
Clarifions les choses. La Paz est considérée comme la capitale de la Bolivie car la majorité du gouvernement s'y trouve. Elle est donc la capitale de fait, tandis que dans la constitution, c'est Sucre qui est désignée capitale officiel.
En gros, cela veut dire que ce n'est vraiment pas clair. La seule chose dont je suis certain c'est que sur les cartes, La Paz est le gros point avec une étoile et qu'à Sucre, les gens nous font sentir dans la capitale tellement ils sont fiers de leur ville. Et ils ont raison.
De toutes les villes coloniales que l'on retrouve en Amérique du Sud, Sucre doit sûrement être l'une des plus belles. Fondée en 1538 dans la Cordillera Real en plein milieu des Andes, la ville a énormément profité économiquement de sa proximité avec les lucratives mines de Potosi. Les bâtiments sont tous peints en blanc, l'architecture est magnifique et des arches décorent les points chauds de cette agglomération de 215 000 têtes encore une fois en carnaval!
Aujourd'hui, Sucre est devenue une halte relaxe pour le touriste en quête de bon temps. Cafés, restaurants et pubs se côtoient autour de la jolie Plaza 25 de Mayo. Les jardins entretenus de la place nous font croire à l'Europe, mais la bossue de Notre-Dame qui vit dans le gazeebo central et qui engraisse les fleurs nous rappelle brusquement que nous sommes en Bolivie.Un soir, en sortant d'un des dits pubs, on assiste à un regroupement de gens autour de la grande statue. Une dizaine de guitares, le même nombre de flûtes et c'est parti pour la soirée. Les chansons à répondre à caractère politique attirent une foule notable qui participe à la musique. Les chansons traitent des problèmes auxquels le pays est confronté et font ressortir le positivisme des Boliviens lorsque le refrain leur rappelle que peu importe ce qui arrivera, ils resteront fiers et continueront à danser et chanter.
Le lendemain midi au même endroit, on embarque dans un minibus qui nous emmène visiter une cimenterie. Je suis d'accord avec vous ; même si j'ai étudié en Génie civil, une cimenterie, cela n'a rien d'excitant. Cependant, celle-ci à un charme particulier dû à son emplacement géographique et géologique.
Environ 65 millions d'années auparavant, la carrière était une plage d'un lac d'eau douce où s'approvisionnaient plusieurs espèces de dinosaures. Cette étendue de sable s'est depuis parfaitement fossilisée et est devenue, sous le mouvement des plaques tectoniques, un immense mur quasi vertical de plus de 100 mètres de haut sur un kilomètre et demi de long sur lequel on trouve plus de 5000 traces individuelles.

Pour être honnête, le complexe est un brin quétaine. Les répliques grandeurs nature de dinosaures font un peu Disney Land mais, si jamais vous passez par Sucre, ne manquez pas d'y aller. Voir de vraies traces de dinosaures de 80 centimètres de diamètres fait travailler l'imagination. Les fossiles laissés par ces géants aujourd'hui disparus nous font prendre conscience que la Terre a traversé de terribles épreuves et en traversera encore. À nous maintenant de décider si ces épreuves seront naturelles ou humaines.
De retour de la cimenterie, il est tard et nous n'avons toujours pas soupé. On saute au marché municipal en espérant qu'il y ait encore des cuisinières. À cette heure, presque tout est fermé, sauf un coin au deuxième étage, où l'on sert seulement des hamburgers bien gras ou une Pailitas.
On décide d'essayer la Pailitas puisque nous ne connaissons pas. À la table, il est coutume de souhaiter bon appétit à ses voisins. La chose faite, on s'assoit et accueillons le repas : une assiette remplie de riz sur lequel sont empilés un œuf frit, un steak, de la salade lavée ?, des betteraves, des patates frites, des bananes frites, une saucisse à hot-dog et un tas d'oignons sauté dans l'huile. Un plat dinosaurien !, au plaisir d'un enfant errant, car Nad n'a pas réussi à tout engouffrer et digérer…
Si les mines vous intéressent, revenez pour la prochaine chronique.
- Will



























