes places sont superbes, les bâtiments aussi. Les principales zones ont toutes un charme particulier. Le jour il fait vie et la nuit c'est comme le jour.

On dit que Buenos Aires est une ville d'ambiance. Je crois que c'est vrai, et grâce à Samy, nous y aurons goûté. Merci.

-Will

mercredi 6 mai 2009

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?!


Île de Pâques, Chili

N'ayant finalement pas continué notre marche autour de l'île, il nous reste beaucoup à voir.

- Holà, nous voudrions louer un scooter pour la journée.
- Parfait, avez-vous votre permis de moto, car au Chili nous l'exigeons.

Voilà ce que nous nous faisons répondre dans toutes les boutiques de location de l'île. Il n'y a pas à dire, il y en a qui veulent vraiment compliquer notre visite de l'île. Nous devrons encore changer nos plans. Nous qui pensions visiter les différents points d'intérêts tranquillement en motorisé sans trop d'effort, eh bien c'est raté.

Que nous reste-t-il comme option n'ayant tous les deux plus de permis de conduire?

- Ils sont combien les vélos?!

Après avoir bien ri de nous suite à l'explication de notre plan, le padé en chemise à fleurs nous remet les deux meilleures bicyclettes du camping, que l'on n'essaie pas vraiment, parce que de toute façon, ce sont les meilleures! Rien de moins.

4 heures du matin, le réveil sonne dans notre petite tente bleue. Il est l'heure, nous avons rendez-vous avec les moaïs à 20 kilomètres d'ici. Pourquoi si tôt? Pour « la » photo.

Nous partons donc dans le noir d'une nuit nuageuse et sans lune. Avant d'enfourcher nos bolides, notre super lampe de poche rose et turquoise à qui nous venons tout juste d'offrir deux piles neuves, décide qu'elle en a assez de notre compagnie et s'éteint. Même après quelques petites tapes dans le dos, elle ne reprend toujours pas goût à la vie. Ils y en a qui ont le don de nous lâcher au mauvais moment.

Nous partons quand même sur les routes malgré l'obscurité totale car, mise à part les quelques rues du village d'Hanga Roa, il n'y a aucun lampadaire.

Il ne me faut pas plus de quelques kilomètres, des énormes nids-de-poule, quelques sorties de route, et la prise de conscience que je n'ai pratiquement pas de freins pour que je me dise; dans quel plan maudit je viens de m'embarquer, encore!

Will éclaire momentanément la route avec une petite lampe de poche de porte-clef que l'on doit presser quand on cherche la serrure de l'auto. Pas le choix sinon je manque souvent de lui rentrer dedans tellement on ne voit rien.

C'est avec les fesses en compote et une crampe dans le pouce pour Will que nous atteignons enfin le principal point d'intérêt de l'île : l'Ahu Tongariki. Ici, au bord de la mer, sont alignés 15 moaïs sur 200 mètres de long. Nous ne voyons rien pour le moment, car le soleil n'est pas levé mais, en mangeant nos tartines, nous attendons impatiemment le spectacle.

Nous aurons eu le temps de voir arriver tous les gens en voiture pour finalement observer un soleil timide derrière des nuages qui annoncent une journée de pluie! Pas de chance. La photo en valait tout de même la peine, à vous d'en juger.


Puis, arrivés au volcan Rano Raraku, lieu de naissance des hommes de pierres, le ciel nous tombe sur la tête ici où il ne pleut presque jamais. On prend alors un café et une mangue fraîche avec le garde de parc espérant une éclaircie. Je suis déjà trempée et couverte de boue.

C'est sous une bruine entre deux pluies que nous visitons ce lieu de culte. C'est ici que les sculpteurs créaient leurs œuvres. À même la montagne, on les taillait dans la pierre volcanique avant de les détacher de la montagne pour les emmener vers leur destination finale généralement au bord de la mer.


Ces monstres illustrent bien le travail colossal que cela devait être. Quand on se dit que le plus grand érigé mesure 10 mètres et pèse 75 tonnes, on comprend qu'ici, il y en a un de 21 mètres estimé à 270 tonnes qui soit resté inachevé. Il est encore là, couché dans la paroi du volcan, à attendre que quelqu'un lui donne vie.

Sinon, tout autour du site, des dizaines de têtes de statues inachevées plantées dans le sol. C'est vraiment impressionnant.


C'est en remontant sur notre monture qu'il se remet à faire soleil. On ne peut pas être que malchanceux! Nous roulons tranquillement au bord de la mer, côtoyant les troupeaux de vaches. La vie est belle mais, je commence à avoir ma journée dans le corps.

Pas de panique, il ne reste qu'un site à voir. J'ai ultra mal aux fesses mais, comme la chance est avec moi, la route est toute en montant pour changer le mal de place.

Ahu Akivi est notre dernière destination. Sept gardiens cette fois face à la mer y sont dressés. Ce sont les seuls dans cette position. On ne sait pas vraiment pourquoi, certains disent que ce serait pour protéger l'île? Mais bon, cela semble être encore un autre mystère.

Nous sommes plus chanceux que ce matin, après de trois petites heures d'attente, le soleil se couche projetant de magnifiques couleurs.


Au retour, nous nous disons; pourquoi passer par la route quand nous pouvons prendre un raccourci?

Comme tout le monde le sait, vouloir prendre un raccourci quand tu ne connais pas les alentours n'est jamais une bonne chose. Je le confirme encore une fois car, nous avons dû prendre le pire chemin possible de l'île.

Une descente dans un chemin de roche semi éclairé car, je vous rappelle que nous venons de quitter un superbe coucher de soleil et le tout, encore en déficit de frein et de suspension efficace. C'était génial…

Alors ce soir, si on me demande; t'as roulé combien, comme on dit je crois dans le monde des cyclistes? Je réponds : un peu plus de 60 kilomètres et je ne peux plus m'asseoir!

- Nad la future Lance Armstrong!

dimanche 3 mai 2009

Nad, cesse de renâcler.

Ahu Nau Nau
Isla de Pascua, Chili

Il fut un temps où les arbres étaient nombreux sur l'île. Les siècles ont passé et cette ressource qui semblait infinie est devenue rare, probablement due à une trop grande utilisation du bois dans le transport des moaïs et à quelques années de sécheresses consécutives. Aujourd'hui, seules quelques petites forêts verdissent le paysage.

Et on s'en rend vite compte.

Cela fait une heure et demie que nous marchons les sacs au dos à cuire. Les cinq autres heures de marches prévues aujourd'hui ne nous tentent plus du tout, notre force mentale s'évaporant au soleil. Heureusement qu'un klaxon attire notre attention. C'est un pascuan qui nous offre gentiment un lift dans son vieux pick-up. L'homme au style des îles et son copilote nous apprennent quelques mots de Rapa Nui, la langue locale.

Iorana, voulant dire salut et maururu, voulant dire merci. C'est tout ce que j'ai retenu pour l'instant, j'espère que cela me sera utile dans le futur. Pour le moment, nous descendons du camion au bord d'une route en terre battue, il fait bien chaud et qu'une seule chose nous obsède : plonger dans la mer.


Aussitôt dit aussitôt fait. L'eau rafraîchissante d'Ovahe nous remplis de joie. La plage n'est que très peu fréquentée, c'est génial.


Après le dîner, c'est la plage voisine d'Anakena qui nous coupe le souffle. Les moaïs de l'ahu Nau Nau aux abords de la palmeraie rendent l'endroit incroyable. Pourquoi pas y passer tout l'après-midi jusqu'au souper alors qu'une famille nous laisse leur feu bien vif afin qu'on puisse y faire cuire notre riz. Nous soupons en profitant d'une lumière orangée sur les sculptures aux chapeaux rougeâtres. Un autre superbe lieu de sépulture de l'île. En effet, les ahus étaient semble t-il construis en temps que monument funéraire. Les corps une fois desséchés étaient enterrés sous la terrasse au pied des moaïs.


Vient ensuite le temps de planifier notre nuit. Ça fait plusieurs fois que les gens nous disent de ne pas camper sur la plage à moins que l'on cherche les problèmes. Un autre plan qui tombe à l'eau car en voyage, tu ne veux pas de problème avec la police, spécialement sur une île où il est impératif de ne pas rater son vol de retour. On va donc à la maison du garde parc pour demander l'autorisation. Peut-être qu'avec nos yeux de backpackers piteux ça marcherait? Mais, aucun garde dans les parages. Il fait déjà nuit, plus personne ne peut nous ramener en ville. Nous n'avons aucun choix, nous devrons dormir en camping ici, quel dommage !

Cachés derrière le poste du garde parc, nous nous endormons encore une fois sous un ciel étoilé comme on en voit rarement. Sauf que ce soir, ce n'est pas les étoiles qui volent la vedette, mais bien les troupeaux de chevaux sauvages que l'on entend galoper non loin de notre tente. C'est magique.

Les yeux dans la graisse de beans, nous nous rendons au bord de la mer afin d'y admirer le levé de soleil. Nous marchons encore dans le noir au bord des herbes longues. Notre vue étant limitée à ce qu'on éclaire avec notre petite lampe de poche, ce n'est qu'un peu plus tard qu'on se rend compte que nous sommes entourés par des hordes de chevaux. Ça me rassure, car je trouvais que Nad faisait de drôles de bruits.

Non, mais sans blague, ce n'est pas parce que je suis un étalon que ma blonde doit renâcler !


Nous avons la chance de les côtoyer de près sans qu'ils se sauvent, les petits comme les grands, pendant que le soleil commence à apparaître à l'horizon.



Rapidement, il se remet à faire très chaud et deux choix s'offrent à nous : passer la journée sur la magnifique plage et se baigner, ou, suivre notre plan et marcher la quinzaine de kilomètres qui nous séparent du prochain point d'intérêt.

Désolé pour ceux qui voulaient que l'on se sue le corps, mais pas aujourd'hui. Nous aurons bien d'autres occasions.

En plus d'avoir passé des heures sur la plage à manger nos provisions, nous sommes retournés au village assis dans la boîte arrière d'un pick-up, la face dans' tempête.

Il nous reste beaucoup à voir sur l'île. Le meilleur est à venir.

-Will