Nad et Will vous décrivent le monde tel qu’ils le perçoivent depuis leur départ du Québec en septembre 2008. Suivez leur plume virevolter la planète de l’Himalaya aux fonds marins de Bornéo, de l'Inde incroyable à leur Colombie bien-aimée. Une épopée prenante et surprenante dans déjà plus de 25 28 pays et la folie continue est terminée !

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vendredi 27 février 2009

Sucretacé


Sucre, Bolivie.

Clarifions les choses. La Paz est considérée comme la capitale de la Bolivie car la majorité du gouvernement s'y trouve. Elle est donc la capitale de fait, tandis que dans la constitution, c'est Sucre qui est désignée capitale officiel.

En gros, cela veut dire que ce n'est vraiment pas clair. La seule chose dont je suis certain c'est que sur les cartes, La Paz est le gros point avec une étoile et qu'à Sucre, les gens nous font sentir dans la capitale tellement ils sont fiers de leur ville. Et ils ont raison.

De toutes les villes coloniales que l'on retrouve en Amérique du Sud, Sucre doit sûrement être l'une des plus belles. Fondée en 1538 dans la Cordillera Real en plein milieu des Andes, la ville a énormément profité économiquement de sa proximité avec les lucratives mines de Potosi. Les bâtiments sont tous peints en blanc, l'architecture est magnifique et des arches décorent les points chauds de cette agglomération de 215 000 têtes encore une fois en carnaval!
Aujourd'hui, Sucre est devenue une halte relaxe pour le touriste en quête de bon temps. Cafés, restaurants et pubs se côtoient autour de la jolie Plaza 25 de Mayo. Les jardins entretenus de la place nous font croire à l'Europe, mais la bossue de Notre-Dame qui vit dans le gazeebo central et qui engraisse les fleurs nous rappelle brusquement que nous sommes en Bolivie.

Un soir, en sortant d'un des dits pubs, on assiste à un regroupement de gens autour de la grande statue. Une dizaine de guitares, le même nombre de flûtes et c'est parti pour la soirée. Les chansons à répondre à caractère politique attirent une foule notable qui participe à la musique. Les chansons traitent des problèmes auxquels le pays est confronté et font ressortir le positivisme des Boliviens lorsque le refrain leur rappelle que peu importe ce qui arrivera, ils resteront fiers et continueront à danser et chanter.

Le lendemain midi au même endroit, on embarque dans un minibus qui nous emmène visiter une cimenterie. Je suis d'accord avec vous ; même si j'ai étudié en Génie civil, une cimenterie, cela n'a rien d'excitant. Cependant, celle-ci à un charme particulier dû à son emplacement géographique et géologique.

Environ 65 millions d'années auparavant, la carrière était une plage d'un lac d'eau douce où s'approvisionnaient plusieurs espèces de dinosaures. Cette étendue de sable s'est depuis parfaitement fossilisée et est devenue, sous le mouvement des plaques tectoniques, un immense mur quasi vertical de plus de 100 mètres de haut sur un kilomètre et demi de long sur lequel on trouve plus de 5000 traces individuelles.


Titanosanad

Pour être honnête, le complexe est un brin quétaine. Les répliques grandeurs nature de dinosaures font un peu Disney Land mais, si jamais vous passez par Sucre, ne manquez pas d'y aller. Voir de vraies traces de dinosaures de 80 centimètres de diamètres fait travailler l'imagination. Les fossiles laissés par ces géants aujourd'hui disparus nous font prendre conscience que la Terre a traversé de terribles épreuves et en traversera encore. À nous maintenant de décider si ces épreuves seront naturelles ou humaines.

De retour de la cimenterie, il est tard et nous n'avons toujours pas soupé. On saute au marché municipal en espérant qu'il y ait encore des cuisinières. À cette heure, presque tout est fermé, sauf un coin au deuxième étage, où l'on sert seulement des hamburgers bien gras ou une Pailitas.
On décide d'essayer la Pailitas puisque nous ne connaissons pas. À la table, il est coutume de souhaiter bon appétit à ses voisins. La chose faite, on s'assoit et accueillons le repas : une assiette remplie de riz sur lequel sont empilés un œuf frit, un steak, de la salade lavée ?, des betteraves, des patates frites, des bananes frites, une saucisse à hot-dog et un tas d'oignons sauté dans l'huile. Un plat dinosaurien !, au plaisir d'un enfant errant, car Nad n'a pas réussi à tout engouffrer et digérer…

Si les mines vous intéressent, revenez pour la prochaine chronique.

- Will

mercredi 25 février 2009

Blonde aux yeux bleus : 100 points !

Noooon!!!!

Oruro, Bolivie

Oruro, capitale folklorique de la Bolivie. Qui dit folklore, dit évidemment, carnaval et encore damnées fanfares! Eh oui, ce n'est pas ici que je vais m'en sortir! Mauvais karma, je présume. Danseuses, costumes de diable, trombones, cymbales, tout y est.

À première vue, cette petite municipalité de 216 000 habitants juchée à 3700 mètres d'altitude a des airs de ville western. Sol sablonneux, petites maisons défraîchies et, des centaines de commerçants envahissant toutes les rues avec leurs kiosques de fortune.

Il y a une rue pour les fruits et légumes, une pour le fast food, une pour les patates exclusivement, une pour la viande, une pour les vêtements, et une pour la revente de fusils à l'eau?

C'est d'ailleurs tout ce qu'il y a à faire ici, manger. Non j'exagère, nous allons aussi au point de vue. Un phare en béton sur le point culminant de la cité… Nous cherchons la mer mais, sans succès. Probablement qu’il a été construit 95 millions d’années auparavant, lorsque les eaux du Pacifique pénétraient le continent sur des milliers de kilomètres.

Nous nous intégrons à la fête dès le premier soir. Je me sens vraiment de la partie après la troisième attaque à la balloon d'eau et de mousse à barbe lancée par des jeunes dans la rue ou sur les toits. Je me demande si une touriste vaut plus de points car franchement, je suis une cible répétée tandis que Will, lui, est bien au sec?

Sans compter les gens autour qui se font une joie de nous aborder en anglais les yeux mi-clos par les vapeurs d'alcool;

- Where are you my friend ?
-
Euh… ici!
-
Are you eating ?
-
Non, que je lui réponds les mains vides.

Je pense qu'ils leur manque quelques mots.

Mais, parlant nourriture, nous faisons ici de belles découvertes culinaires. Premièrement, la salchipapa ou poutine latino-américaine. Un plat composé de frites, saucisses à hot-dog et petites boulettes de viande le tout arrosé de ketchup et de mayonnaise. Délicieux. Comme dessert, un verre de blancs d'œufs montés en neige encore une fois arrosé mais, cette fois-ci, de bière. Original et franchement pas mauvais.

Cependant, ce qui nous plaît le plus, dans la rue, est un bon poulet frit avec salade, patates frites et maïs. Le seul problème est que les ustensiles ne font pas partie du menu. Nous mangeons donc avec les doigts à la façon locale en compagnie des villageoises. Elles sont faciles à reconnaître vêtues du costume traditionnel, soit une jupe à crinoline, une veste de laine, les cheveux noués en deux tresses réunies par des pompons et le tout couronné d'un petit chapeau melon. Je ne suis pas fan du poulet frit mais, celui-là était vraiment excellent!

Nous dormons encore ce soir avec des bouchons dans les oreilles pour éviter les fanfares. Je ne sais pas combien de temps il faut pour s'habituer aux carnavals latino-américains mais, nous n'y sommes pas encore parvenus. Tout comme ce perroquet domestique, croisé dans la rue, en fugue de chez lui ne répondant pas aux appels de sa famille. Je le comprends le pauvre! Peut-être préfère-t-il la vie sauvage à un autre festival!

- Nad la cible.

dimanche 22 février 2009

Une vie de second choix


La Paz, Bolivie

1,5 million d'habitants entassés entre quelques montagnes, capitale du pays la plus pauvre d'Amérique du Sud, La Paz est intrigante. L'arrivée dans la ville se fait littéralement en plongeant des quartiers périphériques haut perchés jusqu'à son centre, plus bas, à peine à 3600 quelques mètres d'altitude. La descente nous offre une vue incroyable sur l'agglomération qui est dominée par un grand mont enneigé de plus de 6400 mètres, l'Illamani, qui a la manie de se cacher derrière les nuages lors des séances photos.

Le temps de déposer nos sacs, on se retrouve rapidement dans le marché central à la recherche d'un souper. On entre dans un hall où, entre quelques bouts de viandes au chaud, des dizaines de mâmas concoctent des plats pour la foule affamée. On choisi l'une d'entre elle à l'apparence sa nourriture. Il n'y a plus de place sur les bancs et les chaises alors, elle nous offre un petit coin directement dans sa cuisine, entre la casserole de riz et la vaisselle sale. Essayant d'éviter les gouttes de sauces qui tombent lorsqu'elle distribue les assiettes en les passant par-dessus nous, on se sent bien accueilli dans ce nouveau pays. Les gens nous sourient, nous offrent des serviettes, de l'aji (sauce piquante), nous demandent d'où nous venons et nous souhaitent un bon séjour dans leur Bolivie.

Le lendemain, c'est la même histoire, mais cette fois-ci, dans une foire de grand-mamans qui servent les produits locaux de la Bolivie et de La Paz. Un genre de cercle des fermières où l'on y goûte pour la première fois un api, une sorte de breuvage chaud fait de maïs jaune et mauve, qui, en plus de parfaitement accompagner les pains aux bananes et au fromage, rend heureux !

Nous faisons le tour de la ville à pied. La Paz se marche très bien, si on fait abstraction de la dense circulation automobile et du fait qu'à environ quatre kilomètres au-dessus du niveau de la mer, juste attacher ses souliers est essoufflant. Heureusement que cela fait déjà plusieurs semaines que nous voyageons en altitude. Nous pouvons alors marcher la journée entière partout dans la ville, oscillant entre les ruelles pentues des quartiers pauvres jusqu'aux grandes artères des milieux riches et branchés.

En face d'un joli parc, sur une rue aux allures de la Grande-Allée à Québec, un restaurant pique notre curiosité : Restaurante La Québécoise. Sans hésitation, nous entrons jeter un coup d'œil sur la carte. La question que tout le monde se pose : a-t-il ou non de la poutine au menu ?

Pour être certain que vous lisiez ma chronique jusqu'à la fin, je ne répondrai tout de suite.

Je vais plutôt vous parler des hommes cagoulés. Une chose m'aura particulièrement marqué ici, c'est le nombre de cireurs de chaussures qui errent dans les rues. Munis d'un minuscule banc, d'un coffre en bois et d'un chiffon, ces hommes de 7 à 77 ans passent leur journée la tête basse nettoyant les souliers d'autrui.

Mickael, l'un d'entre eux, se fait un plaisir de répondre à nos quelques questions. Le jeune homme de 20 ans nous explique que ce métier est tellement mal vu, que ceux qui le pratiquent préfèrent porter une cagoule pour ne pas être reconnu une fois la journée de travail terminée. Je me souviendrai longtemps de lui, un mec allumé qui, en plus de savoir géographiquement où est le Canada, connaît le vocabulaire de base dans plus de 7 langues.

Il est la preuve que l'endroit où l'on naît est un des facteurs qui influencent le plus notre futur et nous rappelle à tous de cesser de chialer pour tout et pour rien. Nous avons de la chance de pouvoir choisir notre destinée, d'avoir les ressources pour réaliser nos choix et même de pouvoir, si on l'avait voulu, choisir une poutine au prix d'un filet mignon.

- Will

jeudi 19 février 2009

3800 mètres d'altitude et ça fait suer !

La Paz, Bolivie.

On décide encore une fois de passer la frontière de la manière économique au dépit de la solution confortable, commode et onéreuse. À midi, nous arrivons à Desaguadero, endroit qui porte très bien le titre de ville frontalière ; désorganisée et chaotique.

Après avoir dispersé de peine et de misère la foule de chauffeurs de cyclotaxi qui insistent pour nous amener à l'immigration, on marche les cinq cents mètres qui nous séparent du premier poste de douane.

Nous avons choisi d'arriver à l'heure du dîner dans l'espoir de tomber sur des douaniers de remplacement, qui, selon ce que nous avions vécu au Guatemala, sont beaucoup moins casse-culs. Nous en aurons besoin, car il y a vraiment un truc louche dans notre passeport, et ce n'est pas l'étampe du Machu Picchu.

Revenons en arrière, lors de notre entrée au Pérou via l'Amazonie. Le douanier nous demande combien de temps nous voulons rester dans le pays. Nous lui répondons bêtement la vérité, lui disant un peu plus d'un mois. Il nous autorise alors à rester trente jours, pas un de plus, même si nous avons droit à quatre-vingt-dix.

On lui demande alors gentiment de changer le nombre pour nous donner plus de latitude, et la seule façon qu'il trouve pour réparer l'erreur est de transformer le trente en quatre-vingt-dix, comme l'aurait fait un enfant de 6 ans.

Nous voici donc à la sortie du pays, devant le douanier moustachu aux sourcils serrés, avec notre passeport barbouillé en amateur. Il étampe mon document, tout va bien. Celui de Nad venu, il remarque le problème des chiffres. Merde! Le monsieur ne semble pas apprécier et se met à parler à son collègue. Ce dernier nous demande d'expliquer le barbot. Heureusement que j'avais préparé mon discours avant d'arriver, que je leur baragouine tout croche, gâchant tous les efforts que j'avais préalablement investis.

Finalement, il comprit que ce n'est pas nous qui avons modifié l'étampe d'entrée et sans retarder, il nous laisse sortir du bureau.

On s'approche alors de la frontière proprement dite, qui se résume à une corde pendouillant au milieu de la rue. Comme tout le monde, on passe en dessous et quelques pas plus tard, la police nationale péruvienne nous aborde. Parmi la vingtaine de personnes qui nous entourent, ils nous choisissent nous, les deux blancitos, pour une fouille en règle !

Bien qu'il n'y a personne dans la salle, on nous fait patienter dix minutes. Un des policiers se pointe et me demande, à moi seulement, d'entrer dans le bureau. Évidemment, Nad et son aire angélique évite toutes les procédures. Il faut croire que c'est moi qui a la face de bandit poteux du couple.

Me voilà debout devant deux bedonnants uniformés, encore une fois. Après m'avoir demandé à maintes reprises si j'avais de la drogue, ils passent aux choses sérieuses, la raison du pourquoi : la recherche des « faux » billet US. Le principe est vraiment salaud : ils inspectent l'argent américain et lorsque ça leur tente, ils décident que le billet est faux et le confisque. Tu te fais littéralement voler dans la face sans pouvoir répliquer.

Heureusement que c'est connu et que j'avais lu là-dessus dans notre guide de voyage. Notre argent était donc dispersé un peu partout dans les sacs, et les plus gros billets, cachés très profond.

C'est à petites gouttes que je vide ma poche gauche, puis ma poche droite, puis les poches arrière, ne leur donnant jamais plus qu'ils n'en demandent. Pas de gros billet dans mon portefeuille, ils semblent déçus. Finalement, ils fouillent ma pochette de passeport, en prenant bien soin d'éparpiller tout son contenu partout sur la table, sans trouver ce qu'ils voulaient ; des billets de cent.

Encore une petite question sur la drogue, ils se tannent de moi et me laissent ramasser le bordel qu'ils ont créé. Très aimable. Sans oublier de faire une joke plate de policiers, ils nous laissent sortir.

À l'immigration bolivienne, les procédures vont très rapidement, aucune embûche et à peine après avoir prononcé le mot canadiens, l'étampe était mise sans même vérifier nos photos. On nous souhaite la bienvenue avec le sourire. La grosse paix.

Et La Paz dans tout ça ? On s'en reparle, parce que pour l'instant, je vais changer de T-shirt, car même à plus de 3800 mètres d'altitude, les maudites frontières, ça fait suer !

-Will

mardi 17 février 2009

L'oncle Sam.

Puno, Pérou

Ce midi, départ de Cusco vers Puno au bord du lac Titicaca. Sur la route, un paysage montagneux, des villages de cultivateurs et d'éleveurs et surtout, une vendeuse d'agneau et de pommes de terre. Un méchoui ambulant, quoi de mieux pour assouvir notre faim. Will est l'homme le plus heureux du monde un os de viande à la main.

Nous sommes encore les seuls touristes dans le bus. Je crois qu'on a un don pour se ramasser avec les paysans. On s'en rend d'autant plus compte lors de la pause pipi. Les hommes et surtout, les femmes, sortent faire leurs besoins en public sur le bord de la route accroupi sans gêne et sans papier de toilette. Miam!

Nous arrivons évidemment plus tard que prévu. Il fait nuit et c'est la foire totale. Nous savions qu'il y avait le festival de la Vierge de la Candelaria mais, pas à ce point-là.

Les rues sont bondées de gens et de défilés de danseurs accompagnés de fanfares qui jouent en boucle le même aire, et ce, pendant deux semaines!

Le taxi nous débarque après quelques coins de rues car il ne peut plus avancer. Et nous, avec nos gros sacs, comment pense-t-il que l'on va se déplacer dans toute cette foule complètement ivre?

On tente le coup. Deux coins de rue, 1 heure de marche, un pickpocket déchu et 8 parades plus tard, on en a marre. On se retrouve coincé dans une petite rue qui ne possède qu'un hôtel de luxe dont la chambre est cinq fois le prix que nous voulons payer.

On sort nos yeux de backpackers piteux pour demander à l'hôte de garder nos sacs pour la nuit afin que nous puissions nous rendre à notre hôtel.

Mission accomplie, elle nous offre la chambre au prix dérisoire de ce que nous recherchions!

C'est dans le grand confort que nous dormirons ce soir! Ça fait du bien. Un bon lit avec plein d'oreillers moelleux, une salle de bain privée avec eau chaude, des serviettes et la télévision câblée! Le gros luxe.

C'est ce que nous réalisons du moins lorsque nous prenons possession de notre seconde chambre le lendemain… Un seul lit simple pour les deux, une température ambiante avoisinant les 14 degrés Celsius et des toilettes partagées dignes d'un vieux gymnase crasseux. Et la douche, disons que nous l'avons évitée.

En ayant assez des carnavaleux qui déambulent dès le levé du jour jusqu'à minuit et des policiers complètement saouls, nous décidons d'aller visiter deux îles du fameux lac Titicaca.

Will détestant les tours guidés, nous nous dirigeons directement au port dans l'idée de prendre un transport public plutôt que de passer par une agence de voyages. On nous vend un billet soi-disant sans guide, transport seulement, pour les îles flottantes d'Uros et l'île de Taquile.

Résultat, comme d'habitude, on nous a dit n'importe quoi. On se retrouve dans un bateau plein de touristes à faire le tour du lac avec un guide plus ou moins compétent! J'en connais un qui n'est pas très content.

Les îles flottantes sont tout de même intéressantes à voir. Elles ont été créées il y a quelques siècles pour échapper aux attaques des Incas et des Colcas. Elles sont construites par assemblage de blocs de deux mètres d'épaisseur de tourbe sur lesquels ont empilent plus de deux mètres de totora, un roseau qui pousse en abondance sur le lac.


Le manque d'authenticité des habitants qui veulent faire croire à une vie rustique mais, qui se cachent pour parler au cellulaire est, tout de fois, un peu décevant. C'est l'évolution, on n'y peut rien.

Pour ce qui est de Taquile, la vue est superbe sur le lac et il semble y faire bon vivre. Il n'y a pas de voiture, les gens cultivent la terre et l'atmosphère est paisible. Les gens portent encore le costume traditionnel qui comporte un genre de bonnet de nuit pour les hommes et un châle noir pour les femmes. Les moutons y vivent en abondance.


Le tourisme y est aussi fort avec des restaurants à des prix de fou devant lesquels les guides nous déposent.

Le lac ne sent en réalité pas le scarabée vert mais, plutôt les billets verts à mon avis!

On se dépêche à quitter le sud du Pérou vers on l'espère, un monde meilleur et, paisible…

- Nad, plus capable des fanfares!

vendredi 13 février 2009

Un scarabée ça sent le lac ?

La place centrale d'Aguas Calientes...

Pour le retour du Machu Picchu, les 28 kilomètres de chemin de fer ne nous tentaient pas vraiment. On a décidé de partir vers l'autre côté, suivant toujours les rails mais, cette fois-ci, sur 10 kilomètres seulement. Nous croisons plusieurs voyageurs, surtout des Argentins, qui se dirigent vers Aguas Calientes. La combine commence à être très connue, tellement que nous voyons même un groupe avec un guide! Les agences sautent sur toutes les occasions pour faire un sol.

Nad a le feu au cul ce matin, d'une façon différente qu'à l'habitude. Je crois que ça lui a fait du bien une bonne nuit de sommeil. On marche sourire aux lèvres admirant les falaises touffues qui nous entourent. On y voit un paquet de beaux papillons et même un magnifique scarabée vert émeraude qui sent le caca et mes mains aussi, maintenant.


Un peu plus de deux heures le long de l’Urubamba suffisent pour nous rendre à Hydro Electrica, là où le chemin de fer se termine. Notre marche aussi, par le fait même, puisqu’ici nous pouvons embarquer dans un combi qui nous amène, pour une bouchée de pain, à Santa-Teresa, un petit village quelques jolis kilomètres plus loin.

C'est d'ici que nous prendrons le prochain transport pour un autre village, avant de rejoindre Cusco. Cependant, avant de partir, nous décidons d'offrir un cadeau à nos pauvres petits corps meurtris.

Au pied d'une grande falaise à 10 minutes en voiture du village, sont situés des bains thermaux bien chauds, qui, selon les dires, sont beaucoup plus charmants que les achalandés d'Aguas Calientes. On prend une pause de marche et de transport en compagnie de Rémi et Mélanie, dans ces eaux peu fréquentées.

Nous avions donné rendez-vous à notre chauffeur de taxi pour qu'il revienne nous chercher. Il dit oui, moyennant un petit supplément.

Évidemment, l'heure venue, il n'est pas là. Quinze minutes plus tard, un autre taxi vient déposer des gens, mais est déjà plein pour le retour. Il nous dit qu'il va revenir nous chercher. Une demi-heure plus tard, c’est monsieur taxi #1 qui arrive, en même tant qu'un autre véhicule. Je lui fais savoir qu'il est en retard et il nous répond que la route était coupée. On demande au chauffeur de l'autre véhicule si c'est vrai que l'accès était bloqué et, quelle surprise, monsieur taxi #1 nous ment. On embarque tout de même avec lui car on est serré dans le temps. Arrivé au centre-ville, on voit monsieur taxi #2, bien pénard, au dépanneur du coin jasant avec un copain. L'histoire ne le dit pas, mais il ne serait probablement jamais venu nous chercher et est sûrement saoul à l'heure qui l'est.

Cette petite anecdote est un exemple parmi tant d'autres qui explique bien pourquoi nous n'avons pas tant aimé le sud du Pérou. Étant des touristes de passage, les gens se foutent bien de nos gueules en nous disant n'importe quoi, en nous chargeant des prix qui n'ont aucun sens et en essayant toujours de nous en voler un peu plus.

En fait, ils sont chanceux que les paysages soient magnifiques et que la richesse culturelle fasse de l’endroit un incontournable, car à plusieurs reprises, j'ai eu envie de retourner à Huanchaco ou tout simplement, de me pousser en Asie.

Il est 16h00 et nous devons retourner à Santa-Maria. On se rend au prochain combi, duquel le chauffeur nous dit que si on embarque rapidement avec lui, il va nous déposer à la porte du bus qui part pour Cusco à 18h00.

Il se fait tard, on n'a pas trop le choix, on s'assoit dans son véhicule même s’il charge un peu trop cher. Arrivé à Santa-Maria, il s'arrête dans la place centrale, vide de bus. On lui demande où est ledit bus? Sa réponse est stupéfiante :

- Il n'y en a pas, nous dit-il sans malaise. Pas aujourd'hui, demain à 4h00 AM.

Je vais m'arrêter ici, parce que j'en ai sérieusement plein le cul. Demain, on part vers Puno, la capitale folklorique du pays. Paraît qu'il y a un festival et en plus, c’est sur le bord du Lac Titicaca.

En espérant que ça ne sentira pas le scarabée.

À bientôt

-Will

jeudi 12 février 2009

Machu y arriver!?

Vous reconnaissez ?
Vallée Sacrée des Incas, Pérou

Comme l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, à 3h30 du matin, bien avant que le soleil ne se lève, nous revoilà debout. Les yeux encore un peu collés, nous sommes prêts pour l'aboutissement de notre quête touristique!

Nous avons choisi de grimper jusqu'au site à pied, histoire de compléter notre trek de paumés. Nous gravissons donc, à la sueur de notre front, et c'est le cas de le dire, l'escalier de pierres dans la montagne pour nous rendre au fameux Machu Picchu. La marche est franchement essoufflante, mais Will et moi sommes crinqués et à peine une heure plus tard, nous sommes devant les tourniquets. Par chance, car il faut arriver tôt pour accéder au Wayna Picchu, le cadeau des lève-tôt. Seules les 400 premières personnes y ont droit.

Ça sonne comme un défi.

Résultat, nous sommes les 3e et 4e personnes à entrer. Mission accomplie. Ce rang nous donne aussi droit d'admirer le site au lever du jour et de prendre quelques photos sans gringo dans le paysage, seulement quelques lamas sympathiques. Ça vaut de l'or.

La cité juchée à 2400 mètres offre une vue splendide sur la vallée. Une forêt de nuages enveloppe les sommets rocheux procurant une atmosphère de calme et d'émerveillement. Le mystère de cette construction découverte depuis peu plane toujours. Comment des hommes ont-ils pu accomplir une telle tâche ?

Nos copains de la Normandie qui viennent de passez 6 mois à Quebec.

Nous profitons d'une très belle matinée sur le site. Nous avons le droit à des passages brumeux et ensoleillés, pour le plaisir des yeux et de l'objectif. La cité est moins grande que je me l'imaginais, mais le travail de la pierre et l'emplacement est fascinant. Il est difficile de s'écarter du point de vue classique pour aller explorer chacun des petits bâtiments, mais ils méritent tout de même notre attention. Malgré le nombre de gens qui fréquentent l'endroit, l'ambiance est très paisible, jusqu'à 10h00 environ.

À cette heure, l'émerveillement cède tranquillement sa place à la réalité quand des dizaines de touristes, frais débarqués des bus, envahissent le site appareil photo et chapeau à l'effigie du site à la main.

Nous entreprenons donc à ce moment l'ascension du Wayna Picchu après être passé devant la pierre sacrée apportant supposément la chance. Encore 300 mètres de dénivellation digne d'une chèvre de montagne expérimentée. Je n'y crois pas, c'est ça la chance !? Je pensais que c'était la petite montagne à côté, pas celle-là! Il paraît que la vue est superbe… Je l'espère, car tous mes muscles me crient leur désespoir et leur mécontentement.

C'est encore après avoir sué toutes les gouttes de notre corps - il en reste ? - que nous atteignons le sommet. On n’a rien pour rien dans cette vie.

La vue sur le Machu Picchu est moins esthétique que par l'autre côté, mais les paysages sont superbes. Ça en valait le coup. On s'arrête pour admirer l'immensité autour et manger un morceau illégalement. On y voit aussi la marche qui nous attend pour le retour, mais demain est un autre jour!

On termine la journée à tenter de faire cracher ces lamas dits mutants étant donné qu'ils ne sont à l'origine, pas faits pour vivre à une telle altitude. Ils ont été importés pour notre plaisir, nous les touristes. Will va même jusqu'à insulter leurs mères mais, pas de chance, ils sont plutôt pacifiques et ne font que nous regarder bêtement et faire peur aux Japonais.



C'est après 9 heures de visite, à bout de force, que nous redescendons à Aguas Calientes, vers le repos du juste. Nous aurons gagné notre Machu Picchu. Un petit pipi avant de partir pour la route? Et non, car à 50 CAD le billet d'admission, les toilettes ne sont évidemment pas incluses! C'est beau la gringo trail.

Cette ruine découverte par hasard en 1911 par un historien Américain guidé par un local en valait tout de même le détour et tous les efforts. Mais, pour le voir dans l'avenir au même endroit il faudra se dépêcher. Les scientifiques disent que le site s'enfonce d'un centimètre par mois en raison de l'achalandage touristique. Peut-être pourrez-vous un jour vous y rendre à pied sans effort?

-Nad, qui s'excuse pour le jeu de mot!


Barré sur la liste de choses à faire avant de mourrir.

mardi 10 février 2009

Y'en a rail-bol !

Vallée Sacrée des Incas

Vers Aguas Calientes, Pérou

Il y a deux ans environ, j'ai entendu parlé pour la première fois - merci Gab - de la technique pour se rendre à Aguas Calientes sans passer par l'onéreux train ou une agence de trek. Une combine un peu douteuse que je m'étais juré d'entreprendre à mon tour.

Quelques notes sur un bout de papier, notre Lonely Planet et deux cartes de la région imprimée directement des tubes de l'Internet, nous sommes près à partir explorer la Vallée Sacrée des Incas à la recherche de la cité perdue la plus connue au Monde.

L'histoire commence par un combi pour deux heures de route aux paysages de campagnes dominées par de grands pics enneigés jusqu'à un petit village du nom d'Ollantaytambo. L'endroit est superbe mais, malheureusement, on le quitte rapidement pour un autre combi pendant près d'une demi-heure vers un mini village au kilomètre 82 de la voie ferrée qui se rend à Aguas Calientes.

C'est ici que ça devient excitant car, il faut se cacher dans le camion pour passer un contrôle dédié à éviter que les gens se rendent sur la Inca Trail sans guide. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, l’Inca Trail est le trek le plus connu d'Amérique du Sud et donc, l'un des plus coûteux et des plus achalandés. Elle est fermée pour l'entretien un seul mois par année; en février. Nous, on prend plutôt l’Inca Trail des paumés, qui suit le chemin de fer de l'autre côté de la rivière.

Le chauffeur nous laisse environ cinq cents mètres plus loin après la vache à droite des cactus. On entreprend la randonnée sans trop savoir à quoi s'attendre. Les premiers kilomètres de marche sont très agréables. On peut emprunter des sentiers oscillants dans la vallée, passant par de petits villages et des ruines incas. Les paysages sont magnifiques et nous avançons à bon rythme jusqu'à ce que la pluie nous impose une pause dîner. Par chance, nous pouvons nous abriter dans les ruines de Torontoy pour préparer notre casse-croûte.

Melanie, Nad et Remi les explorateurs

Du pain, du thon, des légumes, un bout de fromage qui fait péter et c'est reparti. À partir de ce point, la progression devient plus difficile. Nous sommes obligés de suivre sur le chemin de fer, car il n'y a plus de sentiers parallèles. Cela veut dire marcher sur les traverses ou sur le ballast mais surtout, faire attention aux tunnels et se tasser lorsque les trains passent!

Quelques minutes plus tard, on rencontre l'un d'eux arrêté. Ne sachant pas officiellement si c'est toléré d'être présent sur les rails, on s'approche un peu stressé des inspecteurs qui sont descendus des wagons. Pas trop le choix, sinon on ne peut plus avancer. Pendant que Rémi se fait mordre par un chien, on apprend que le train est stoppé à cause d'un éboulement en amont.

Les inspecteurs nous souhaitent finalement une bonne continuation et nous donne une estimation du temps qu'il nous reste. Génial! Pendant des heures, nous marchons contemplant les montagnes abruptes qui nous entourent et les jolies rivières d'eau limpide et fraîche que nous croisons. Aucun train ne nous dérange puisque la voie est bloquée, on a la grosse paix. On sourit en passant aux passagers qui ont payé trois cents dollars américains leurs passages et qui attendent, coincés plusieurs kilomètres derrière nous. Les mêmes qui nous photographiaient, drinks à la main, en pensant sûrement que nous étions des aborigènes.

Nous sommes vraiment heureux d'avoir choisi cette combine pendant les vingt premiers kilomètres. Après, nos pieds commencent vraiment à en avoir ras-le-bol, et il en reste huit! Les pierres entassées le long des rails sont instables et inconfortables et finissent sérieusement par user.

C'est après 28 kilomètres et 35415 pas que nous arrivons à Aguas Calientes, une ville qui pourrait franchement être magnifique et agréable, mais c'est raté. Vraiment dommage, car l'environnement est féerique.

On trouve rapidement une chambre à très bon prix à côté de chez « Gringo Bills », qui représente bien le racket associé au Machu Picchu.

On enlève enfin nos souliers, quel bonheur. Si le Machu Picchu me procure la même sensation, sans l'odeur, je suis aux anges. Mais pour l'instant, il y a un smog dans notre chambre tellement que nos souliers empestent, c'est atroce. Même Nad répugne, imaginez! Après une bonne douche à l'agua pas tant caliente, on entame le deuxième défi de la journée : trouver à manger à bon prix.

La soirée se termine tôt autour d'une grande bouteille d'Inka Cola - Rémi nous paye la traite - à compter nos ampoules à décider si on se lève tôt, à 3h30, ou tard, à 4h00 am.

C'est complètement buzzé par les vapeurs pédestres que je vous dis à demain. Ce sera le grand jour, êtes-vous excités ?

-Will

dimanche 8 février 2009

Femme sexy

Les jolies ruelles pentues de Cusco
Cusco, Pérou.

En plus d'être un bus de nuit, il fallait que mon siège soit incliné vers l'avant. Tout le trajet durant, j'aurai les bobettes dans la craque, les cuisses à l'air et les yeux bien ouverts.

On nous débarque au terminal de Cusco aux sympathiques 5 heures 30 du matin. Notre haleine du matin n'empêche pas quelques rabatteurs d'hôtels de nous aborder. Parfait, on n'avait pas le goût de chercher. L'air bête d'une nuit blanche à des avantages ; nous dormirons à très petit prix malgré que nous sommes maintenant dans la capitale touristique du pays.

Notre chambre, dont le porte-clé est un petit bout de tuyau, est située dans un quartier un peu chewy de la ville et la douche ne fonctionne pas vraiment. Peu importe, puisque 10 minutes suffisent pour nous rendre au centre, dans les jolies ruelles de la vieille ville là où flottent les drapeaux arc-en-ciel ?

C'est le quartier gai ici ?

Voici le premier réflexe que nous aurions eu ne sachant pas que l'arc-en-ciel, illustré par ce drapeau, était sacré pour les Incas. La disparition des Incas n'est donc pas due à leur homosexualité car, selon mes recherches très poussées, un peuple gai n'aurait jamais nommé une de leur ville Saqsaywaman.


Une grande partie des pierres de cette dernière ont été utilisées par les conquistadors espagnols pour construire leurs piaules et l'imposante Cathédrale de Cusco. Ils auront investi 100 ans à bâtir ce magnifique bâtiment qui aujourd'hui encore, génère beaucoup de revenus. En après-midi, il est amusant de voir tous les grands autobus remplis de touristes s'arrêter en face, le temps de prendre quelques photos et de repartir aussitôt.

Assis dans les marches de l'Église, devant ce débarcadère, nous essayons de prendre le temps d'observer tous les détails de la Plaza de Armas, qui est particulièrement belle ici. Impossible, puisque la place est le quartier général des marchants de tuques en alpaga, des cireurs de chaussures et des enfants vendant des bonbons aussi collants qu'eux. On décide de partir explorer les rues avoisinantes à la recherche de la paix. Il faudra aller loin, car les bâtiments autour de la place centrale sont tous à vocations touristiques et aucune agence ne manquera de nous proposer un tour au Machu Picchu.

Malgré tout, lorsqu'il ne grêle pas, Cusco est vraiment une ville géniale pour marcher, bien manger, boire un verre ou, pour vous les mesdames, magasiner. On en profite donc pour se payer une bonne bouffe, car la vie est courte. Voilà presque une semaine que nous avons le goût de manger une lasagne. Nos tentatives à Arequipa ont toujours lamentablement échoué, au point de manger des sandwichs au poulet trois fois par jour.

Longue histoire.

Nous voilà donc enfin assis dans une pizzeria champêtre, dégustant le délicieux plat italien jusqu'au moment où, de la fenêtre, on voit deux Français qui nous regardent. Qu'est-ce qui se passe ? Ils veulent nos verres de vin !? Ah non! C'est Mélanie et Rémi, que nous avions rencontrés dans le fond du Canyon de Colca quelques jours auparavant.

La soirée passe et finalement, on décide d'aller au Machu Picchu ensemble. Je suis content, car, puisqu'on s'est donné rendez-vous le lendemain matin, cela nous engage à s'y rendre et à ne pas laisser tomber cette visite qui ne nous intéresse plus.

Ne pas vouloir aller au Machu Picchu, comment est-ce possible ?

Nous avons tellement entendu parler de cet endroit, qu'en plus de savoir à quoi nous attendre, on sait que : le train est super cher, qu'Aguas Calientes est une ville de marde dispendieuse, que le prix d'entrée ne fait que grimper et qu'il faut courir comme des débiles une fois rendus sur le site pour réserver sa place sur le Wayna Picchu.

Ça turn off les voyageurs que nous sommes.

On se rappelle qu'on a une chance inouïe de faire ce voyage et l'on redevient positif.

- C'est Cusqu'on s'en va demain ?
- Au Machu Picchu, yé!

En fait, la seule chose qui me motive, c'est le plan que nous avons adopté pour s'y rendre.

Je sens que vous allez apprécier.

-Will

mardi 3 février 2009

Histoire de tubercules.

Arequipa, Pérou

Belle ville au pied du Volcan El Misti, pic enneigé veillant de ses 5822 mètres sur la magnifique place des Armes, Arequipa vaut le détour. Faites abstraction que vous êtes maintenant au sud du Pérou, sur la fameuse gringo trail, et vous pourrez apprécier l'endroit.

Le Nord du Pérou nous a paru moins voyagé par les étrangers. Là-bas, l'ambiance est beaucoup moins touristique commerciale. Pas de bus touristique partout, pas trop de distribution de flyers et pas de « where are you from my friend » aux intentions uniquement mercantiles. Dès qu'on met le pied au sud, ça y est, pas moyen de ne pas se faire solliciter. Marcher sur la grande place n'est plus reposant, car on ne cesse de nous vendre de l'artisanat ou un menu touristique.

Attention, par contre, refuser d'acheter un gugusse pourrait être dangereux ici! Un soir, nous mangions tranquilles alors qu'un jeune entre dans le restaurant pour nous vendre des yoyos. Nous sommes les premiers à refuser. À leur tour, les Américains d'en face disent non. Cependant, les troisièmes à refuser, une fois retournés vers la table, on eu le droit à un franc coup de yoyo sur l'occiput ! Le gamin sait bien qu'il est trop jeune pour se faire péter la gueule, petit verrat! Il fait bien, pauvre petit qui travaille à cet âge. Parfois, on répond à ces enfants vendeurs d'aller jouer, mais souvent, on dirait qu'ils ne connaissent même pas ce mot.

En sortant du resto, on se retrouve sur la rue Jérusalem à travers les dizaines d'agences de tours et de trek. À chaque fois que l'on passe devant l'une d'entre elles, on nous crie un bon « Colca!! » bien fort. C'est à la fois comique et désagréable.

Vous comprendrez qu'ils veulent nous vendre un tour au Cayon de Colca. Malheureusement pour eux, nous y sommes déjà allés par nos propres moyens et à notre rythme et ce fut très simple et agréable. En plus, même avec du vin et du gâteau au chocolat, c'est revenu beaucoup moins cher.

Un peu trop négatif comme chronique.

Revenons à Arequipa, que je qualifierais de belle ville. Il est paisible et facile de se retrouver à travers les quadrilatères parsemés de parcs, d'églises et de monastères, et Dieu qu'il y en a des églises! La plupart des péruviens font un signe de croix à chaque fois qu'ils passent devant une, ils doivent avoir mal au bras à la fin de la journée.

Nous, c'est les jambes. Disons que l'on a encore le canyon dans le corps et on est fatigué. Les derniers jours n'ont pas été faciles, car entre deux bus de nuit ou un trek, on finit manquer de sommeil réparateur. Pour nous remettre sur le piton, on décide de faire un rallye fast-food, car ça fait longtemps que l'on a pas mangé de la scrap. On commence donc par un cornet de frites avec des croquettes de poulet. On enchaîne avec une fantastique pizza trois fromages avec un bon verre d'Inka Colca. Oups, pardons, d'Inka Cola, la jolie liqueur jaune au goût de sirop pour enfant que l'on retrouve partout dans le pays. Comme dessert ? Un bon hamburger au micro-onde à 60 cents et une crème glacée marbrée, histoire de se redonner des forces.


Cela faisait longtemps que nous avions mangé ainsi, car la nourriture au Pérou est, certes redondante, mais très bonne. Je n'aime pas beaucoup parler d'argent, car ce n'est pas le thème du blog, mais je vais faire exception pour vous donner une idée de ce que peut coûter une bedaine pleine ici, sachant qu'un dollar canadien vaut autour de 2,5 soles.

Pour 1 sole, vous avez :


- un empanada de fromage ou de viande (délicieux)
- 6 à 10 pains frais
- un demi-kilo de fraises
- 4 œufs
- un gros avocat
- une crème glacée
- un Inka Cola
- beaucoup de bananes
- 2 concombres
- 1 kilo de tomates, d'oignons, de carottes, etc.

Sinon, pour 2,5 à 5 soles, vous avez un menu complet incluant une soupe, un plat et un breuvage. Chaque restaurant propose des menus uniques, mais semblables, à base de poulet, de bœuf, d'œufs, de spaghettis, accompagné de riz blanc ou de riz frit, d'une petite salade et surtout, des pommes de terre. Le Pérou est le paradis des amateurs de patates, saviez-vous qu'on y retrouve plus de 4000 variétés ?

Bon, nous on lâche pas la patate et on se retape un bus de nuit vers Cusco, le gringo-coups-de-cœurs, là où on nous promet des menus traduits en Anglais et en Hébreux et beaucoup, beaucoup de pub sur une certaine ruine inca dont je ne me souviens plus du nom. Je m'abstiendrai de la nommer, je ne voudrais pas être dans les patates!

Des nouvelles à Cusco

-Will

dimanche 1 février 2009

24 ans, c’est souffrant!


Cabanaconde, Pérou

Comme cadeau de fête cette année, Will a fait vraiment fort! Il m'a offert un canyon. Le canyon del Colca, le deuxième plus profond du monde avec ses 3191 mètres de profondeur.

Nous prenons donc un bus surpeuplé de paysans pour six heures de route en montagnes. Sur la route, on rencontre des petits villages très pauvres, des lamas, des vicunas (cousins des lamas), des mulets et des condors. Mais surtout, de splendides paysages désertiques.

Nous arrivons à la tombée de la nuit à Cabanaconde, un petit village de cultivateur de 1300 âmes. Les femmes y portent en général le costume traditionnel péruvien très coloré. On nous y accueille chaleureusement. Tout est calme ici entre les montagnes de la cordillère des Andes.

Au petit matin, réveillés par le coq et l'âne qui nous indiquent qu'il est temps de partir, nous entamons la descente du fameux canyon. La journée est superbe. Nous côtoyons étonnamment beaucoup de villageois en gougounes qui font le trajet avec leurs chevaux et leurs mules chargés. Même des grands-mères font la route sans difficulté, on se sent plus ou moins en forme.

La végétation est très sèche, on y retrouve plusieurs variétés de cactus dont Will utilise les épines pour se curer les dents. La nature est riche pour l'homme quand on y prête attention!

On se sent minuscule entourés de tous ces rochers qui s'élèvent au fur et à mesure que l'on descend. Il n'y a aucun son de ville, que la nature, c'est apaisant.

Après 3 heures de marche, nous plantons notre tente dans l'Oasis constituée de quelques cabanes de bois et d'une piscine qui forme le modeste complexe hôtelier du fond du canyon. On y prend un peu de bon temps avec quatre Français, il y en a beaucoup ici, on se croirait presque dans les Pyrénées! En plus, Will a réussi a amené une bonne bouteille de vin et un gâteau au chocolat pour souligner mon anniversaire, sans même que je m'en rende compte. Quoi demander de plus?

Le premier jour de mes 24 ans débute tôt. À 5h30, on se lève, nous mangeons une bonne portion de grau, la nourriture des champions, et commençons l'ascension la plus difficile de notre vie. Environ 1200 mètres de dénivelée par des sentiers rocailleux. Par chance le soleil de s'est pas encore levé assez haut pour faire disparaître l'ombre du canyon. Chaque pas libère un peu plus d'acide lactique dans nos mollets, c'est hard.



La vue est par contre superbe, car comme il a plu cette nuit, les sommets des montagnes sont enneigés.

Tout le long de la marche, la cime semble toujours grandir. Elle s'éloigne de plus en plus. On a l'impression qu'on ne l'atteindra jamais. Will crie son désir d'un bon spaghetti alors que le soleil pointe ses rayons rendant le tout plus difficile en fin de parcours.

Puis enfin, je reconnais la vache qui broutait à la même place au sommet hier. Que quelques pas et nous y sommes. Enfin, nous pourrons reprendre le damné bus toujours aussi bondé pour retourner à Arequipa prendre un peu de repos, car nous boitons comme deux vieillards!

-Nad complètement rackée.